DIVISER POUR MIEUX RÉGNER SUR L’AFRIQUE

14 juin 2019

DIVISER POUR MIEUX RÉGNER SUR L’AFRIQUE

La citation « diviser pour mieux régner » n’a jamais eu autant de sens que durant ces dix dernières années en Afrique et dans le monde. L’Afrique, le moyen et proche orient sont le théâtre d’une vaste campagne de déstabilisation dont le but principal n’est rien d’autre que l’exploitation du potentiel économique de ces zones. Il y a clairement un rapport de force qui est établi entre pays forts et riches et pays faibles et pauvres.

Tout africain doit se demander pourquoi l’Afrique, le moyen et proche Orient sont les seules zones du globe qui enregistrent le plus grand nombre de massacres, d’exactions meurtrières, de guerres religieuses, ethniques et communautaires depuis des dizaines d’années ? La réponse est toute trouvée, c’est tout simplement parce que les fomenteurs viennent de nos anciens colons ou protectorats qui gagneraient à nous déstabiliser pour garantir leur hégémonie sur nous. Il est important de savoir qu’ils ont les moyens de leurs politiques car ils dirigent le monde sur les plans économiques, politiques, diplomatiques et même culturels. (Cliquez cette carte interactive sur les conflits à travers le monde)

Il est un fait que nul ne pourrait nier lorsqu’on observe l’histoire du monde après la seconde guerre mondiale. Les guerres ne se font plus entre deux pays rivaux ou ennemis mais plutôt entre citoyens, communauté ou confession religieuse d’un même pays. Le premier avantage de cette nouvelle formule permet aux pays vendeurs d’armes de se faire de l’argent avec chacune des factions rivales. Le seconde avantage c’est la possibilité d’exploiter les ressources minières pétrolières ou forestières du pays pendant que les factions rivales se font la guerre. Le plus souvent les leaders de chacune de ces factions rivales travaillent avec les fournisseurs d’armes, c’est-à-dire les instigateurs de la guerre. La stratégie du pompier-pyromane est exactement celle qui est et qui a été appliquée en Syrie, au Mali, en Centreafrique, au Burkina Faso en Côte d’ivoire, au Rwanda, en Tchécoslovaquie, au Yemen, en Irak, au Soudan etc.

Pour illustrer tout cela, prenons le cas de la Libye. Ce pays est l’un des exemples parfaits. Les occidentaux ont élaboré une campagne mondiale de diabolisation de Kadhafi pour justifier la guerre qu’ils préparaient. Ils ont fait de même avec Saddam Hussein pour justifier l’envahissement de l’Irak. Aujourd’hui la chute de Kadhafi a donné naissance aux pires maux mais aussi la création de plusieurs groupes terroristes qui ont envahis le pays et la bande sahélo-sahélienne. Au nom de la démocratie, les occidentaux avaient décidé d’éliminer Kadhafi. Aujourd’hui la démocratie est-elle installée ? Le peuple Libyen est-il plus libre ? Les conditions de vie sont-elles meilleures qu’avant ? La réponse est non. A l’heure actuelle ce pays est divisé en deux parties. L’une des parties est dirigée par le GNA de Fayez al-Sarraj qui est marginalisé car il a été propulsé à son poste par l’occident et l’autre partie dirigée par l’ANL du maréchal Haftar qui est considéré comme un homme de terrain et prétend être plus légitime auprès du peuple que son frère ennemi.

En voyant ce chaos libyen on comprend aisément que la « communauté occidentale » pour ne pas dire « communauté internationale » souhaite avoir un seul interlocuteur pour négocier sur le pétrole, l’immigration clandestine et la lutte contre le terrorisme d’où l’intérêt de l’offensive sur Tripoli du général Haftar.

Prenons le cas de la République Centrafricaine. Voilà un pays dont les communautés ont toujours vécu en harmonie, dans la tolérance et la paix. Aujourd’hui, les musulmans et les chrétiens sont devenus ennemis. La guerre en Centrafrique débute le 24 février 2013 lors du coup d’Etat perpétré contre le Président Bozizé.  A priori ce coup d’Etat n’avait rien de religieux, il s’agissait d’une affaire politique. Comment expliqué que soudainement ce coup d’Etat se transforme en guerre inter-religieux ? Jusqu’à ce jour des incompréhensions demeurent car la naissance de la SELEKA (rébellion à dominante musulmane) est injustifiée. Les exactions contre les populations ne visaient pas seulement les musulmans mais aussi les chrétiens. Au début de la guerre, aucune n’attaque n’avait été perpétrée sous la bannière religieuse pourtant cette version a été propagée dans tous les medias du monde. Partant du principe qu’une milice musulmane a été créée, il était évident qu’une milice chrétienne se créé aussi, ce sont les AntiBalaka (rébellion à dominante catholique). Avec la création de ces deux milices fournies en armes et en argent par certains pays et l’exploitation illégale des minerais, la Centrafrique n’avait pas une autre destinée que l’embrasement.

Aujourd’hui la Centrafrique est un pays sous tutelle internationale. Le désordre occasionné par cette guerre a fait en sorte que le pays soit ingouvernable ce qui fait l’affaire de certains pays et multinationales qui négocient avec les bandes armées. Nous savons tous que la RCA est riche en ressources minières notamment le diamant. Ce pays est classé parmi les plus dangereux pourtant chaque jour des entreprises occidentales y envoient leurs employés pour affaire.

Le cas de la Centrafrique me ramène à celui du Mali. Ce grand pays africain riche d’une grande civilisation. La chute de Kadhafi en plus de la Centrafrique, a également eu des impacts au Mali. Les fomenteurs des crises africaines ont une fois de plus réussi a divisé les communautés pour assouvir leurs basses besognes. Au début de la crise malienne il était question de groupes armés djihadistes qui voulaient envahir le pays d’où l’intervention de  la France.  Visiblement cette tentative d’envahissement a échoué mais n’a pas éteint les velléités de ces groupes djihadistes. Aujourd’hui au Mali il ne s’agit plus d’un conflit entre ces groupes armés et l’Etat Malien, mais plutôt entre des communautés qui ont vécu depuis de centaines d’année dans l’harmonie, la cohésion, la tolérance et la paix. Il n’est pas dit ici que des attentats terroristes n’ont pas été enregistrés ces dernières années. Toutefois nous sommes en droit de nous questionner sur cette vague d’attentats contre les Dogons ? contre les Peuls ? contre les Touaregs qui s’entre-tuent ? Ces évènements nous laissent perplexes et soupçonneux. Il est tout à fait clair que le but de ces massacres est de créer un chaos qui mènera vers une guerre civile. Le plus troublant dans ces attentats est leur caractère anonyme. C’est dans la presse que les supposés accusés sont désignés. Si ce sont les Dogons qui sont victimes d’exaction, la presse dira que les Peuls sont à l’origine et vice versa. C’est ainsi que la haine pénètre les cœurs et divise une société.

La crise Malienne m’inquiète au plus haut point car les fomenteurs sont à la manœuvre et souhaitent vivement un chaos dans ce beau pays d’Afrique. Regardez cette vidéo de l’honorable Belco Ba sur le faux conflit entre Peuls et Dogons au centre du Mali.

Il faut savoir que la déstabilisation vise le continent entier sinon une grande partie car le Burkina Faso vit les mêmes conflits communautaires et attentats terroristes, le Bénin a connu récemment l’enlèvement de ressortissants Français et l’assassinat d’un natif. Le Nigéria est en guerre permanente avec Boko Haram et connait des tensions communautaires entre éleveurs et cultivateurs. La Cote d’Ivoire, le Sénégal, le Togo sont également visés par cette déstabilisation.

En Afrique centrale, le Cameroun est le premier pays a lutté contre le terrorisme. En plus de cette lutte, il doit faire face à la crise anglophone.  Cette crise anglophone me rappelle celle du Soudan  durant laquelle des atrocités ont été commises au Darfour. Résultat, le pays a été divisé en deux à la suite d’une sanglante guerre civile. Malgré cette division aucun de ces deux pays, soudan et Soudan du Sud , ne connait la prospérité et la paix.  Le Cameroun de son côté devrait faire attention avec cette crise qui s’enlise et se radicalise sachant bien la détermination des Ambazoniens qui souhaitent la séparation avec le Cameroun actuel et la création de leur Etat.

Il est clairement établi que la fibre identitaire est le point sur lequel s’appuient les fomenteurs pour déstabiliser l’Afrique. En plus de cette fibre, l’appauvrissement programmé de certaines zones fait en sorte que des populations se révoltent et prennent des armes par instinct de survie et de désœuvrement.  La responsabilité de nos dirigeants et de l’UA est clairement entamée car aucune mesure forte et pérenne n’a été mise en place pour régler ces conflits.

L’Afrique doit prendre son destin en main, aucune puissance étrangère ne doit avoir la possibilité de nous diviser car cela a été le cas durant les 400 ans d’esclavage ajoutés au 200 ans de colonisation et les 50 ans d’indépendance. Aujourd’hui les rapports doivent changer et le respect pour notre peuple doit être de rigueur.

J’espère vivement que nous y arriverons ensemble !

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