De haut en bas et de gauche vers la droite: Casimir Oye Mba; Guy Nzouba Ndama; Jean Ping; Ndong Sima. C/P: Barack Nyare Mba

Ne feignons pas de l’ignorer, nous partageons un point avec certains de nos frères et compatriotes qui soutiennent le pouvoir en place, celui de juger et défendre les politiciens sur leurs actions et leurs projets politiques pour le Gabon.

Sur quelle base juger?

En ce qui concerne les partisans du pouvoir, ils considèrent que le Président Ali Bongo a toutes les chances de gagner parce qu’il a construit les CHU de Libreville Owendo et Angondjé, la CNAMGS, le projet GRAINE, le pont de la Mbanio, les 1500 Km de route, les 800 et quelques logements. Lire l’article ici

Je pense que nous ne pouvons pas jeter toute l’eau du bain avec le bébé, il est plus que raisonnable dans un contexte économique difficile de garder une petite portion de cette eau pour rincer la bassine après avoir jeté le plus loin possible ledit bébé.

En somme nous devons reconnaître ce qui est fait fut-il marginale. La question que nous devons nous poser est de savoir si cette marginalité suffit-elle pour réélire un président qui n’a pas réalisé la moitié de son projet nommé « l’Avenir en confiance » ?

La réponse est oui pour les défenseurs du régime qui se défendent souvent en disant : «  Il n’est pas possible de réaliser le projet l’avenir en confiance en sept ans ». Pourquoi alors avoir fait un programme sur 14 ans sachant qu’un mandat ne dure que sept ans ? Seules des ambitions « dictatoriales » permettent ce zèle.

Comment peut-on espérer un Gabon prospère et véritablement démocratique si nous accordons à chaque élection une énième chance aux élus qui ne réalisent pas leur programme ? Comme la majorité des gabonais je dis NON, le salut du Gabon viendra que par la rupture, par la culture de  la sanction. C’est seulement de cette façon que nous connaîtrons l’émergence d’un nouveau Gabon.

Les gabonais devront juger non pas les actions posées mais le rapport entre les actions posées et le programme qui leur a été proposée sept ans plus tôt. Seul ce procédé devrait guider le choix de tout un chacun en dépit de notre bord politique. Pour ce mandat le résultat n’est pas satisfaisant donc passible à un non renouvellement.

Quid de l’opposition ?

Les nouveaux leaders de l’opposition fussent-ils des anciens du PDG donnent aux gabonais une alternative pour l’avenir du pays. Les partisans  du régime en place leur  reprochent  de s’être enrichis pendant qu’ils étaient au pouvoir, que dire alors de ceux qui y sont actuellement ? Ils sont accusés d’avoir des liens familiaux avec le pouvoir en place, ces liens sont ils nés après leur démission ? Reste à savoir.

L’histoire contemporaine de l’Afrique nous apprend que le Président actuel du Burkina-Faso, M. Roch Kaboré fut le président de l’Assemblée Nationale dudit pays sous Compaoré. Le Président Macky Sall  fut Premier Ministre et Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal sous Abdoulaye Wade. Le Président Tunisien Béji Caid Essebsi fut lui aussi président de la chambre des Députés sous Ben Ali.

Aussi comptables que les membres du pouvoir qu’ils ont combattu, ces présidents africains ont toutefois reçu le quitus du peuple pour les diriger.

Fort de ces exemples, je ne comprends pas pourquoi les pro-PDG font croire aux gabonais que seule une génération spontanée d’opposants est légitime pour contester le pouvoir en place. Je trouve cet argument bancal car en effet les démissionnaires du PDG sont gabonais et bien placés pour contester le régime car ont été au cœur du problème donc capables de trouver des solutions adaptées.

Cette campagne de discrimination témoigne du poids politique que représentent ces hommes et femmes. Ne dit-on pas qu’on ne jette pas une pierre à un arbre qui ne porte pas de fruit ?

Le mal de ce régime est qu’il est aveuglé et trop fier de son passé de parti de masse, implanté dans toutes les provinces du pays et vieux d’une cinquantaine d’années pour ne pas constater les mutations qui s’opèrent sous ses yeux. Les Gabonais, notamment la jeunesse qui représente près de 60% de la population veut prendre de l’air, un nouveau souffle, connaitre un nouveau régime.

Si ces anciens pédégistes ont du succès  auprès  des populations c’est tout simplement parce qu’ils ont su dire NON. Ils ont osé faire la rupture. Pour le commun des gabonais cet acte seul suffit pour accorder  à ces derniers leur confiance. Ils se sont désolidarisés pour être du coté du peuple.

Qui pourrait dire que la démission de Guy Nzouba Ndama est marginale ? Que celles de PING, de Ndémezo’o et autres en sont autant ? Pas grand monde sauf ceux qui ne comptent pas sur le peuple pour remporter les élections.

Je pense que cette fois le PDG a en face de lui des opposants qui le connaissent parfaitement et qui savent comment contourner les pièges afin de vaincre la bête qu’elle est. Ils ont toutes les cartes pour convaincre les gabonais, pour proposer une autre façon de faire, ce qui est en soit légitime et nécessaire au vu des résultats.

Cette élection est différente des autres, elle est une porte ouverte au changement, à l’alternance politique, reste maintenant à faire le travail de convaincre le maximum pour l’avènement d’un changement de régime au Gabon.

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Barack Nyare Mba
Je suis un jeune Africain, de nationalité gabonaise, j'ai étudié au Sénégal et au Ghana. Je suis titulaire d'un Master 2 Audit et Contrôle de Gestion. La renaissance de l'Afrique passe indubitablement par la prise de conscience des défis de développement. C'est dans cet esprit que je crée ce blog pour partager avec vous mon regard sur l'Afrique en général et le Gabon en particulier. Panafricain je suis, panafricain je resterai.

16 thoughts on “Pourquoi l’opposition a toutes les chances de l’emporter?

  1. je partage ton point de vue Mr moussirou oui Mr,car c’est vraiment triste pour nous jeunes gabonais de vouloir philosophé sur l’état critique que traverse notre chère Gabon, je tient également a te félicité BARACK, texte pertinent, cohérent, et assez logique car qui mieux que ses opposants sortie du PDG sont habilités a connaitre les tréfonds de cette organisation, ils ont dits NON au privilège qui dirigeait le pays dans un abime sans possibilité de retour, ils ont pensé GABON D’ABORD, là est de façon efficace d’agir et de pensée.

    ** l’heure du changement et de l’alternance qui se traduira par des institutions fortes a SONNER au Gabon **

  2. Il faut rappeler que Ali a aussi servi sous l’ère d’Omar et que dès le début de son mandat on a vu sa volonté d’opérer la rupture. Tout n’a pas été réalisé, mais comme vous dites il faut reconnaître ce qui a été fait. Concernant les néo opposants, ce qui leur est reproché ce n’est pas d’avoir servi sous Omar, mais de vouloir continuer à se servir selon la logique du système Omar. De fait, on les accuse d’avoir dans l’ombre jouer de leur poids pour ralentir les travaux et réformes engagés, et désormais se servir de la situation de crise pour valser l’actuel président et revenir se servir comme bon leur semble.

  3. Ce qui est curieux c’est que ceux qui demeurent dans le système reprochent aux opposants d’ avoir été avec eux.Si cette position n’est pas bonne pourquoi y rester?

  4. votre analyse me parait intéressante mais occulte un certains nombre d’aspects en rapport avec le désamour de certains hiérarques d’hier du système qu’ils ont eux même conçus et animés, avec le Président qu’ils ont eux même porté à la magistrature suprême. Il est très intéressant et je dirais même divertissant que ces anciens poids lourds du système cri au feu après avoir joués durant longtemps au pyromanes, lorsque cela les arrangeaient. Lorsqu’ils se reconnaissaient en un système auquel personne ne se reconnaissait, la preuve aujourd’hui tous revendique cet héritage funeste qui a réduit des années durant un peuple tout entier à la mendicité et à la résignation. qu’es qui a véritablement changé aujourd’hui dans leur approche de la gestion de la chose public? je serais tenté de dire, tant les signaux qu’ils lancent aux apathiques comme nous montrent à n’en point douter que leur désamour d’hier tient plus à un désaccord de vue entre individus qu’à un désaccord en rapport au principe d’orthodoxie même de la gouvernance. A partir de là que reprochent il véritablement à Ali? de ne pas être leur ami et confident comme l’était son père? de ne pas avoir poursuivi comme son père, la politique quand je partirai pense à mon fils? de s’être entouré d’individus méconnus de la vieille sphère politique? De ne pas leur avoir assez remercié de leurs appuis multiformes à son accession à la présidence? On peut aisément continuer à égrener ce chapelet sans véritablement trouver de réponse qui satisfassent le gabonais lambda . Ali, comme d’autres chefs d’état de par le monde font des promesses électorales, mais entre promesses et actions réalisatrices de celles ci, il y a la réalité du terrain qui très souvent ne converge pas vers les promesses faites. Demandez donc à Hollande, Obama ils en savent un rayon. En somme, Ali n’est peut être pas si atypique que ça comme président. C’est un homme qui a cru être capable de faire des choses en occultant la réalité du terrain. A t’il été un bon Président, non ! Car il n’a pas pu traduire toutes ses promesses en actes. Est il mauvais pour autant en tout point de vue, non! Car il y a eu des avancées à certains niveaux, et l’honnêteté intellectuel nous astreint à le reconnaitre. Peut il mieux faire? certainement car avec les 7 dernières années il a eu le temps de comprendre comment la machine fonctionnait. Il a donc une grande marge de progression devant lui.

  5. Bonjour à tous ..je suis Mr Gregg Hildevert NDAMBO-Fils., jeune Gabonais ,Etudiant en droit constitutionnel et institutioms politiques. Je viens par la presente deja feliciter les candidats tous bord politique deja declarer pour l’echeance eléctoral que notre pays connaitra en cours du mois de Aout 2016. Cela etant en visualisant l’esprit de la constitution qui est l’essence et le garant des decrets et textes de loi de tout Etat souverain. pour eviter de m’eterniser certains candidats declarés citér plus haut sont anti-constitutionnel d’ou non pas respecter le processus de la DTE qui prononce une Demission., une Transition, et enfin une Election, ce quand même effarent d’ou on observe la Demission et sans Transition on se prononce directement à l’election.. d’ou je me demande quelle Constitution pour le triomphe d’un Etat de droit au Gabon??

    • Mon cher étudiant en droit constitutionnel, dans quel pays tu as observé une transition pendant un processus électoral? Mais aux USA, où Obama est encore Président jusqu’à la fin des élection, puisque c’est lui qui fera la passation de service. C’est ça le problème des gabonais, on raconte toujours tout et rien, sans preuves, que l’on soutienne le pouvoir en place ou l’opposition!

  6. Nous sommes fatigués de subir le même nom depuis un siècle d’autant que les Bongo ont trainé ce Pays vers tt sauf vers l’avancement. Les réalisations faites durant les sept ans, pour ne parler que du dernier septennat ont pour la plupart du temps été faites par soit des dons (Aéroport internationales de Port-gentil = Total Gabon), soit par des emprunts auprès des institutions financières internationales (La nationale, le Lycée de Bikélé etc). Juste pour dire que durant 7 ANS LA DETTE DU PAYS A AUGMENTE. Mais qu’ont-ils fait de l’argent des recettes du Pays? Sans doute s’acheter des voitures de luxe, s’offrir des voyages luxueux, le distribuer à la légion étrangères pendant ce temps les compatriotes crèvent de faim, sinon se battent à la décharge de Mindoubé pour calmer les papilles gustatives.

    L’heure de l’Alternance est arrivé!

  7. Bonjour je suis un jeune gabonais de 30 ans , je n’est aucun bord politiques et je je trouve ta thèse pertinente , en effet tu nous démontre les biens faits d’une changement de régime politique , ce avec lequel je suis tout a fais d’accords mais tes arguments sont aussi ce qui font que le présidents actuel serra le favoris lors des prochaines élections . Tu nous fais clairement comprendre que l’histoire nous montre que se sont souvent les sbires de l’ancien président qui apporte le changement ?? Aurais tu oublié que le président actuel a été au même titre que les opposants actuels le sbire du président précédant même si c’était son fils ? pour moi les opposants ainsi que le présidents actuels sont tous au même titre ., de ce fait je laisse tout un chacun se faire une opinion de la situation et du candidats qu’il ira voté en Aout prochain , Ali a déjà commencer quelque chose je lui accorderais volontiers un second mandat pour qu’il avance encore dans ses œuvres puisque je sais que quoi qu’il en soit c’est son dernier mandat et que le prochain si vraiment opposant il y a prendra les reines du pays et nous ferra un peu plus avancer vers une total émergence .

    • Mon très cher frère Akanda, qui t’a dit que c’est le dernier mandat. la constitution dit que le président en exeercice peut se présenter le nombre fois à la présidence de la république…En un mot il n’y a pas de limite de mandat.

  8. SUR TOUTE LA LIGNE JE VOUS DONNE RAISON MONSIEUR .MAIS LA QUESTION QUE JE ME POSE EST CELLE DE SAVOIR POURQUOI TOUS CES OPPOSANTS QUAND EN FACE ON A QU UN SEUL ADVERSAIRE POLITIQUE ?

    • Sans etre partisant de qui que se soit, qui est novice entre un oye mba qui a sauve le Gabon d’une crise econnomique en 1990 et qui a fait des preuves au niveau international ou le president actuel? En realite le combat de tous ceux qui veulent un Gabon pour tous, c’est un dirigeant qui pense Gabon d’abord, en mettant en place des institutions fortes comme l’a fait l’ancien president ghaneen. On a pas besoin d’homme fort mais d’un etat de droi ou les mandats sont limites, au moins on peut tester plusieurs compatriotes. Cela fait honte que nous jeunes gabonais ne soyons pas en phase avec la verite. En tout cas tous nous assumerons nos choix du moment un jour. Car la colere de Dieu est lente mais attention sodome et gomore doit nous inspirez.

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