Une jeune fille victime de viol. C/P: Jeuneafrique.com

En quittant hier soir l’appartement d’un ami, je n’aurais jamais imaginé vivre une telle scène; car ce n’est guère habituel de tomber sur une victime de tentative de viol en pleine rue de Dakar dans un quartier fréquenté. J’ai souvent lu dans la presse locale des histoires d’attouchement de filles dans les transports en commun. Cette fois, j’ai vu de près les conséquences immédiates d’une agression sur une jeune fille.

Il est 21 heures. Près de la station Shell de Castor, alors que je m’apprête à prendre un taxi tout à coup, autour de moi, des gens se mettent à courir et se dirigent vers un endroit assez sombre. L’agitation des uns et des autres qui traversent la chaussée attire mon attention, au point de les suivre. Sur un trottoir, je vois une adolescente d’une quinzaine d’années allongée sur le côté, le sang coulant de sa nuque.

Sur la nuque de cette jeune fille, un garçon pose un tissu blanc pendant qu’un autre demande à la foule de s’écarter afin qu’elle respire mieux. Tous parlent en wolof ce qui ne facilite pas ma compréhension, malgré les quelques mots que je connais. Je m’approche d’une femme qui est près de moi pour m’informer : « Ce n’est pas normal ce qui se passe, dit-elle, un garçon a agressé cette fille-là avec une pierre parce qu’elle a refusé de coucher avec lui ». Invraisemblable. Grande est mon indignation lorsque j’entends cela.

Dans la même lancée, elle rajoute avec un ton largement au-dessus : « Ils ne se connaissent même pas, la jeune fille était là assise à attendre ses sœurs quand ce garçon est venu lui demander de coucher avec lui. Comme elle a refusé, il a pris une pierre et a frappé sur la nuque de la fille, et maintenant le sang coule. Ça ce n’est pas normal ».

C’est le comble des combles, on est dans un monde d’obsédés, ils veulent maintenant violer n’importe où et à n’importe quelle heure du jour comme de la nuit. Grâce à quatre jeunes hommes témoins, l’infortuné a été rapidement rattrapé par la foule enragée qui voulait le passer à tabac. Sans l’intervention de quelques personnes plus âgées, il aurait passé un sale quart d’heure.

Avec mon téléphone je commence à filmer quand je vois l’agresseur empoigné par un homme qui l’emmène je ne sais où… apparemment au commissariat selon les dires. Une vingtaine de personnes l’escortent. Après moult disputes et injures en chœur, un policier arrive comme par magie. Il le prend par la main, et les voilà partis à pieds au commissariat qui se trouve à 30 minutes de là.

Je retourne alors sur les lieux où se trouve allongée la jeune fille. Elle pleure et les autres autour d’elle s’indignent. Les femmes surtout crient au scandale, certaines affirment que ce genre d’agression arrive parfois dans des ruelles parce qu’il n’y a pas de lampadaires. Quelques minutes après, les pompiers arrivent et transportent la jeune fille dans un hôpital. Des policiers s’apprêtent à faire le constat. A ce moment-là je me sens rassuré pour elle, mais pas pour ce qui va advenir à ce délinquant. Juste après je me rends au commissariat de Dieuppeul pour en avoir le cœur net. Une fois sur place je constate que le jeune homme et des témoins sont entendus par deux policiers.

Après le commissariat, je rentre chez moi dans un sale autre état, choqué par l’histoire, mais aussi par la jeunesse de la victime et de son agresseur. Ce dernier n’a pas plus de la vingtaine. Il fait partie de cette frange de la jeunesse qui se perd dans les drogues et l’alcool. Des désœuvrés abandonnés à eux-mêmes ils plongent très rapidement dans la délinquance et le grand banditisme. On ne cessera jamais de dénoncer les viols et violences faites aux femmes et aux jeunes filles, il faudrait plus de sanctions et de sensibilisation pour venir à bout de ce phénomène.

Je vous laisse avec la vidéo de cette triste histoire

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Barack Nyare Mba
Je suis un jeune Africain, de nationalité gabonaise, j'ai étudié au Sénégal et au Ghana. Je suis titulaire d'un Master 2 Audit et Contrôle de Gestion. La renaissance de l'Afrique passe indubitablement par la prise de conscience des défis de développement. C'est dans cet esprit que je crée ce blog pour partager avec vous mon regard sur l'Afrique en général et le Gabon en particulier. Panafricain je suis, panafricain je resterai.

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