Pause café avec Kemi Seba

Avec KEMI SEBA après l’interview

Aujourd’hui, c’est au tour de Kemi  Seba de se prêter aux questions d’Esprit africain au sujet de l’état actuel du mouvement panafricaniste et du rôle que devrait jouer la jeunesse africaine pour la réalisation de ce rêve voulu par ses précurseurs. Grand panafricaniste de cause et de fait, et œil averti de la vie sociopolitique du continent, il a bien voulu partager avec nous son regard sur cette épineuse problématique contemporaine.

C’est dans un café situé au quartier Mermoz à Dakar que nous avons eu ces échanges.

Esprit africain : Bonjour, pour ceux qui ne te connaissent pas encore peux-tu  te présenter auprès de nos lecteurs et leur dire les activités que tu mènes actuellement?

Kémi Seba : Bonjour mon frère, je suis polémiste panafricain, conférencier, chroniqueur télé à la 2STV dans l’émission Le Grand Rendez-vous, par ailleurs je suis auteur de deux livres Supra-négritude et MA’AT IKH-S philosophique   parus aux éditions Fiat Lux et je serais également l’auteur de deux prochains livres, Black nihilisme (Ndlr : déjà en librairie) et contre histoire de la conscience noire qui sortiront s’il plaît à Dieu en avril 2014.

Esprit Africain : Tu es né et as grandi en France, mais pourtant en 2011 tu as décidé de venir vivre en Afrique, notamment au Sénégal. Pourquoi cette décision et pourquoi le choix du Sénégal ?

 Kémi Seba : Parce que depuis que j’ai commencé l’activisme en 1999 en France, j’ai toujours dit qu’un panafricain loin de l’Afrique était comme un footballeur sans ballon. J’estime qu’il était nécessaire après s’être opposé à l’oligarchie occidentale sur son terrain, pendant un temps, d’aller à l’étape supérieure. Cette  étape qui est celle de proposer après s’être opposé me paraît la plus mature et la plus digne d’un point de vue intellectuel. Cela signifie aller sur le terrain, endurer les conditions de vie africaine qui sont sur certains points plus difficiles que celles qu’on trouve en Occident- on ne doit pas se mentir- abandonner nos privilèges qui font de nous (diaspora) des enfants de l’opulence. C’est une démarche d’introspection réelle par rapport à ce que l’on peut apporter au continent africain et non pas sur quoi on doit critiquer, parce que je remarque qu’on aime bien critiquer sans pourtant se remettre en question. On a une responsabilité, nous sommes les acteurs de nos vies, soit les messies ou les bourreaux de notre destin.

Esprit Africain : En tant que militant panafricaniste, peux-tu nous dire ce que le panafricanisme signifie pour toi et qu’est-ce qui t’as poussé à militer pour cette cause?

Kémi Seba : Le panafricanisme est malheureusement devenu au 21e siècle un terme fourre-tout où tout le monde déclare appartenir à cette idéologie. Pour moi ce n’est pas seulement réunir les Africains, je veux dire que quelqu’un comme Idriss Déby qui se réunit avec Blaise Compaoré ou avec  Alassane Ouattara  ou encore qui se réunit avec Ali Bongo. Si on me dit que ces hommes sont des panafricanistes, je dirais que je ne me reconnais pas dans leur panafricanisme. Par extension, je ne me reconnais pas dans le panafricanisme de Maître Abdoulaye Wade, c’est ce qui m’a valu des problèmes lorsque je travaillais en collaboration avec l’un de ses ministres dans une organisation panafricaine.

Je pars du principe que le panafricanisme doit être une arme de défense des Africains face au mondialisme, le panafricanisme doit être une unité, non pas seulement d’hommes mais aussi de valeurs, une unité idéologique sur le terrain de la résistance face à la pénétration colonialiste au 20e siècle et mondialiste au 21e siècle que nous vivons aujourd’hui à travers les multinationales, la franc-maçonnerie, les réseaux occultes qui sont sur le continent pour accélérer le processus de spoliation et de dégénérescence culturelle économique et politique des nôtres.

Esprit Africain : Comment expliquer le fait que le mouvement panafricaniste soit amorphe  depuis quelques années, pas grand-chose n’est organisé autour de ce mouvement ?

Kémi Seba : Je suis beaucoup plus nuancé que toi sur cette réflexion, au sens que de ce que je vois, les résultats que je retrouve sur le terrain eu égard à mon travail, mais aussi au travail d’autres personnes qui peuvent être en première ligne à mes côtés, attestent que le panafricanisme n’est pas si mort que cela. Le panafricanisme n’est plus une affaire d’hommes d’Etats, si je dois apporter une nuance c’est celle-ci. Auparavant on parlait du panafricanisme à travers les Patrice Lumumba, Julius Nyerere, Almicar Cabral, Thomas Sankara, Kwame Nkrumah. Aujourd’hui le panafricanisme s’est éloigné de la sphère politique pour la simple et unique raison que dans la sphère politique Africaine ce sont que des collaborateurs de l’impérialisme qui sont présents, donc le panafricanisme indépendant dissident ne peut pas se retrouver à l’intérieur d’une capsule dans laquelle l’impérialisme a fait son lit.

C’est pourquoi le panafricanisme s’est décalé dans la société civile. Nous retrouvons dans cette société civile un certain nombre de forces contrairement aux apparences, notamment dans les universités qui en sont un véritable vivier de jeunes qui aspirent à cette unité africaine, pas une unité de malfrats, pas une unité de corrompus, pas une unité d’aliénés, mais une unité de personnes qui résistent au nouvel ordre mondial qui s’installe en Afrique même si ce nouvel ordre mondial n’est pas nouveau en Afrique.

Esprit Africain : OK, mais actuellement dans les médias on remarque qu’il n’y a pas assez de congrès organisés autour du panafricanisme ?

Kémi Seba : Je vais te répondre très simplement, il y a eu un très grand congrès qui s’appelle le congrès de Badagryau Nigeria qui a eu lieu il y a quelques mois. Il a regroupé des militants du Sénégal, des Etats-Unis, du Nigeria, du Bénin, d’Afrique du Sud et l’évènement a été quand même été relayé dans la presse…..

E.A : Y a-t-il eu un manifeste comment lors des congrès passés ?

K.S : …Bien sûr, il suffit juste de bien se renseigner. Maintenant la question est de savoir si le panafricanisme doit seulement se situer dans le cadre d’un congrès ? Il y a le FESMAN (Festival Mondial des Arts Nègres) qui est organisé et qui est sensé être un Festival mondial de la culture noire et du panafricanisme,  on sait que c’est de l’escroquerie. Moi je ne fais pas partie des gens qui pensent que le panafricanisme doit-être mis dans un enclos qui serait un congrès, il y a eu des centaines de congrès pourtant le continent n’a pas changé depuis lors. Il faudrait aujourd’hui que le panafricanisme pénètre la société civile, les étudiants, le citoyen africain, le villageois. Ce dernier cité n’a pas forcément les moyens ni capacité pour assister à un congrès.

Je suis dans une sorte de décentralisation intellectuelle de cette démarche panafricaine.A travers l’émission le Grand Rendez-vous sur la 2STV qui est très suivie au Sénégal et dans la sous-région, on a des retours des gens de différents corps de métiers qui rentrent dans les affaires panafricaines à travers cette démarche-là. On a la chance d’avoir une arme plus puissante que la télévision qui est internet, les deux jugulés de la meilleure des manières faciliteraient une conscientisation massive et c’est sur ce terrain que nous nous situons.

Esprit Africain : Est-ce qu’il existe des structures bien constituées qui ont pour objet la promotion du mouvement panafricaniste à travers le continent ?

K.S : Je vais te répondre clairement, il n’y en a pas parce que je pense que beaucoup pensent aux idées panafricaines, mais très peu ont le courage de venir les défendre en première ligne. J’ai énormément de gens qui m’écrivent sur les réseaux sociaux et qui sont touchés par notre démarche, on a une communauté de plus de 21 000 personnes sur ma page Facebook officielle Soutenons Kemi Seba https://www.facebook.com/KemiSebaOfficial . Cela prouve qu’il y a beaucoup de gens de différents endroits qui s’intéressent à la question panafricaine, c’est quelque chose que nous ne pouvons pas nier. Maintenant nous nous préparons et on pense que cela demande de la précision et de la réflexion, c’est dans ce sens qu’une structure, un mouvement panafricain citoyen qui s’appellera  « Panafricanisme 2.0 »  verra le jour en fin janvier . Il y aura une série de conférences de presse à cet effet. Le mouvement aura  deux branches, la première aura pour but la sensibilisation des populations sur les dangers du mondialisme à travers les multinationales et les loges maçonniques et tous les réseaux occultes occidentaux qui sont installés sur le continent et la seconde branche utilisera la non-violence comme Greenpeace pour faire une pression psychologique afin de faire comprendre aux multinationales qu’elles ne peuvent pas continuer à spolier les richesses du continent, on ne peut pas continuer comme cela. Ça doit être maintenant du gagnant-gagnant ou bien se sera du perdant-perdant.

Esprit Africain : A l’heure où l’on parle de globalisation de mondialisation et de village planétaire, quelle politique le continent devrait adopter pour affirmer sa négritude dans ce bouillon de culture ?

Kémi Seba : Le mondialisme est un processus qui va vers de la dérégulation, de la dégénérescence d’un principe naturel qui est la mondialisation et qui est voulu par les oligarques pour accélérer la logique qui nous emmènera vers un gouvernement mondial dans lequel les identités seraient asphyxiées, les différences sexuelles seraient gommées d’où l’effervescence du concept du transgenre qui prend de l’ampleur dans les sociétés occidentales, la légalisation des mariages homosexuels, etc. Tout ce qui va dans le sens de détruire la famille, de détruire les frontières, de détruire ce qui fait le particularisme de l’être humain, tels sont les objectifs de cette classe oligarchique.

L’Afrique est son terrain de jeu dans ce sens-là, le seul aspect qui peut ralentir cette dégénérescence qui a commencée depuis bien longtemps chez nous, je veux dire que le gouvernement mondial c’est nouveau pour les Occidentaux, mais pas pour les Africains quand on voit durant la  traite négrière des gens qui s’appelaient par exemple Gérard Lemier alors qu’il vient de l’Afrique ou encore d’autres noms parce qu’il y a aussi eu l’esclavage pratiqué par les Arabes ; donc il y a des gens qui ont perdu leur nom originel, ce sont des personnes qui ont vécu le mondialisme dans leur chair depuis le commencement. Le panafricanisme est un contre mondialisme lorsqu’il est bien usité.

On a compris que c’est lors de la conférence de Berlin organisée en 1884 et 1885 que nous avons été découpés, divisés, subdivisés en différents pays. Aujourd’hui, il est temps de gommer ces identités factices pour aller vers un Etat fédéral africain, mais en comprenant qu’on ne doit pas tomber dans le piège de s’allier à des forces qui depuis un certain temps nous ont montré en réalité lorsqu’on prend la peine de bien les étudier, qu’elles n’étaient pas nos alliés, mais nos ennemis. Quand on voit la manière dont la France se positionne aujourd’hui sur le continent africain, c’est en gendarme parce que nous avons une démarche d’irresponsabilité de notre part, on peut constater qu’il y a alors un problème de fond dans le sens où la France vient en amie et non en colon. c’est   » l’impérialisme de la vertu » , je l’appelle ainsi. Au nom des droits de l’homme, on vient imposer la démocratie, on vient aider les pauvres Africains qui sont incapables de tenir cette démocratie, on vient  développer et tirer le pétrole de ces gens-là et créer soi-disant du travail alors qu’en réalité les emplois qu’ils créent ne sont pas le millième de ce que cela devrait générer si on parlait du donnant-donnant. On est dans une démarche évidemment disproportionnée due au fait que les contrats sont donnés à des chefs d’Etat qui se taisent en échange d’une part.

Esprit Africain : Maintenant que tu vis en Afrique, vois-tu une différence entre l’Afrique que tu connaissais quand tu vivais en France et celle que tu côtoies désormais quotidiennement ?

K.S : Très clairement et simplement je pense que tout panafricain qui le vit et qui réside en Occident ne peut pas rentrer en Afrique et faire comme si il était en vacances. On doit contribuer au développement politique, intellectuel et moral du continent à condition de faire une purge de nos défauts hérités de l’individualisme forcené qu’on retrouve en Occident. Maintenant la réalité africaine est telle que je suis touché par ce que je vis, je suis touché par la mentalité qu’on peut trouver ici, il y des défauts évidemment, mais je me sens plus à l’aise avec les miens que lorsque je suis dans un environnement qui ne m’est pas favorable. Sur le plan africain il y a une passivité, un fatalisme.

Esprit Africain : De quels ordres ?

Kémi Seba : D’ordre moral et religieux. Je m’explique, beaucoup de personnes au lieu de tenter de prendre en main leur destin disent que c’est Dieu qui veut que les choses se passent comme ça, que se soit dans les communautés chrétiennes évangélistes ou dans les confréries musulmanes…

E.A : Il faut aussi comprendre que c’est parce qu’au départ nous sommes des peuples animistes

K.S : …L’animisme nous permet d’être en harmonie avec la nature pour prévoir ou anticiper certaines choses qui pourraient arriver par la suite. Que se soit chez les chrétiens comme chez les musulmans il y a cette démarche qui parle de la volonté de Dieu dans ce qui arrive, c’est pourquoi j’ai une position médiane qu’on appelle la tradition primordiale, le pérenialisme, qui va dans le cadre de la connaissance de soi réelle du continent africain. L’extension ultime est l’islam (comme il est musulman) mais la racine c’est ce qu’on peut trouver dans la tradition Fang (langue du Gabon) dans le culte BWITI (rite initiatique Gabonais), dans le Vaudou (rite béninois, togolais) c’est cela la tradition primordiale et moi je fais ce trait d’union entre l’étude de la tradition primordiale et la religion monothéiste qui permet de nous affirmer dans une unicité de Dieu sans oublier nos ancêtres.

Esprit Africain : Pour en venir à la jeunesse africaine, comment trouves-tu sa situation actuelle? Penses-tu que tout va pour le mieux ?

Kémi Seba : Non, il y a évidemment une perte de valeurs due au mondialisme encore une fois, c’est-à-dire avec internet tu trouves tout ce qu’il y a de pire en Occident. J’ai été choqué de voir dans un Cyber du quartier une jeune fille de 13 ans que je connaissais de vue, en train de regarder un film porno et dès qu’elle m’a vu passé elle a vite changé. Ça m’a fait mal parce qu’apparemment c’est une fille studieuse qui travaille bien. Je trouve que c’est un peu trop tôt pour suivre ce genre de chose à cet âge quand on connaît nos interdits africains concernant la sexualité. On a le pire qui nous arrive comme le meilleur, mais il y a un problème de tri d’information et ceux qui ne savent pas le faire s’exposent à tous les dangers d’internet ce genre de choses accélère le processus de perte de valeur. On voit aujourd’hui un certain nombre de choses, je ne dis pas que c’est l’Occident qui a inventé la drogue ou quoi que ce soit ce n’est pas le sujet, mais je dis qu’il y a une importation des valeurs dues à l’ultralibéralisme qui s’adapte aujourd’hui aux réalités africaines par le biais de nos élites qui sont au service de l’impérialisme. Tout cela participe à la déliquescence de notre société, c’est évident.

Esprit Africain : Pouvons-nous dire alors que la jeunesse perd ses moyens pour tenir le flambeau du panafricanisme ?

Kémi Seba : Je pense qu’on ne peut homogénéiser les choses en parlant de la jeunesse…

Esprit Africain : …En fait on remarque que la jeunesse active est élitiste et cette dernière arrive à se prémunir de certains dangers par contre celle qui ne l’est pas c’est-à-dire la masse populaire, se trouve en proie aux dangers de la mondialisation.

Kémi Seba : …Comme les élites aussi, je peux te l’assurer pour avoir fréquenté les deux milieux je crois que tu le sais aussi, parce que le pire on le retrouve parfois beaucoup plus en haut qu’en bas. Je relativise par rapport à ta réflexion pour la simple raison qu’il y a certaines couches de la société notamment les villages et qui sont très nombreux en Afrique, qui sont protégés pour l’instant des dangers de la mondialisation. On n’y verra pas les ravages de la drogue ou ….Et je n’aime pas faire le puritain parce que je n’aime pas en tant qu’intellectuel d’être réactionnaire, toutefois il y a certains maux dans les capitales africaines qui trouvent résistance dans les villages. Il y a encore aujourd’hui des gens qui ont une éducation morale, qui sont enracinés dans la connaissance de la tradition et des valeurs, mais de l’autre côté il y a ceux qui sont complètement perdus et au milieu de tout ça il y a  le panafricanisme qui est une alarme qui sonne dans les têtes. Ne serait-ce que sur un terrain concret, les gens veulent circuler librement sur le continent africain.

Moi j’ai un passeport béninois et quand je vais au Nigeria il y a à la frontière Bénin-Nigeria  plus de dix gardes pour te contrôler alors que nous sommes sensés être dans un même territoire, on est dans l’irrationalité la plus totale.  Ce n’est pas que je m’inspire d’eux, mais je remarque que les Européens à travers l’Union européenne ont au moins réussi ce problème d’intégration à part ça, le reste est à critiquer. Il faudrait que l’intégration soit une réalité sur tout le continent en dépit de certains Africains qui manipulent ces différences ethniques pour conserver ou conquérir le pouvoir. .

Esprit Africain : Le 5 décembre dernier, Madiba Mandela nous a quittés, que retiens-tu de lui ? Quel héritage laisse t-il à nous jeunesse africaine ?

Kémi Seba : J’ai fait un communiqué sur ma page Facebook qui résume tout sur ce sujet, dans lequel j’explique que Mandela est un géant quels que soient les profonds et violents désaccords que je peux avoir avec lui par rapport à ses choix postapartheid. On ne peut pas parler de paix sans justice, on ne peut pas parler de paix sans redistribution des terres, d’ailleurs c’était la position de Winny Mandela qu’on diabolise aujourd’hui à cause de certaines de ses erreurs. On ne peut pas parler de paix alors que certains criminels courent toujours en Afrique du Sud. Donc je pense qu’il y a des points qui posent problème par rapport aux choix qu’il a pu faire, mais cela n’en demeure pas moins que ce fut une grande personne qui a su pardonner après 27 ans de prison et qui a vu sa vie basculer sur plusieurs plans. Je l’aime en tant que père qui a fait de bons choix et des erreurs donc je ne l’accule pas. Idéologiquement je me sens, je vous le dis, plus proche des hommes comme Lumumba, Sankara, Nyerere.

Esprit Africain : La France intervient une nouvelle fois en Afrique, notamment en Centrafrique et tout récemment au Mali et dans le passé en Libye. On a l’impression de revivre la période postindépendance ?

Kémi Seba : La faute à qui ? La faute à deux catégories de personnes, d’abord la société civile ne manifeste pas, objectivement il faut le dire, chacun manifeste dans son coin, on marmonne tous. Moi à mon niveau j’essaie de taper du poing sur la table, ça vaut ce que ça vaut, mais ce n’est pas une l’émission télé aussi populaire qu’elle soit qui va changer la volonté politique de nos chefs d’Etat. En fait la société civile ne joue pas son rôle, c’est pourquoi nos chefs d’Etat font ce qu’ils veulent. Ensuite, il y a les chefs d’Etat qui n’arrivent pas à jouer le rôle de protecteur. Je vais vous choquez, moi je n’en veux pas à la France de venir se faire du beurre ici car c’est nous-mêmes qui préparons le terrain à la margarine.

Esprit Africain : Pour finir,  en cette fin d’année 2013, quel message lances-tu à la jeunesse africaine d’une part et à aux dirigeants du continent d’autre part  concernant le panafricanisme ?

K&mi Seba : J’appelle une technologie aujourd’hui, les réseaux sociaux. On peut créer les nôtres, mais surtout voir ce qui est fait sur le territoire africain parce qu’il faut se concentrer sur le terrain, on est très nombreux à porter le panafricanisme, mais très peut en première ligne. Nous avons aujourd’hui un réseau qui verra le jour en janvier 2014 qui s’appelle Panafricanisme 2.0 qui compte agir sur le terrain pour lutter contre l’infiltration mondialiste en Afrique et qui veut aussi faire pression sur les multinationales afin de lutter contre la spoliation de nos richesses.

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