Esprit Africain http://espritafricain.mondoblog.org L'esprit de nos vaillants ancêtres veille sur nous Tue, 16 Oct 2018 11:32:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.11 L’interview d’Ali Bongo commentée sur les réseaux sociaux http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/31/linterview-dali-bongo-commentee-reseaux-sociaux/ http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/31/linterview-dali-bongo-commentee-reseaux-sociaux/#respond Fri, 31 Aug 2018 13:37:22 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1744 Jeudi 30 août, Ali Bongo s'est livré à un exercice nouveau en termes de communication : la fameuse interview dénommée "Face à la Nation". Les gabonais et gabonaises ont abondamment commenté les réponses du président sur les réseaux sociaux.

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Publication annonce émission CP: Page facebook boursier tchibinda

Jeudi 30 août 2018, sur les chaines de télévision nationales et sur internet, le président Ali Bongo s’est livré à un exercice nouveau en termes de communication : il s’agit ici de la fameuse interview dénommée « Face à la Nation ». Depuis mi-août, une publication sur la page Facebook de la présidence de la République demandait aux gabonais et gabonaises de poser leurs questions au président de la République. Plusieurs compatriotes se sont pris au jeu et l’ont fait sur WhatsApp et Facebook, en texte comme et en vidéo.

Pour ceux qui suivent l’actualité du pays, il était très important de regarder cette interview pour savoir ce que pense le président Ali sur certains maux de la société et la crise économique et politique qui frappent le Gabon. Une occasion idéale d’écouter ses propositions pour résorber certains fléaux qui entament la quiétude des gabonais et gabonaises. Comme je l’avais précisé dans mon précédent billet sur la conquête du coeur des gabonais par Ali Bongo (lire ici), il est tout à fait évident que cette interview rentrait dans le cadre de la nouvelle stratégie de communication de la présidence de la République.

L’interview dénommée « Face à la Nation » a duré 1h30, très peu pour aborder en profondeur certaines thématiques importantes pour le pays. D’ailleurs, il faut savoir que l’interview était divisée en trois parties : sociale, économique et politique. Les deux premiers volets ont été évacués très rapidement, les réponses étaient évasives, sans pertinence, d’une vacuité profonde. Je suis resté sur ma faim en tout cas. Le troisième thème a duré un peu plus que les autres avant que les journalistes ne plongent dans des questions qui englobaient en quelque sorte les trois principales thématiques.

J’ai constaté que le président Ali balbutiait, ne maîtrisait pas totalement son sujet, il cherchait les mots, fuyait les réponses concrètes mais surtout aimait prononcer ce mot : « Il faut ». A chaque fois qu’une question lui était posée sur le social ou l’économie, il répondait inexorablement par « Il faut ». Le dire à chaque fois prouve à suffisance que rien n’a été fait et rien n’est fait pour régler tel ou tel problème. Nous sommes là dans la théorisation des solutions, aucune pratique, aucun acte concret posé sinon il l’aurait fièrement dit. Il faut savoir que les problème posés ne datent pas de cette année, elles semblent être là depuis plusieurs décennies.

Les sujets sur l’éducation, la santé, le logement, l’insécurité, l’agriculture, la formation, la crise économique, le chômage etc., n’ont pas, à mon avis, trouvé des solutions ou des pistes de solutions lors de cette interview. La fin de l’interview témoigne parfaitement de son objet qui fut non seulement d’ameuter les troupes pour les élections législatives et locales, mais également chercher à conquérir le cœur des gabonais, car en réalité le président Ali sait que les gabonais sont très insatisfaits de son travail.

Voyons voir les commentaires des gabonais sur les réseaux sociaux après l’interview.


Cette liste de commentaires sur l’interview n’est pas exhaustive. Chacun a tout de même donné son avis sur les réponses du Président. Personnellement je pense que l’idée était bonne, ce qui ne fut pas le cas des réponses car aucune solution concrète ne fut proposée sur des problématiques pourtant clairement posées.

La prochaine intervention télévisée du Président Ali se fera au mois de décembre, nous seront encore là pour la commenter et faire un bilan de ses actions.

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Il était une fois la révolution sociale dans la patrie des Panthères http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/30/etait-revolution-sociale-patrie-pantheres/ http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/30/etait-revolution-sociale-patrie-pantheres/#respond Thu, 30 Aug 2018 09:36:04 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1738   Dans un pays en crise, en proie à la désunion, au chômage et à l’injustice ; dans un pays profondément blessé dans son estime de soi et dont la plaie béante, puante, délice des mouches et des microbes, a été exposée, à la pleine clarté du jour, pendant l’un de ses plus grands shows de...

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CP: Facebook

Dans un pays en crise, en proie à la désunion, au chômage et à l’injustice ; dans un pays profondément blessé dans son estime de soi et dont la plaie béante, puante, délice des mouches et des microbes, a été exposée, à la pleine clarté du jour, pendant l’un de ses plus grands shows de télé-réalité : l’élection présidentielle 2016 ; dans ce pays, un jeune homme, le cerveau fécondé par le patriotisme, par l’amour du débat politique, par la passion du droit et par diverses expériences associatives, accoucha une œuvre intitulée : Plaidoyer pour une révolution sociale au Gabon

L’œil observateur recevra un uppercut à la lecture du titre.

Le coup vient de ce mot : plaidoyer. S’il signale l’influence des études de droit suivis par l’auteur, ce terme indique, également, que ce dernier ambitionne de soigner la plaie de son pays en donnant à ses remèdes une assise juridique. Mais, si le jeune homme veut s’appuyer sur le droit, il émet l’hypothèse selon laquelle la grande blessure qui torture sa terre natale aurait une origine culturelle. il s’agirait de la dépréciation systématique de soi, au sens où il est d’avis général que le pays ne peut rien produire de grand. Entre les lignes, le jeune homme laisse alors entendre que la révolution sociale qu’il défend n’est qu’un prélude à une révolution de plus grande envergure :

 La révolution culturelle.

C’est pourquoi l’auteur définit la révolution sociale comme une transformation de la culture politique. L’auteur veut donc proposer, par le truchement du droit, une autre manière d’appréhender et de pratiquer la politique, une possibilité de rompre avec les us et coutumes en vigueur dans le domaine politique. Cette transformation-rupture est le passage d’une culture de sujétion à une culture de participation. Dans la culture de sujétion, le citoyen se sent dominé par le système politique dont il attend les bienfaits et redoute les diktats. Dans la culture de participation, le citoyen possède les moyens et outils efficaces, juridiques notamment, et l’état d’esprit nécessaire pour participer à, et influencer l’action politique.

Mais la lecture des propositions-solutions de l’auteur laisse un malaise.

Elles sont pertinentes, intelligentes. On peut citer, en autres, la révision de la constitution pour plafonner le nombre de parti politique et pour exiger de chacun une idéologie claire sur des sujets d’intérêt général. Le but est d’épurer le paysage politique de partis qui ne valent absolument rien, parce qu’ils n’assument pas pleinement leur rôle : conquête, exercice et conservation du pouvoir, et surtout, surtout, surtout, la formation de l’opinion, c’est-à-dire la mise à disposition, pour les citoyens et militants, en dehors des périodes électorales, d’informations et activités en vue de forger leurs convictions politiques, ainsi que leur capacité à réfléchir sur les défis que rencontre le pays. On peut également faire allusion à l’institution d’une culture du référendum pour consulter le peuple sur des questions majeures et ainsi lui redonner confiance en ses dirigeants. Et on ne peut oublier la dotation d’un encadrement législatif à la pétition afin de permettre aux citoyens de suspendre ou d’amender des lois, des mesures qu’ils jugent impertinentes. Ce ne sont là que quelques-unes des propositions de l’auteur.

Nous le disions, elles sont intelligentes. Mais, elles semblent rester dans l’ordre des bienfaits à attendre du système politique. Car, pour être effectives, elles doivent passer le cap d’un débat à l’Assemblée nationale en vue de leur adoption. En clair, cela donne l’impression que la révolution sociale défendue par l’auteur dépend, largement, de la bonne volonté de ceux qui détiennent, actuellement, le pouvoir. Aussi, pourrait-on croire que le livre leur est directement adressé, et que le message délivré entre les lignes est : si vous voulez réellement regagner la confiance de vos concitoyens et agir pour la grandeur de ce pays, voici quelques conseils !

 Mais nous préférons penser que le message fondamental de l’auteur est :

Si vous voulez réellement agir pour la grandeur de ce pays, prenez le pouvoir !

Mais alors à qui s’adresse-t-il ?

D’abord aux jeunes, puisque l’auteur souhaite leur implication dans les élections législatives, en tant que candidats notamment. Ensuite à la société civile, car cette dernière constitue naturellement le contre-pouvoir. Pour l’auteur, la transformation de la culture politique dépend, fortement, de la qualité de la société civile : si cette dernière ne produit pas, par elle-même, les moyens et les outils d’une formation éclairée de l’opinion et un rehaussement du niveau du débat public, il ne faut pas s’attendre à ce que la culture politique devienne performative.

Enfin, pour nous, personnellement, ce message devrait concerner particulièrement les acteurs culturels. Car si, dans une société, la politique est la sphère décisionnelle, les décisions sont le résultat d’une combinaison de comportements, de croyances, de valeurs, d’outils et techniques qui, en réalité, sont le produit de la culture (éducation, arts, sports, sciences). La prise de pouvoir par les acteurs culturels renvoie à leur capacité à faire voir, par leurs œuvres, par leurs créations, par leurs activités, par leurs exploits, les chemins qui mènent à la grandeur et à l’épanouissement. Ils représentent la rupture avec l’idée selon laquelle, chez nous, la politique est la voie royale pour s’accomplir.  C’est pourquoi, in fine, nous faisons cœur avec l’auteur lorsqu’il indique ce qu’il y a de fondamental et nécessaire dans la révolution sociale :

 Il s’agit de promouvoir une philosophie d’engagement centrée non pas sur l’Etat et ce que nous devons attendre de lui, mais sur l’individu et sur son devoir de se construire et de s’élever par lui-même d’abord. Cette voie est la meilleure parce qu’elle n’est pas la voie de l’attentisme mais celle du travail. Elle est la seule à pouvoir renforcer durablement la paix, dans toute sa profondeur. Et aucune alternance politique, aucun coup d’Etat, aucune élection ne nous mènera à ce résultat sans les efforts que suppose la voie indiquée ici.

Pour connaitre et juger l’ensemble des propositions de l’auteur, nous vous invitons à les découvrir, vous-même, en lisant l’œuvre.

 Ah ! Pardonnez notre impolitesse.

L’auteur se nomme Théophane Nzame-Biyoghe, étudiant en droit à l’Université Africaine des Sciences, et son œuvre, Plaidoyer pour une révolution sociale au Gabon, est publiée aux éditions Edilivre. Vous pouvez la commander sur le site de l’éditeur en versions papier ou numérique :

https://www.edilivre.com/plaidoyer-pour-une-revolution-sociale-au-gabon-theophane-nzame-b.html/

 

Ecrit par MELVINE FAUSTER, étudiant en philosophie.

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GABON : LA CONQUÊTE DES CŒURS D’ALI BONGO SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/13/gabon-conquete-coeurs-dali-bongo-reseaux-sociaux/ http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/13/gabon-conquete-coeurs-dali-bongo-reseaux-sociaux/#comments Mon, 13 Aug 2018 15:06:19 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1709 La population du Gabon est en froid avec Ali Bongo depuis avant sa réélection contestée de 2016, et cela se voit sur les réseaux sociaux. Le Président vient d'adopter une nouvelle stratégie pour tenter de renouer le dialogue.

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C/P : Koaci.com

 

Depuis bientôt un an, la cellule de communication de la présidence de la République semble avoir redynamisé sa stratégie sur les réseaux sociaux, après l’élection contestée d’Ali Bongo en 2016. Cette redynamisation pour la conquête des cœurs des gabonais se traduit par plusieurs actions, ponctuelles ou pas, qui seront décrites ici.

Ali Bongo et son régime sont les sujets préférés des gabonais sur les réseaux sociaux. On parle de lui et de son régime partout et de toutes les manières possibles, sur Facebook, Twitter et WhatsApp. Chaque jour il y a quelque chose à reprocher à ce régime. Avec la démocratisation des smartphones et des réseaux, chaque gabonais connecté et insatisfait de ce régime n’hésite pas à poster une image qui contribuera à décrédibiliser le pouvoir d’Ali Bongo.

Depuis 2014, plusieurs activistes sont nés de cette élan de contestation pour participer à la « libération du pays du régime Bongo ». On peut citer entre autres Thibault Adjatys, Pierre Ntoum, Jonas Moulenda, Bung Pinz, Franck Joctane ou Marc Ona. Ces activistes ont tissé un réseau d’informateurs, centralisent l’information puis la traite et la publie sur leurs murs et ceux des pages et groupes dont ils sont administrateurs. Avec des communauté assez grandes (plus de 4500 fans par activiste), ils parviennent à répandre les informations contre le régime.  Il est important de savoir que ces éléments publiés sur les réseaux sociaux viennent très souvent de l’intérieur du pouvoir en place. Cela peut se vérifier avec la publication des notes de services, des documents confidences, des vidéos personnelles ou des correspondances administratives, par exemple. C’est dire combien ce réseau d’information est vaste, mais surtout très difficile à démanteler.

Au Gabon, les réseaux sociaux sont le meilleur moyen de protester contre le régime en place car toute action entreprise sur le terrain est soit interdite, soit fortement réprimandée par les forces de sécurité. Si les gabonais ont généralement peur d’aller sur le terrain, ceux présents dans l’administration fournissent en revanche des informations cruciales contre le régime. Depuis 2014, Ali Bongo essuie ainsi plusieurs publications qui contestent le bilan de son mandat, sa filiation avec Bongo, son élection en 2016 mais aussi d’autres qui ont pour objectif de l’humilier, souiller son nom à travers des visuels qui dégradent son image en tant qu’homme mais aussi en tant que Président de la République. Je me demande si un Président dans le monde avait déjà été victime d’une telle vindicte populaire sur les réseaux sociaux.

Après l’élection contestée de 2016, la tendance des publications négatives et acerbes sur Ali Bongo et son régime était toujours à la hausse. L’année 2017 n’a pas arrangé les choses : c’a probablement été le nouveau pic des publications de contestations du Président. Avec une image déjà écornée, le pouvoir a refusé de laisser les choses se poursuivre sans réagir.

Depuis peu, j’ai ainsi constaté un changement de ligne éditoriale dans leur présence en ligne. Il y a véritablement une redynamisation de la page Facebook  Twitter de la Présidence de la République, du Président de la République et de la première dame. Ils semblent souhaiter être plus proches des gabonais, grâce à des publications empreintes d’émotions positives et de patriotismes, de fierté nationale, d’engagement pour le développement du Gabon et la notoriété internationale.

Certaines structures telle ONE GABON ont pour objectif de répandreles actions posées par le Président et son gouvernement sous format vidéo, photo ou infographie sur les réseaux sociaux. ONE GABON a également pour objectif d’évangéliser les gabonais à propos des nouvelles mesures mises en place par le gouvernement. Cette évangélisation passe par la prise de parole des ministres, des techniciens, des bénéficiaires. C’est avec un contenu de qualité et diversifié que la présidence tente de reconquérir les coeurs des gabonais.


La conquête des cœurs ne se limite pas seulement à ces actions citées, elle s’étend jusqu’à donner la parole aux gabonais à travers un numéro de téléphone sur lequel ils peuvent appeler la présidence de la République et un numéro WhatsApp sur lequel tout gabonais pourra poser des questions au Président et recevoir toute l’actualité de la Présidence de la République. La parole que les gabonais souhaitent avoir pour dire ce qu’ils pensent, c’est celle-là que la présidence souhaite donner aux gabonais, notamment à l’occasion de la fête nationale du 17 Août prochain. En effet, la Présidence de la République propose de poser dès à présent sur sa page Facebook les questions auxquelles les gabonais souhaitent avoir des réponses du Président de la République. Celui-ci y répondra le 19 Août, en direct.


En plus de ces actions de prises de parole, la présidence a organisé des jeux comme ce quiz de 25 questions sur le Gabon. Il y a aussi le challenge #GabonFlagDay qui vise à mettre en avant le drapeau gabonais sur la page facebook et Twitter de la présidence.

Toutes ces actions n’ont qu’un seul but : redorer l’image écornée d’un président en froid avec la population. Il est toutefois important de préciser une chose aux conseillers en communication de la présidence : l’élément le plus important du message c’est la promesse. C’est sur la  promesse que toute la communication est bâtie. Si la promesse n’est pas tenue, toutes les communications qui seront faites après l’expérience client du produit ou du service seront vaines.

En ce qui concerne le Président de la République, sa promesse d’un Gabon émergant a échoué jusqu’à présent. La meilleure façon de faire serait de travailler et de faire de cette promesse une réalité.

 

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TOP 8 DES CHANSONS QUI DÉCRIVENT LA SOCIÉTÉ GABONAISE http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/09/top-8-chansons-decrivent-societe-gabonaise/ http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/09/top-8-chansons-decrivent-societe-gabonaise/#respond Thu, 09 Aug 2018 13:28:41 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1677   Depuis quelques jours une polémique fait le plein de commentaires sur les réseaux sociaux au sujet de l’impact de certaines chansons sur la jeunesse gabonaise.  Cette polémique est née suite à l’arrestation d’un certain KEMEKA, présumé assassin du jeune Roméo, qui est soit-disant cité dans la chanson « Goudronnier » de l’artiste DON’ZER.  Reconnaissons l’intérêt du...

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CP : YOUTUBE

Depuis quelques jours une polémique fait le plein de commentaires sur les réseaux sociaux au sujet de l’impact de certaines chansons sur la jeunesse gabonaise.  Cette polémique est née suite à l’arrestation d’un certain KEMEKA, présumé assassin du jeune Roméo, qui est soit-disant cité dans la chanson « Goudronnier » de l’artiste DON’ZER.  Reconnaissons l’intérêt du sujet surtout quand on sait que les artistes ont de l’influence sur leurs fans. Toutefois il y a un aspect de ces chansons qui n’est pas souvent bien compris par certains mélomanes.  En général au Gabon on voit beaucoup plus le verre à moitié vide qu’à moitié plein.  La musique comme tous les autres arts sont le miroir de la société, une société aux visages multiples décrient  selon la sensibilité de tel ou tel artiste. C’est afin de lever l’équivoque que je m’en vais  vous citer huit chansons qui décrivent certains pans de la société société gabonaise actuelle.

 

1)  MANI MATE LE NIEN  de l’artiste TEMPETE DU DÉSERT 

Pour ceux qui ne le savent pas, « MANI MATE LE NIEN » veut dire « Frangin regarde le flic ».  Au Gabon, travailler dans les forces de l’ordre et de sécurité devient le moyen le plus sûr d’avoir un emploi. Que tu aies un bac +4 ou être un (e) non diplômé (e), tu es au moins certain(es) qu’on peut t’embaucher et percevoir chaque fin de mois ton salaire pour nourrir ta petite famille ou toi-même. Cette réalité fait en sorte que plusieurs jeunes ne pouvant se faire valoir ailleurs, s’enrôlent par défaut dans les corps habillés. C’est l’embauche du désespoir quand il est choisi de cette façon. Il faut savoir que les agents des corps habillés semblent relativement bien traités par l’Etat car exemptés de certaines contraintes affligées aux autres fonctionnaires comme le récent recensement des agents de la fonctions publics ou la prochaine réduction des salaires. L’artiste Tempête du désert décrit parfaitement le statut qu’occupent les corps habillés dans la société gabonaise. Tout d’abord, ce sont des intouchables, ce sont les rois sur la route quand ils font les contrôles de police sur les voies urbaines, périurbaines ou sur la nationale N1. Ils se font du fric avec le racket exercé exclusivement sur les taximen, les transporteurs routiers de la nationale N1 ou ceux des matériaux de construction. Une fois le fric empoché, ce sont eux les premiers à jouer les riches dans les bars de quartiers. D’ailleurs on voit bien dans le clip de Tempête du désert, un personnage (Manitou) jouant le rôle du flic friqué, sort de l’argent de sa poche et le met dans la poche arrière du jeans d’une fille qui trépigne ses fesses devant lui. Personne ne peut les réprimander, ce sont eux qui représentent la loi c’est d’ailleurs pourquoi ils se permettent de tout. Une fois j’ai assisté à une scène surréaliste chez un revendeur agréé Airtel Money (Mobile Banking). Il était 19h quand j’ai vu un flic sortir plusieurs billets de 500Fcfa et 1000Fcfa empilés dans un sachet pour faire un dépôt sur son compte. Les gens autour étaient tout aussi étonnés que moi, ce qui ne fut pas le cas pour ce flic sans vergogne. Je tiens à préciser que tous les flics ne sont pas comme ceux décrit plus haut. Il y a par exemple des flics exemplaires comme ceux qui ont arrêté les assassins du jeune Roméo. Big up à vous et RIP au frère.

 

2) BABYLON de l’artiste SLR SOSSA

Les matitis ou Mapane de Libreville sont une vraie plaie pour la jeunesse gabonaise, c’est le creuset de la délinquance et de tous les vices qui sèment le malheur chaque jour à Libreville.  Vivre dans le ghetto, le mapane ou matiti c’est vivre à Babylon c’est souffrir pour s’en sortir. Vivre dans le mapane c’est côtoyer la drogue, le sexe, la violence, la faim, la déperdition scolaire, les grossesses précoces et j’en passe.  Au Gabon il y a des citoyens de seconde zone, des citoyens qui n’ont pas accès aux infrastructures de bases comme l’école, la santé la sécurité mais qui sont les premières victimes d’agression, d’inondation, d’exclusion et de manipulation politique. Les mapanes à Libreville sont le témoignage d’une société qui a échoué dans la construction d’un idéal commun si tant est qu’il en existe un.  Malgré les efforts que fournissent certains jeunes du Mapane, ils rencontrent toujours des difficultés car n’étant pas aidés, je voulais dire car étant oubliés par ceux qui sont censés s’occuper d’eux, réunir les conditions de leur épanouissement individuel.  Se sentant abandonnés à elle-même, la jeunesse gabonaise est devenue rebelle et insouciante.  On constate de plus en plus d’agressions, de viol, de braquage, de meurtre, d’escroquerie. Le pis c’est que ces actes de banditisme sont faits par des adolescents.  A une certaine époque c’était les aînés qui agressaient les populations. Aujourd’hui se sont les jeunes et moins jeunes qui le font. Dans le clip de SLR SOSSA, on voit bien au début du clip, des jeunes qui tentent de se débrouiller en rebouchant les nids de poule. Les recettes étant marginales, ces derniers décident de troquer leur uniforme de travail pour celui du braquage de leurs voisins. Une pratique qui est courante à Libreville. Une des choses que j’ai apprécié dans ce morceau c’est l’espoir qui en ressort lorsqu’il met en avant les enfants qui sont l’avenir de ce pays, l’avenir des quartiers de Libreville et du Gabon. Ces derniers y dansent avec frénésie au rythme de cet espoir qui leur permet de dormir la nuit après une longue et difficile journée en se disant que le lendemain sera meilleur que la veille.

 

3) JE BOIS LA REGAB de l’artiste MOX BABY

Sport national depuis de nombreuses années, la consommation d’alcool est un héritage que nous portons et assumons fièrement de génération à génération.  Toutes les occasions sont bonnes pour aller au maki, que ce soit lors d’un décès, anniversaire, baptême, mariage. A la pause au travail comme à la fin des cours au lycée ou à l’université, il y a toujours un moment que nous accordons à la consommation d’alcool. Le gabonais est un bon vivant, il ne souhaite qu’une chose : Vivre sa vie comme il l’entend avec ses proches. Difficilement vous trouverez un gabonais assis seul dans son coin en train de boire sa bière, il est souvent accompagné de ses amis ou sa famille. La bière nationale la REGAB, primée parmi les meilleures bières du monde en 2018, est le prophète d’une religion appelée communément le « DJOKA » qui signifie  » Boire ».  Au Gabon, le week-end commence lundi, dès ce jour les bars sont déjà remplis à partir de 17h voire même plus tôt. Boire les alcools devient un exutoire. La vie est tellement difficile pour tout le monde au point où certains sont obligés de l’oublier en buvant. Dans cette chanson, Mox Baby dit clairement que les jeunes cherchent 500fcfa chaque jour pour boire une REGAB. Comme quoi c’est la seule chose qui reste à faire pour passer le temps qui semble si long quand on est au chômage, dans des problèmes.  Boire la bière dans un maki est l’occasion d’aborder tous les sujets surtout le plus alléchant, la politique.  Il n’y a pas d’endroit à Libreville où vous ne trouverez pas un bar. Ils sont partout.  Avec le concours de la Mairie, Libreville est devenue un grand maki à ciel ouvert. On voit de tout dans un maki, c’est l’une des choses qui m’exhale personnellement car c’est le bon endroit pour observer mes compatriotes. En effet dans les bars on rencontre des fonctionnaires en costumes qui racontent à haute voix les dossiers chauds qu’ils ont traités pour se donner de l’importance auprès des marginaux qui l’accompagnent, les flics qui parlent de leur travail ou de leur problème de foyer, les élèves qui se saoulent devant les aînés et qui braqueront ces derniers à la fin de la soirée. On y rencontre aussi les chômeurs qui cogitent sur leur vie en se saoulant ou encore des filles qui cherchent celui ou ceux qui rentreront avec elles pour une seule nuit ou pour la vie.

 

4)  MON PAYS de l’artiste LOVA LOVA ANELKA

La vie au Gabon est très rythmée c’est pourquoi l’artiste Lova Lova Anelka vous invite à danser et à bouger au début de son morceau. En effet, il y a tellement de choses qui se passent dans ce pays et qui peuvent légitimement faire craquer plus d’un. Chaque jour à son cortège de nouvelles aussi folles les unes que les autres. Aujourd’hui il peut s’agir d’un crapuleux meurtre ou crime rituel, demain un détournement de plusieurs milliards de francs, après demain une fille qui s’est faite violée ou qui a avorté et jeté son nouveau-né, après demain des salaires qui vont être coupés et ainsi de suite. Véritablement pour le gabonais c’est « A chaque jour sa peine ». Plus le temps passe plus je constate qu’il y a des comportements sociaux dont tout le monde semble négliger. Par exemple chez les boutiquiers du quartier appelé « Malien », on vend la cigarette aux élèves filles comme garçons. Les bars servent de l’alcool aux élèves en tenue, les motels ouvrent leurs portes à tous les jeunes sans demander au préalable leurs pièces d’identité. Pourquoi avons-nous atteint ce niveau d’inconscience et d’insouciance ? Comment pouvons-nous accepter de détruire notre jeunesse ? Quelle société pouvons-nous construire si certains principes sont bafoués par tous sinon la majorité ? Je reste convaincu que le gabonais paiera de sa passivité, d’ailleurs il la paie déjà.  Regardez le niveau d’insécurité dans lequel nous vivons, il n’est plus possible de se balader la nuit à Libreville comme autrefois. Malgré la présence de la police dans certains carrefours, les victimes de braquage et de meurtre se multiplient. La psychose règne désormais, on évite dorénavant de mettre du temps dehors au risque de se voir dépouiller par une bande de jeunes affamés et drogués. Lova Lova Anelka aborde deux sujets qui me tiennent à cœur, la santé et l’éducation. Ce sont deux secteurs clés qui souffrent le plus dans ce pays. Mais où va-t-on ? Nous le saurons une fois dans le mur.

 

5)  BONOBO de l’artiste CREOL feat SHANE’L LA KINDA

La très controversée Creol avait provoqué une levée de bouclier lorsqu’elle a sorti son morceau dénommé « Bonobo ». Il faut savoir que les bonobos sont un genre de singes qui aiment particulièrement s’accoupler à tout moment et dans toutes les positions. C’est un moyen pour eux de se distraire, de régler les conflits dans le groupe, de resserrer les liens ou juste par simple envie. Je crois que cet exemple est parfait pour décrire la banalité qu’est devenu le sexe dans la société gabonaise. Les hommes comme les femmes sont actuellement dans une bulle sexuelle qui scandalise. Depuis quelques années, on enregistre une floraison de motels qui sortent de terre partout à Libreville. En semaine et surtout le week-end, ces lieux de plaisir sont bondés de monde. Une fois un ami qui y était allé me disait qu’il y a même eu une queue dans un des motels qu’il fréquentait, incroyable !  En tant qu’homme, j’ai remarqué que les filles ou femmes deviennent de plus en plus facile à sortir. Il suffit de peu de chose pour les avoir dans son lit. Est-ce qu’elle appelle émancipation ? La plupart du temps se sont des relations sans lendemain. Il y a eu un cas qui m’a particulièrement choqué durant cette année, c’est celui du jeune homme qui filmait ses ébats sexuels avec des filles puis leur faisait un chantage avec les vidéos qu’il avait d’elles. Cette histoire avait défrayé la chronique au point où la police judiciaire avait interpellé ce jeune homme. Les vidéos circulaient sur whatsapp et Facebook. Ce sont les réalités du Gabon que chacun des gabonais vit chaque jour.

 

6) BORDELLE, COLLECTIF PEOPLE

Voici le morceau qui a motivé la rédaction de ce billet. En écoutant les paroles, vous comprenez aisément il m’a inspiré car ce sont les réalités de nos quartiers. Je crois que la pauvreté que vivent les gabonais poussent certaines à faire des choses pour subvenir aux besoins de leurs familles ou d’elles-mêmes. Plusieurs filles sortent avec des détenteurs de prêt-à-porter pour avoir des vêtements, d’autres avec le boutiquier pour avoir de la nourriture. Certaines ne le font pas pour les raisons invoquées mais simplement par plaisir. On voit souvent dans les quartiers des filles qui sortent avec plusieurs garçons du même quartier sans que cela lui pose un problème ou une gêne. Ce sont des comportements qui n’honorent pas la femme. Je parle beaucoup des femmes parce que ce sont des êtres que je respecte et quand je constate ou remarque des comportements peu recommandables, je me sens obligé d’en parler afin de les interpeller. Une fois pendant que nous prenions un verre, ce morceau était en train de jouer quand une jeune fille se met à danser dessus et chanter. Je lui ai demandée si elle comprenait les paroles, elle répondit à l’affirmative mais rétorqua en disant que ces paroles ne la concernent pas. Sa réponse était juste mais je l’ai interpellée en lui disant qu’en tant que femme elle n’avait pas le droit de danser et chanter ce morceau, ce qu’elle fit. Une fois encore je remarque que les gabonais n’agissent pas souvent par solidarité ce qui en soi n’est pas une bonne chose si on veut que les choses évoluent.  Sincèrement ce morceau m’a perturbé et je vous invite à bien écouter les paroles.

 

7) GOUDRONNIER de l’artiste DON’ZER

Voilà un morceau qui aborde un sujet assez important, la violence et la drogue dans les quartiers de Libreville. Sachez que « Goudronnier » signifie toute personne qui se bat par tous les moyens légaux et illégaux pour  avoir de l’argent ou réussir. Pour certains ce morceau a eu une influence négative sur la jeunesse gabonaise , d’autres comme moi ne partagent pas cet avis.  On reproche à ce jeune artiste des paroles qui font l’apologie du banditisme de la violence et des drogues. Personnellement je pense que cet artiste ne parle que ce de ce qu’il vit dans son quartier, des réalités qu’il rencontre chaque jour avec les siens. Refuser d’accepter les réalités des autres c’est croire que la vie de tous les gabonais est la même. Il est parfaitement clair que la vie aux Akébé (quartiers populaires de Libreville) n’est pas la même que celle de kalikak (quartier résidentiel de Libreville). Il est évident que les histoires racontées dans chacun de ces deux quartiers ne seront pas les mêmes car les réalités ne le sont pas aussi. A Libreville, plusieurs quartiers se paupérisent créant ainsi les conditions nécessaires à la délinquance. J’avais abordé ce sujet dans l’un de mes billets consacrés à Libreville ( ICI )  . Parlons des Kobolo, cette drogue qui sévit chez les jeunes depuis  plus d’un an. Dans son morceau, DON’ZER dit clairement que les jeunes vivent de « ça ». Effectivement certains jeune vivent de la drogue et se droguent, c’est un fait. Plusieurs cas d’overdose ont été enregistrés dans les établissements scolaire suite à la consommation des kobolo.  En parlant des Kobolo dans son morceau, DON’ZER  révèle au grand jour une drogue qui sévit chez les jeunes.  Au sujet de Kemaka cité dans  « GOUDRONNIER », l’artiste confirme lors d’un Facebook Live qu’il ne s’agit pas du  pseudo du présumé assasin du jeune Roméo mais plutôt le nom d’une drogue très appréciée par les jeunes. De plus il précise  d’autre part dans ce facebook Live que Kemaka est un ami d’enfance et qu’il n’encourage pas l’acte horrible qu’il a  supposé commis.  Je crois qu’il ne faut pas faire un faux procès à ce jeune artiste, les vrais coupables sont ailleurs, si chacun faisait bien son travail nous n’en serions pas là. L’artiste ne fait que peindre les réalités de la société tout en vous divertissant, il y a des messages qu’il y véhicule pour interpeller les autorités, les concitoyens etc. A chacun de jouer sa part pour que les choses avancent.

 

8) TCHIZABENGUE de l’artiste SHANE’L LA KINDA

.C’est le buzz du moment au Gabon, les Tchiza sont sorties de l’ombre dès la sortie de ce morceau et ont d’ailleurs créé une polémique autour de ce concept. Ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, en effet une Tchiza est une maîtresse. C’est une femme qui sort avec les hommes mariés ou en couple et s’enorgueillit en chambrant sa rivale, la femme au foyer. Au Gabon, la plupart des hommes ont des Tchiza qu’ils entretiennent. C’est une pratique tellement courante qu’elle devient banale, ne surprend plus personne, le principe est validé et accepté par tous. Le statut de maîtresse leur confère plusieurs avantages, argent, voyages, entretien, sortie de nuit etc. J’avais longuement abordé ce sujet dans un article dédié à cette pratique  ( CLIQUEZ ICI ) Parmi les personnes qui ont pris la parole pour défendre les Tchiza, il y a ce jeune homosexuel qui parlait en tant que Tchiza, c’était ma foi surréaliste. A part Lanlaire depuis l’Europe qui se le revendique, ce jeune homme résident au Gabon a provoqué une pléthore de commentaires dénonçant son homosexualité qu’il assume bel et bien d’ailleurs. Ce que j’ai compris de son intervention c’est que les Tchiza des hommes mariés peuvent être des femmes comme des hommes. Une fois encore SHANE’L a marqué le pas en abordant avec habilité des situations que beaucoup de femmes vivent ce qui est d’ailleurs l’une des raisons du succès de ce morceau.

 

 

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CE QUE LES GABONAIS PENSENT DE LA TÉLÉ-RÉALITÉ DE L’ARTISTE CREOL http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/06/gabonais-pensent-de-tele-realite-de-lartiste-creol/ http://espritafricain.mondoblog.org/2018/08/06/gabonais-pensent-de-tele-realite-de-lartiste-creol/#comments Mon, 06 Aug 2018 13:08:15 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1665   Fille de MackJoss, célèbre chanteur gabonais, Créol s’est fait connaître à travers son titre sulfureux dénommé  » Bonobo  » en featuring avec Shane’l la Kinda. Plusieurs mois après la sortie de son deuxième titre, « V.I.P » , qui était tout aussi provoquant que le premier, Créol annoncait dans une vidéo sur sa page Facebook, la...

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L’artiste Creol dans le titre VIP

Fille de MackJoss, célèbre chanteur gabonais, Créol s’est fait connaître à travers son titre sulfureux dénommé  » Bonobo  » en featuring avec Shane’l la Kinda. Plusieurs mois après la sortie de son deuxième titre, « V.I.P » , qui était tout aussi provoquant que le premier, Créol annoncait dans une vidéo sur sa page Facebook, la fin de son partenariat avec la maison de production Direct Prod, pour se lancer dans une autre aventure notamment sa télé-réalité baptisée My Fantastik Life qui sera diffusée sur Gabon Télévision. Cette annonce a divisé les gabonais, certains sont contre d’autres sont au contraire très enthousiastes. Tour d’horizon des différentes positions.

Avant de décortiquer tout ce qui se dit autour de cette télé-réalité qui se nomme « My FantastiK Life », je crois qu’il est plus que nécessaire de définir ce qu’est une télé-réalité afin de mettre tout le monde d’accord sur le sens des mots.  Il faut savoir qu’une  » télé-réalité est un genre télévisuel dont le principe est de suivre, par épisode, la vie quotidienne de personnes anonymes ou de célébrités. Des individus ordinaires vivent artificiellement des situations plus ou moins ordinaires. La forme des émissions de télé-réalité peut s’inspirer du documentaire, du jeu, de la variété ou de la fiction. » Nous comprenons dès lors que tout le monde peut partager chaque jour sa vie ou son imaginaire sous format vidéo  et le diffuser à la télé ou sur  internet . D’ailleurs beaucoup le font chaque jour sur facebook ou instagram sous forme de texte ou photos d’eux dans les différents endroits fréquentés durant la journée.

 

LA TÉLÉ-RÉALITÉ, UNE NOUVEAUTÉ AU GABON !

Plusieurs internautes  font implicitement le rapport entre la télé-réalité des Kardashian avec celle de Creol .  Cette façon de voir le projet de Créol nous replonge dans les problématiques africaines que j’aborde régulièrement sur ce blog. Les africains sont plus enclin à consommer étranger au lieu de consommer ce qui est produit en local. Comparaison n’est pas raison, il n’est pas dit que Creol doit absolument avoir la fortune des Kardashian ou être riche pour  faire une télé-réalité. La définition plus haut est on ne peut plus claire. La télé réalité  de Creol est basée sur une seule chose : Sa vie.  Cela passe par ses enregistrements en studio, ses soirées arrosée, ses ami(es),  ses tournages, ses folies  etc.. En somme tout ce qu’elle fait durant ses journées.  Il est tout à fait clair que la nouveauté effraie le gabonais, il est habitué à sa routine et se dit que si une personne fait différent alors elle est folle ou encore doit revoir à la baisse ses ambitions car ne pouvant réussir Au Gabon.  Cette vidéo qui suit témoigne parfaitement de l’état d’esprit « routinier » des gabonais qui croient  toujours que l’herbe est toujours plus verte ailleurs.

 

QUELLE IMAGE RENVOI CREOL ?

Creol est une artiste clivante.  Elle créé presque toujours la polémique à chaque fois qu’elle fait une sortie médiatique. Selon mon observation, je trouve que c’est une artiste qui s’inspire beaucoup de la logique  de certaines artistes américaines  telles que Lil Kim , Lady Gaga, Nicki Minaj et Camerounaises comme Lady Ponce et Mani Bella. Ce sont des artistes  extraverties, qui  mettent en avant leurs formes physiques et choquent par leurs textes qui parlent implicitement et parfois explicitement de sexe. Ce parti pris artistique de Creol bouleverse une partie de la population qui la juge trop vulgaire.

Certains trouvent qu’elle participera à la débauche de la junte féminine gabonaise qui est déjà reprochée de plusieurs comportements tels que la consommation d’alcool, les relations sexuelles précoces, la prostitution ou l’infidélité.  Comme cette publication d’une gabonaise sur un groupe public sur facebook. Les commentaires sont allés dans tous les sens, certains étaient d’accord avec ses propos d’autres pas. D’ailleurs une Mackaya est intervenue pour dire que ce profile était faux et semblait connaitre la véritable personne derrière cette publication. Dans une autre publication, un autre facebookeur fait carrément une publication disant que « Creol vous rendra pute ». Avec ces publications, on comprends clairement que certains ont des positions tranchées sur cette artiste.

Publication de Kiara akends sur Infos de Nzeng Ayong du 02 Aout 2018

D’autres pensent que c’est par jalousie que plusieurs détracteurs dénoncent sa télé-réalité et le contenu de ses chansons.  Sur Facebook, un facebookeur demande à Booba de frapper Creol comme il l’a supposément fait à Kaaris.

 

Sur Twitter un jeune gabonais pense que celles qui critiquent les morceaux de Creol font 10 fois plus dans les chambres des motels. Histoire de de dire que Creol ne fait que mettre à nu ce que font plusieurs gabonaises.

Elles critiquent la nouvelle vidéo de #creol alors qu’elles font 10 fois pire dans les chambres des garçons…
Pardon #Libéreznouslaligne ! #Gabon #241 pic.twitter.com/xOL0ki0orq


 

MDR vous attendez quoi d’un pays ou les gens trouvent #Lanlaire génial, lisent que les conseils de ministres et écoutent du #Creol

 

Une partie de la controverse autour de sa télé-réalité  repose essentiellement sur son image. Pour beaucoup, elle symbolise la vulgarité  mais aussi la liberté de faire de sa vie ce que l’on veut.  « Les shérifs de la moral » au Gabon se demandent si le message subliminal de sa télé-réalité sera t-il de valoriser la femme gabonaise ou l’inverse.

Pour finir, je pense sincèrement que Creol est clivante c’est d’ailleurs cela qui la caractérise. Elle s’est positionnée dans ce style pour vendre son image. Je trouve qu’il est très encourageant de voir des jeunes oser dans un domaine comme la télé-réalité qui est encore inexpérimenté au Gabon. Le contenu quant à lui pose problème. Certains n’ont même pas encore regarder l’émission que déjà ils en tirent les conclusions hâtives à cause de l’image que semble renvoyer Creol. Soyons raison gardé pour l’instant.

A FAIRE A SUIVRE.

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MON PEUPLE PERIT FAUTE D’EDUCATION http://espritafricain.mondoblog.org/2017/03/10/peuple-perit-faute-deducation/ http://espritafricain.mondoblog.org/2017/03/10/peuple-perit-faute-deducation/#respond Fri, 10 Mar 2017 18:57:50 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1648   Sommes-nous conscients du malheur qui attend la future génération qui devra diriger le Gabon ? Sommes-nous conscients du péril en gestation de toute une culture ? Sommes-nous conscients de l’héritage historique qui nous ait légué ? Sommes-nous conscients des responsabilités qui incombent à l’Etat et à chacun d’entre nous sur l’éducation de nos enfants...

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Eleves de franceville en grève pour réclamer la reprise des cours. Mars 2017.CF:Facebook

Sommes-nous conscients du malheur qui attend la future génération qui devra diriger le Gabon ? Sommes-nous conscients du péril en gestation de toute une culture ? Sommes-nous conscients de l’héritage historique qui nous ait légué ? Sommes-nous conscients des responsabilités qui incombent à l’Etat et à chacun d’entre nous sur l’éducation de nos enfants ? Tels sont les questionnements qui nourrissent mon quotidien suite à mes observations.

De mon point de vue, toutes les difficultés économiques sociales culturelles et politiques actuelles, résident fatalement dans la faiblesse (C’est un euphémisme) de notre système éducatif. Sans ambages je le dis, le système éducatif gabonais est un échec cuisant qui en réalité devrait servir dans les universités et grandes écoles comme étant le parfait modèle à ne point suivre.

Pourquoi le dis-je ? Et bien parce qu’actuellement nous en payons les frais. Il suffit de regarder comment fonctionne la société gabonaise pour mesurer le niveau d’échec d’un système éducatif avilissant et dénaturant. Le mal est profond, il gangrène toute une génération en danger de mort intellectuel culturel et morale qui tente désespérément par tous les moyens de sauver le peu de dignité et d’espoir qui lui reste.
Il est des moments où je me demande à quoi sert véritablement la devise nationale : « UNION-TRAVAIL-JUSTICE ». Ces trois valeurs fondatrices de notre République sont royalement bafouées et mises aux calendres de l’histoire. Ce serait peut de dire qu’aucune de ces valeurs n’est une réalité palpable au Gabon. Pire, qu’elle soit présente dans la conscience des gabonais.

Il est écrit que les valeurs d’une République sont enseignées ou transmises à l’école de la République c’est-à-dire l’école publique. Si cette dernière est malade dans le fond et dans la forme, alors on peut aisément comprendre la cause de toutes nos difficultés actuelles. Une bonne éducation facilite la vie en société, le partage des mêmes valeurs, l’acceptation de l’autre dans sa différence, le sens du devoir et de la justice, le sens de la responsabilité et du travail, l’attachement à sa culture et à son héritage historique. Si l’école de la République est dénuée de tout cela, tôt ou tard notre société ne connaitra que ruines cendres et larmes.
Si l’Unité est la première valeur de notre République c’est parce qu’elle a une importance capitale, c’est la pierre angulaire de notre République. C’est le socle sur lequel doit être bâti la nation gabonaise compte tenu de sa diversité ethnique. Que de larmes chaudes de désolation quand on constate qu’elle est devenue une vue de l’esprit, un vain mot inscrit dans la constitution.

A quoi sert-il d’avoir une devise nationale si elle n’a d’utilité que de nom ? Pourquoi scander haut et fort que nous sommes une République quand on ne respecte pas ses principes cardinaux ? L’éducation garantit la pérennité d’une République à travers la diffusion et la compréhension de ses valeurs. Au Gabon nous en sommes bien loin.

Commençons par la base. Regardez nos familles, le socle de toutes sociétés humaines. C’est de là que part l’éducation de base d’un enfant. D’après mes observations, les familles gabonaises connaissent la désunion, les membres font du politiquement correct pour éviter d’éclater le reste d’unité encore existante.
Etant le plus nanti de la famille, le benjamin en devient l’aîné. Quelle absurdité ! Sans lui aucune décision importante ne peut être prise. L’argent qui devait servir à élever et solidifier socialement les membres d’une famille, devient le moyen de les écraser. La jalousie s’est immiscée sournoisement dans les rapports familiaux pour une affaire de baccalauréat, de travail ou pis de femme. Nous sommes tombés très bas pour des futilités et la vanité. Conséquences : Tout s’effrite autour de nous, les murs qui clôturaient nos familles se lézardent au fil des années sans qu’aucune réparation ne soit faite ni envisagée.

Plusieurs familles gabonaises ont échoué dans le maintien et l’inculcation de l’unité. Cet échec n’est pas à imputer à l’Etat ni à la République mais plutôt aux membres de nos familles respectives qui sont solidairement responsables de cet état de fait. Toutefois si la famille échoue dans son devoir, l’école de la République ne peut échouer dans ses responsabilités au risque de condamner toute une jeunesse. Malheureusement nous en sommes là. L’école de la République faillit par incompétence et / ou par manque de vision à ses devoirs régaliens. La jeunesse se retrouve ainsi coincer entre une famille en perdition et une école de la République irresponsable.

Que peut-on espérer d’une jeunesse traumatisée par ceux qui sont censés les protéger et les éduquer ? Comment espérer le meilleur alors qu’elle vit le pire ? Regardez dans nos écoles primaires, dans les collèges et lycées, les enfants sont contraints à s’adonner aux vices pour évacuer inconsciemment le traumatisme qu’ils subissent. Le constat est amer : Les grossesses précoces sont courantes, Le niveau scolaire est très bas c’est pourquoi le taux d’échec et de redoublement sont parmi les plus élevés du continent africain. La cupidité et « l’argent facile » sont légion, La déperdition scolaire atteint des niveaux inquiétants, le sexe l’alcool et les drogues sont désormais sans tabou.

En dépit de ce constat ahurissant voire alarmant, nous continuons d’être divisés au lieu d’être unis autour d’un idéal que nous rêvons pourtant tous. On se craint, on se méfie toujours de l’autre, on le soupçonne de sorcellerie, d’avoir le « mauvais cœur ». Que des préjugés. Je reste convaincu que seule l’absence d’une bonne éducation donne naissance à de telle considération.

Nous semblons être incapables de comprendre que c’est ensemble que nous serons prospères et unis et c’est aussi ensemble que nous serons pauvres et désunis.

La division de la société gabonaise n’est que le reflet de la division dans nos familles amplifiée par les divisions politiques et disparités économiques qui perdurent depuis de longues années. Quelle société sommes-nous devenues ? Une société hybride, perdue entre mondialisation et tradition. Une société qui perd ou vend son âme pour ressembler à une autre qu’elle ne connaît point. C’est ce que l’on appelle une société complexée.
Le relèvement de notre pays, de notre société passera indubitablement par la prise en considération au plus haut niveau de l’éducation de nos enfants.

Toutes les formules politiques aussi belles soient-elles nous pourront pas faire décoller le Gabon si l’école de République n’est pas remise au centre de toutes les stratégies.
C’est un appel de cœur que je lance à l’endroit de chacun d’entre vous et à l’Etat gabonais car l’heure est grave, nous ne pouvons pas rester insensibles face à ce génocide intellectuel, culturel et moral car il s’agit de l’avenir de ce pays que nous chérissons tant.

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GABON : L’alternance politique peut-elle encore venir des urnes ? http://espritafricain.mondoblog.org/2016/09/27/gabon-lalternance-politique-venir-urnes/ http://espritafricain.mondoblog.org/2016/09/27/gabon-lalternance-politique-venir-urnes/#comments Tue, 27 Sep 2016 16:09:05 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1630 La réélection d’Ali Bongo avec 50,66% contre 47,24% pour Jean Ping, pose une question fondamentale sur l’alternance démocratique au Gabon. Après la validation par la Cour Constitutionnelle, on ne peut que se demander si un jour les urnes donneront raison au changement. À l’annonce de la victoire d’Ali Bongo par son ministre de l’intérieur le...

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Beninmondeinfo.com

Citoyen qui vote

La réélection d’Ali Bongo avec 50,66% contre 47,24% pour Jean Ping, pose une question fondamentale sur l’alternance démocratique au Gabon. Après la validation par la Cour Constitutionnelle, on ne peut que se demander si un jour les urnes donneront raison au changement.


À l’annonce de la victoire d’Ali Bongo par son ministre de l’intérieur le 31 août, les partisans de l’opposition ont simultanément pris d’assaut Libreville et les autres villes du pays pour dénoncer l’énième tripatouillage orchestré par la dynastie Bongo, afin de conserver le pouvoir et leurs multiples avantages.

Au lendemain des émeutes il n’y avait plus que ruines, cendres et larmes dans le pays car la veille plusieurs édifices et commerces de la capitale gabonaise, et à l’intérieur du pays avaient essuyé la colère du peuple gabonais qui réclamait la proclamation des vrais résultats et dénonçait haut et fort le kidnapping de tout un pays par un clan avide de pouvoir pendant que le peuple meurt de faim, de soif et de liberté.

Les gabonais sans conteste étaient plus que jamais nombreux le 27 août 2016 dans les urnes pour voter, la dernière fois qu’ils étaient aussi nombreux c’était en 1993. Cette hausse du nombre de votant traduisait clairement une volonté manifeste de changer de régime et de sanctionner un pouvoir autocratique, vicieux, entasseur et nuisible pour la prospérité et l’unité du Gabon.

Comme nous y sommes habitués, la Cour Constitutionnelle a naturellement validé « une fois encore, une fois de plus, une fois de trop » la victoire du PDG en réévaluant à la hausse les résultats de son candidat. Aucun gabonais n’était surpris par cette décision qui ma foi ne pouvait être que celle-là.

De ce constat on se demande si en l’état actuel des choses, avec des institutions qui semblent être à la solde du pouvoir, les opposants pourront encore compter sur les résultats des urnes pour accéder à l’alternance politique au Gabon ? That is the real question.

Quel avenir pour l’opposition ? 

En effet depuis 1993, les différents opposants et leurs partisans qui se sont érigés contre l’ogre PDG, ont toujours perdu à la suite des élections contestées. Pourront-ils cette année, accepter encore que leur victoire soit volée par ce régime ? Si non, que feront-ils ? Quelles actions mèneront-ils ? Iront-ils jusqu’au choix des armes pour accéder au pouvoir, étant donné que tous les moyens démocratiques semblent avoir été épuisés ?

Actuellement à Libreville, dans les bars, au bureau, à la maison, ces questions animent nos conversations et suscitent des interrogations mais également de la peur car l’avenir semble incertain pour nous. Hier encore un jeune me disait : « Grand, je te dis que j’ai la haine dans le cœur. J’ai envie de craquer quand je pense que Ali va encore faire sept ans là ». En regardant ses yeux, j’ai clairement vu de la haine mais surtout du désespoir.

Une réalité frappe clairement aux yeux depuis l’annonce de la victoire d’Ali Bongo : les gabonais sont divisés entre ceux qui soutiennent le régime, et ceux qui veulent l’alternance politique. Une colère prend racine dans les rapports entre gabonais et celle-ci va également se rabattre chez les étrangers.

Les partisans de l’opposition, qualifiés de frustrés, ne comprennent pas comment on peut soutenir un régime familial et cinquantenaire qui ne travaille pas. Les partisans du pouvoir, qualifiés de mercenaires de la démocratie et d’opportunistes, ne comprennent pas comment on peut soutenir des anciens du PDG qui aujourd’hui se disent opposants.
C’est un débat sans fin et dont le rapport de force est à l’avantage des partisans du PDG qui usent de tous les moyens pour noyer le point de vue adverse suscitant ainsi la colère et la haine qui germent petit à petit au sein de la société.

Je suis intimement convaincu qu’une véritable réflexion dans un cadre qui intègre toutes les forces vives de la nation est de rigueur pour discuter, échanger sur le Gabon. Un vrai débat pour de vraies réformes doit avoir lieu si on veut préserver l’unité nationale.
Nous ne pouvons plus continuer ainsi car nous allons droit dans le mur. Nos gouvernants refusent jusqu’à présent de voir le mal-être et la haine qui grandit au sein du peuple.

Comment peut-on prétendre construire une nation et espérer le développement du pays quand une grande partie du peuple n’a que défiance et n’a point confiance en des institutions jugées à la solde du pouvoir ? Vrai ou faux les faits sont là, nos institutions ne sont pas dans le cœur des gabonais.

Stratégie politicienne

La main tendue d’Ali Bongo, qui invite les opposants à travailler avec lui pour construire le Gabon n’est qu’une stratégie politicienne qui vise à laver l’image d’un régime qui a la sulfureuse réputation d’être autocratique. A mon avis, seuls les opposants pro-Ali rentreront dans ce gouvernement dit d’ouverture, les radicaux s’abstiendront au regard de la dernière déclaration de PING dans laquelle il disait ne pas abandonner le combat.

Cette invite à intégrer le gouvernement ne doit pas être une énième occasion de phagocyter les idéaux des opposants au profit de ceux du régime car nous savons tous qu’une fois entrés au gouvernement, les opposants ne feront qu’appliquer la politique du président sans avoir de marge de manœuvre. Fort de cette expérience prouvée, doit-on croire en cette main tendue ? J’en doute fort, malheureusement.

Je pense que la réforme totale de nos institutions, la révision de la constitution, la refonte profonde du code électoral, de la CENAP, et le renforcement des libertés doivent être au cœur des préoccupations du président. Nul besoin d’avoir cette perverse idée qui leur commande de ne faire que des réformes qui favorisent la conservation du pouvoir comme nous l’avons vu dans le passé.

Aujourd’hui plus que jamais le défi est grand sinon vital car il en va de la stabilité et l’unité du pays. Le président Ali a plus que jamais l’occasion de laver son image en initiant une conférence nationale souveraine pour qu’ensemble les gabonais parlent de leur problème commun.
Je suis toujours convaincu que la démocratie est le moins mauvais des systèmes politiques, car donnant la possibilité au peuple de choisir ses dirigeants. À partir du moment où ce pouvoir est sabordé par un régime, cela laisse court et ouvre un boulevard aux moyens non démocratiques pour accéder au pouvoir.

Le Gabon ne sera pas ad vitam aeternam dirigé par le PDG, les pédégistes le savent, c’est pourquoi ceux-ci feraient mieux de mettre les bases d’une véritable démocratie pour garantir l’avenir du pays et son unité. Le désespoir et la colère sont les pires sentiments qu’un peuple peut avoir car ils ont pour seule finalité la révolution, la guerre ou l’insurrection.

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Ils veulent changer le Gabon, mais pas sous le même prisme. http://espritafricain.mondoblog.org/2016/08/16/veulent-changer-gabon-meme-prisme/ http://espritafricain.mondoblog.org/2016/08/16/veulent-changer-gabon-meme-prisme/#comments Tue, 16 Aug 2016 10:39:32 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1619 Quand Jean Ping dit « le Gabon doit changer », Ali Bongo rétorque « Changeons ensemble ». Le ton est donné : pour ces deux candidats à la présidentielle d’aout 2016, le changement du Gabon est au cœur de leurs propositions. Mais s’ils font tous les deux allusions au changement, de quel changement parlent-ils ?...

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Jean Ping (à gauche) Ali bongo (à droite)

Quand Jean Ping dit « le Gabon doit changer », Ali Bongo rétorque « Changeons ensemble ». Le ton est donné : pour ces deux candidats à la présidentielle d’aout 2016, le changement du Gabon est au cœur de leurs propositions. Mais s’ils font tous les deux allusions au changement, de quel changement parlent-ils ?

Le changement selon Ali Bongo
Pour Ali Bongo, le changement consiste à s’élever au principe du mérite, qui garantirait le développement du Gabon. Et pour y arriver, il propose d’aller en guerre contre « le système de privilèges », qui ampute le Gabon de la force de ses valeureux et talentueux citoyens. Sa stratégie de guerre est le nivellement de la société : l’institution de l’égalité des chances. Nivellement vers le haut. Il s’agit de mettre en place un système qui donne à tous les mêmes chances de réussite.
Ainsi, c’est le talent et le travail qui feront la différence. En clair, pour parvenir au changement, tant souhaité par les Gabonais, Ali Bongo propose une réforme sociale : l’égalité des chances. Et là, on sent le doux parfum de De la démocratie en Amérique d’Alexis de Tocqueville : quand, dans une société, le sentiment d’égalité gagne du terrain, la démocratie en gagne aussi.

Le changement selon Jean Ping
Jean Ping, lui, ses propos laissent aussi entendre « trop c’est trop avec le système de privilèges ». Lui aussi, il dit vouloir prendre l’armure de combat pour tuer ce système. Comment ? En faisant de la maçonnerie : il propose de rebâtir la base du Gabon, condition sin ne qua non pour atteindre les hauteurs du développement. Il veut revoir les fondements des institutions qui structurent l’ordre social pour qu’elles deviennent lisibles, claires, cohérentes et adaptées aux défis actuels, nationaux et internationaux. On croirait presqu’entendre Platon, bien que ce dernier était contre la démocratie.
De même que Platon avait constaté la décadence des institutions politiques athéniennes, Jean Ping dit constater la décadence des institutions politiques gabonaises et veut y remédier. En clair, Jean Ping propose une refonte étatique.

Changement tcha tcha seulement chanté ?
Sur le papier les programmes sont alléchants. On pourrait même dire…succulents. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Un enseignant de philo politique, dont j’ai oublié le nom disait que le discours politique consiste à « faire des promesses, puis expliquer pourquoi elles n’ont pas été tenues. », car, au fond, entre la bonne volonté des promesses et la réalité du terrain, il y a un fossé.
Et là, j’entends déjà certains dire « Ali, quand il dit, il fait », et d’autres s’époumonés : « Ping, un homme de parole ». Ouais…Hum… Ok d’accord ! Passons, oublions l’esprit partisan. Dans « L’avenir en confiance », page 15, le candidat Ali Bongo disait : « Le programme que je vous propose sera constamment suivi, pour veiller à sa bonne mise en œuvre. Une évaluation systématique des performances atteintes sera effectuée, afin d’apporter si besoin, les correctifs nécessaires. ».
Personnellement, je ne sais pas si cela a été fait, communiqué, partagé avec l’ensemble des Gabonais. Il faudra revenir là-dessus. C’est important. Quel que soit celui qui sera élu, cette « évaluation systématique des performances atteintes » doit être faite. Les décisions et propositions du président doivent être discutées, débattues publiquement, rationnellement.
C’est aussi cela le changement du Gabon : l’aménagement d’un espace public, l’institution du débat public, qui permet non seulement la communication efficace de l’action présidentielle et gouvernementale, mais aussi son contrôle systématique. Et cela pourrait simplement commencer avec un débat public entre les candidats à la présidentielle d’aout 2016.

Melvine Hella Fausther

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De haut en bas et de gauche vers la droite: Casimir Oye Mba; Guy Nzouba Ndama; Jean Ping; Ndong Sima. C/P: Barack Nyare Mba

Ne feignons pas de l’ignorer, nous partageons un point avec certains de nos frères et compatriotes qui soutiennent le pouvoir en place, celui de juger et défendre les politiciens sur leurs actions et leurs projets politiques pour le Gabon.

Sur quelle base juger?

En ce qui concerne les partisans du pouvoir, ils considèrent que le Président Ali Bongo a toutes les chances de gagner parce qu’il a construit les CHU de Libreville Owendo et Angondjé, la CNAMGS, le projet GRAINE, le pont de la Mbanio, les 1500 Km de route, les 800 et quelques logements. Lire l’article ici

Je pense que nous ne pouvons pas jeter toute l’eau du bain avec le bébé, il est plus que raisonnable dans un contexte économique difficile de garder une petite portion de cette eau pour rincer la bassine après avoir jeté le plus loin possible ledit bébé.

En somme nous devons reconnaître ce qui est fait fut-il marginale. La question que nous devons nous poser est de savoir si cette marginalité suffit-elle pour réélire un président qui n’a pas réalisé la moitié de son projet nommé « l’Avenir en confiance » ?

La réponse est oui pour les défenseurs du régime qui se défendent souvent en disant : «  Il n’est pas possible de réaliser le projet l’avenir en confiance en sept ans ». Pourquoi alors avoir fait un programme sur 14 ans sachant qu’un mandat ne dure que sept ans ? Seules des ambitions « dictatoriales » permettent ce zèle.

Comment peut-on espérer un Gabon prospère et véritablement démocratique si nous accordons à chaque élection une énième chance aux élus qui ne réalisent pas leur programme ? Comme la majorité des gabonais je dis NON, le salut du Gabon viendra que par la rupture, par la culture de  la sanction. C’est seulement de cette façon que nous connaîtrons l’émergence d’un nouveau Gabon.

Les gabonais devront juger non pas les actions posées mais le rapport entre les actions posées et le programme qui leur a été proposée sept ans plus tôt. Seul ce procédé devrait guider le choix de tout un chacun en dépit de notre bord politique. Pour ce mandat le résultat n’est pas satisfaisant donc passible à un non renouvellement.

Quid de l’opposition ?

Les nouveaux leaders de l’opposition fussent-ils des anciens du PDG donnent aux gabonais une alternative pour l’avenir du pays. Les partisans  du régime en place leur  reprochent  de s’être enrichis pendant qu’ils étaient au pouvoir, que dire alors de ceux qui y sont actuellement ? Ils sont accusés d’avoir des liens familiaux avec le pouvoir en place, ces liens sont ils nés après leur démission ? Reste à savoir.

L’histoire contemporaine de l’Afrique nous apprend que le Président actuel du Burkina-Faso, M. Roch Kaboré fut le président de l’Assemblée Nationale dudit pays sous Compaoré. Le Président Macky Sall  fut Premier Ministre et Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal sous Abdoulaye Wade. Le Président Tunisien Béji Caid Essebsi fut lui aussi président de la chambre des Députés sous Ben Ali.

Aussi comptables que les membres du pouvoir qu’ils ont combattu, ces présidents africains ont toutefois reçu le quitus du peuple pour les diriger.

Fort de ces exemples, je ne comprends pas pourquoi les pro-PDG font croire aux gabonais que seule une génération spontanée d’opposants est légitime pour contester le pouvoir en place. Je trouve cet argument bancal car en effet les démissionnaires du PDG sont gabonais et bien placés pour contester le régime car ont été au cœur du problème donc capables de trouver des solutions adaptées.

Cette campagne de discrimination témoigne du poids politique que représentent ces hommes et femmes. Ne dit-on pas qu’on ne jette pas une pierre à un arbre qui ne porte pas de fruit ?

Le mal de ce régime est qu’il est aveuglé et trop fier de son passé de parti de masse, implanté dans toutes les provinces du pays et vieux d’une cinquantaine d’années pour ne pas constater les mutations qui s’opèrent sous ses yeux. Les Gabonais, notamment la jeunesse qui représente près de 60% de la population veut prendre de l’air, un nouveau souffle, connaitre un nouveau régime.

Si ces anciens pédégistes ont du succès  auprès  des populations c’est tout simplement parce qu’ils ont su dire NON. Ils ont osé faire la rupture. Pour le commun des gabonais cet acte seul suffit pour accorder  à ces derniers leur confiance. Ils se sont désolidarisés pour être du coté du peuple.

Qui pourrait dire que la démission de Guy Nzouba Ndama est marginale ? Que celles de PING, de Ndémezo’o et autres en sont autant ? Pas grand monde sauf ceux qui ne comptent pas sur le peuple pour remporter les élections.

Je pense que cette fois le PDG a en face de lui des opposants qui le connaissent parfaitement et qui savent comment contourner les pièges afin de vaincre la bête qu’elle est. Ils ont toutes les cartes pour convaincre les gabonais, pour proposer une autre façon de faire, ce qui est en soit légitime et nécessaire au vu des résultats.

Cette élection est différente des autres, elle est une porte ouverte au changement, à l’alternance politique, reste maintenant à faire le travail de convaincre le maximum pour l’avènement d’un changement de régime au Gabon.

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Si j’étais une femme… http://espritafricain.mondoblog.org/2016/06/02/si-jetais-une-femme/ http://espritafricain.mondoblog.org/2016/06/02/si-jetais-une-femme/#comments Thu, 02 Jun 2016 17:39:42 +0000 http://espritafricain.mondoblog.org/?p=1596 Après avoir lu l’article de la blogueuse Mireille Flore Chandeup dans lequel elle imagine ce qu’elle aurait fait si elle était un homme, une voix de la déesse Héra murmura à mon oreille me disant qu’il serait intéressant et instructif pour la gente féminine de m’imaginer le temps d’un article être une femme et dire...

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Stephie Germanotta, une amie blogueuse gabonaise. C/P:Facebook.com/Stephie.germanotta

Après avoir lu l’article de la blogueuse Mireille Flore Chandeup dans lequel elle imagine ce qu’elle aurait fait si elle était un homme, une voix de la déesse Héra murmura à mon oreille me disant qu’il serait intéressant et instructif pour la gente féminine de m’imaginer le temps d’un article être une femme et dire ce que j’aurais fait ou pas en tant que tel. Une inspiration qui me parut d’abord farfelue mais tout compte fait je l’ai trouvée opportune.

…CE QUE JE NE FERAIS PAS

…Je n’élèverais jamais la voix sur un homme

Les femmes pensent très souvent que parce qu’elles élèvent la voix lors d’une discussion qu’elles ont raison. Je suis navré mais c’est tout faux. De plus cette façon de faire n’arrange pas les choses, elle les empire au point où l’homme se taie et sort prendre de l’air pour le repos de ses oreilles. Si j’étais une femme je n’aurais jamais élevé la voix sur mon homme par respect pour lui. J’aurais été calme, à l’écoute pour trouver une solution au problème au lieu d’en créer d’autres.

…Je comprendrais quand il ne rentre pas  pour travailler au bureau

La raison principale quand un homme dort loin de sa famille pour des raisons professionnelles est celle-ci : Bien faire son travail pour augmenter les revenus afin de subvenir pleinement aux besoins de sa famille. Comment reprocher à un homme une responsabilité aussi noble ? Si j’étais une femme je n’aurais pas eu des suspicions,  je voulais dire être jalouse quand mon homme reste au travail avec sa patronne pour travailler au contraire je serais compréhensive et sereine.

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C/P:inlandvalleynews.com

…Je serais heureuse d’avoir un autre bébé avec lui

En tant que femme africaine je suis sensée comprendre que les africains aiment avoir une grande progéniture car pour eux l’objectif est d’assurer la lignée. Comment pourrai-je refuser d’en faire un autre parce que je souhaiterai garder ma ligne ? Les salles de sport, un régime alimentaire et une hygiène de vie suffisent pour me redonner la forme après un accouchement. De toute façon en tant que femme, il n’y a rien de plus honorable et joyeux que d’avoir un énième enfant.

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Femme enceinte. C/P:dsr.sn

…CE QUE JE FERAIS

…Je comprendrais que les enfants ne suffisent pas pour être épousée

« Ils eurent des enfants se marièrent et vécurent très heureux »…Voilà une version africaine de la vie de couple. En effet en tant que femme moderne et attachée aux valeurs africaines, je pense qu’en dépit des années et des enfants que nous avons eus, plusieurs critères entrent en ligne de compte pour être épousée. Ma famille, mon comportement, mes ambitions dans la vie, ma vie de couple, ma façon de gérer le foyer, ma relation avec belle famille etc. Bref, autant de critères qui varient d’un homme à un autre. Le temps que je « perds » pendant ces 14 ans  de couple est le même que celui que perd mon ami, alors je devrais beaucoup plus penser à donner le meilleur de moi pour me donner toutes les chances.

…Je comprendrais qu’à chacun son bureau

Il est galant qu’un homme aide sa femme à faire le ménage ou certaines taches domestiques, toutefois nous en tant que femme devrons savoir que ce n’est point leur devoir mais le nôtre. Parce que le jour ou la plomberie aura un problème, nous ne les aiderons pas. Le jour où une ampoule sera grillée nous ne les aiderons pas, le jour où il faudra dépecer un animal ou abattre un arbre, nous ne les aiderons pas sauf par galanterie.

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…Je lui dirais que je l’aime

Comme l’amour est merveilleux surtout quand on le dit à la personne qu’on aime. Je le dit d’abord pour moi mais également pour lui témoigner mon amour. Ne dit-on pas que l’amour ne se dit pas mais se prouve. Alors à travers de petits gestes d’attention, des petits regards, de la bienveillance je le lui dis déjà ; C’est un genre de langage que seuls les amoureux comprennent.

A vous, femmes africaines que j’adore. Je vous laisse avec un classic gabonais de l’artiste Hilarion Nguema. Le titre est: Quand la femme se fâche.

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