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Jeudi 30 août 2018, sur les chaines de télévision nationales et sur internet, le président Ali Bongo s’est livré à un exercice nouveau en termes de communication : il s’agit ici de la fameuse interview dénommée « Face à la Nation ». Depuis mi-août, une publication sur la page Facebook de la présidence de la République demandait aux gabonais et gabonaises de poser leurs questions au président de la République. Plusieurs compatriotes se sont pris au jeu et l’ont fait sur WhatsApp et Facebook, en texte comme et en vidéo.

Pour ceux qui suivent l’actualité du pays, il était très important de regarder cette interview pour savoir ce que pense le président Ali sur certains maux de la société et la crise économique et politique qui frappent le Gabon. Une occasion idéale d’écouter ses propositions pour résorber certains fléaux qui entament la quiétude des gabonais et gabonaises. Comme je l’avais précisé dans mon précédent billet sur la conquête du coeur des gabonais par Ali Bongo (lire ici), il est tout à fait évident que cette interview rentrait dans le cadre de la nouvelle stratégie de communication de la présidence de la République.

L’interview dénommée « Face à la Nation » a duré 1h30, très peu pour aborder en profondeur certaines thématiques importantes pour le pays. D’ailleurs, il faut savoir que l’interview était divisée en trois parties : sociale, économique et politique. Les deux premiers volets ont été évacués très rapidement, les réponses étaient évasives, sans pertinence, d’une vacuité profonde. Je suis resté sur ma faim en tout cas. Le troisième thème a duré un peu plus que les autres avant que les journalistes ne plongent dans des questions qui englobaient en quelque sorte les trois principales thématiques.

J’ai constaté que le président Ali balbutiait, ne maîtrisait pas totalement son sujet, il cherchait les mots, fuyait les réponses concrètes mais surtout aimait prononcer ce mot : « Il faut ». A chaque fois qu’une question lui était posée sur le social ou l’économie, il répondait inexorablement par « Il faut ». Le dire à chaque fois prouve à suffisance que rien n’a été fait et rien n’est fait pour régler tel ou tel problème. Nous sommes là dans la théorisation des solutions, aucune pratique, aucun acte concret posé sinon il l’aurait fièrement dit. Il faut savoir que les problème posés ne datent pas de cette année, elles semblent être là depuis plusieurs décennies.

Les sujets sur l’éducation, la santé, le logement, l’insécurité, l’agriculture, la formation, la crise économique, le chômage etc., n’ont pas, à mon avis, trouvé des solutions ou des pistes de solutions lors de cette interview. La fin de l’interview témoigne parfaitement de son objet qui fut non seulement d’ameuter les troupes pour les élections législatives et locales, mais également chercher à conquérir le cœur des gabonais, car en réalité le président Ali sait que les gabonais sont très insatisfaits de son travail.

Voyons voir les commentaires des gabonais sur les réseaux sociaux après l’interview.


Cette liste de commentaires sur l’interview n’est pas exhaustive. Chacun a tout de même donné son avis sur les réponses du Président. Personnellement je pense que l’idée était bonne, ce qui ne fut pas le cas des réponses car aucune solution concrète ne fut proposée sur des problématiques pourtant clairement posées.

La prochaine intervention télévisée du Président Ali se fera au mois de décembre, nous seront encore là pour la commenter et faire un bilan de ses actions.

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Barack Nyare Mba
Je suis un jeune Africain, de nationalité gabonaise, j'ai étudié au Sénégal et au Ghana. Je suis titulaire d'un Master 2 Audit et Contrôle de Gestion. La renaissance de l'Afrique passe indubitablement par la prise de conscience des défis de développement. C'est dans cet esprit que je crée ce blog pour partager avec vous mon regard sur l'Afrique en général et le Gabon en particulier. Panafricain je suis, panafricain je resterai.

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