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Lors d’une élection au Gabon. CP: Journalducameroun.com

Depuis l’avènement de la démocratie pluraliste en 1991, le Gabon comme la plupart des pays d’Afrique francophone, a connu une prolifération vertigineuse des partis politiques  issus de courants divers prouvant ainsi la volonté des Gabonais et des Gabonaises à participer au débat public. Toutefois malgré 23 ans de pluralisme politique, la nouvelle génération d’électeurs ne trouve toujours pas dans ces partis politiques le creuset de leurs espérances et idéaux.

Partons tout d’abord d’un constat : La population Gabonaise est composée à 65% de jeunes compris entre 15 et 35 ans et pourtant ils sont presque absents de la scène politique nationale notamment au parlement et dans les collectivités locales. Vous me demanderez pourquoi cet état de fait ? C’est tout simplement parce que d’une part les partis politiques ne mettent pas en avant les jeunes et d’autre part parce que le format de ces partis ne semble pas correspondre aux attentes des jeunes mais plutôt à celles des fondateurs et des membres influents.

Quel est l’état des lieux ?

Le Gabon compte 54 partis politiques (2012) pour un collège électoral de moins de 745.000 (2011) électeurs sur une population d’un peu plus de 1.588.000 habitants. En réalité seule une huitaine participe activement au jeu politique, on peut citer Le PDG, l’UPG, le RNB, l’ex UN, le PGP, le PSD, l’UPRN et le CLR. Les 46 partis restant n’ont quasiment pas de visibilité sur l’échiquier politique national, renforçant ainsi l’idée de « partis pacotilles » auprès des populations.

L’hégémonie politique et financière du PDG (Parti Démocratique Gabonais) et sa capacité à phagocyter ces adversaires, ont contribué fortement à le maintenir au pouvoir durant plus 40 ans sans discontinuité. C’est une dictature pour les opposants mais un plébiscite pour la majorité : Et vous, qu’en pensez-vous ? Bref, plus que dans le passé le PDG occupe une place encore plus importante car il coiffe presque la totalité des sièges au parlement et dans les collectivités locales.

Pour survivre à cette domination, les « partis marginaux » vont jusqu’à lier des alliances contre nature avec le PDG. C’est le cas tout récemment du ralliement entre le PDS  (Parti pour le Développement et la solidarité Sociale) de Maitre  Ndaot, qui est supposé être socialiste avec le PDG qui est en principe libéral. Dites-moi, la situation sociale du pays n’est-elle pas assez alarmante pour renforcer les arguments de contestation de ceux qui se réclament de la chapelle socialiste ? C’est là une interrogation qui devrait vous interpeller. Dans le meme sens on peut aussi citer la participation active du mythique RNB de MBA Abessolo à la majorité présidentielle de l’époque de feu Omar Bongo jusqu’à nos jours. Ce fut une trahison pour plus d’un Bûcheron.

Aussi courte que la vie d’un homme…

La particularité des partis politiques au Gabon est leur difficulté à survivre politiquement à la suite de la disparition de leurs fondateurs. Certains se rappellent des crises au PGP (Parti Gabonais du Peuple) après le décès de Maitre Agondjo Okawé, de la scission qu’a connue l’UPG à la suite de la disparition de son fondateur Pierre Mamboundou ou encore les multiples dissidences au sein du PDG après le décès d’Omar Bongo en 2009. Le malheur de ces fondateurs est qu’ils n’ont pas eu de successeurs capables de proposer une vision d’unité et surtout de pérennité aux membres du parti mais aussi à l’électorat.

En dehors de cet aspect, la majorité de ces partis politiques n’a pas de représentation nationale. On peut par exemple citer Rassemblement des Gaulois, ANG, UGD, RDR, FPU, BRD, PDN, UDL, RDD, EPI, FAR, UDPS, URDP etc. Ce sont des partis que vous ne connaissez surement pas mais qui existent pourtant depuis bien des années. Comment se plaindre alors du faible engagement des Gabonais quand on sait que la plupart des partis n’a point de cellule, de délégué ni de représentant dans nos villes et villages afin d’être proches des populations pour connaitre leurs « vraies » difficultés quotidiennes et pour inculquer  à ces derniers leurs projets politiques ? Ces manquements de bases prouvent à suffisance leurs incapacités à défendre nos intérêts en l’état actuel des choses.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

La dangereuse fébrilité de ces partis politiques, surtout de l’opposition, les contraint souvent à créer circonstantiellement des alliances, coalitions et fronts pour affronter le seul PDG. Toutefois individuellement les mêmes défauts continuent à nourrir leur fonctionnement. Pourtant la juste cause qu’ils prétendent défendre est celle de la majorité des Gabonais, mais leur absence sur le terrain, l’opacité de leurs projets politiques et leur ethnicisation dans une certaine mesure,  contribuent quoi qu’on dise au désintéressement politique constaté chez les Gabonais.

Je pense qu’un parti politique a pour objectif final d’exercer un jour le pouvoir, dans le cas contraire on aura alors affaire aux associations politiques créées de toutes pièces. Il est temps pour ceux qui se considèrent comme parti politique, de s’adapter aux nouveaux enjeux auxquels ils font désormais face, les jeunes en particulier et les Gabonais en général ont besoin qu’on leur proposent des idées nouvelles, ils ont besoin de leaders dignes et honorables, soucieux de leurs problèmes et qui répondent à leurs interrogations non plus ces mercenaires politiques au service de leur cupidité.

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Barack Nyare Mba
Je suis un jeune Africain, de nationalité gabonaise, j'ai étudié au Sénégal et au Ghana. Je suis titulaire d'un Master 2 Audit et Contrôle de Gestion. La renaissance de l'Afrique passe indubitablement par la prise de conscience des défis de développement. C'est dans cet esprit que je crée ce blog pour partager avec vous mon regard sur l'Afrique en général et le Gabon en particulier. Panafricain je suis, panafricain je resterai.

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