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Le président Américain Barack Obama lors de l’annonce de son plan d’action contre Ebola. CP :npr.org

Après le mouvement terroriste Al-shebab en Somalie, Ebola est devenu le nouvel ennemi des États-Unis en Afrique. Ce mardi 16 septembre Barack Obama a annoncé l’envoi de 3 000 militaires pour lutter contre ce virus qui attente à la « sécurité mondiale ». L’initiative du président américain montre l’inefficacité des mesures prises par certains gouvernements des pays touchés par la fièvre hémorragique. Elle révèle aussi l’incapacité de l’Union africaine  à mobiliser ses membres face à ce fléau.

« Opération Save Africa »

Le ministre libérien de la Défense, Brownie J.Samukai, disait la semaine passée que l’épidémie du virus Ebola « menaçait l’existence même du pays ». Cette déclaration traduit parfaitement l’ampleur de la propagation du virus, mais également l’incapacité des autorités à la stopper avec les moyens mis à leur disposition. Cet aveu de faiblesse en moyens humains et matériels vaut non seulement pour le Liberia qui enregistre 1 225 morts mais également pour la Guinée-Conakry (555 morts), Sierra Leone (509)  et le Nigeria (8) selon le dernier rapport de l’OMS.

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Pays touchés par Ebola CO; Francetvinfo.fr

Comme dans le célèbre film d’action Hollywoodien « Il faut sauver le soldat Ryan »  du réalisateur Steven Spielberg, les Américains vont au nom de la « sécurité mondiale » déployer 3 000 de leurs soldats pour sauver le « soldat africain » en péril. L’objectif est de  former 500 travailleurs sanitaires par semaine, participer à la distribution de kits de protection à 400 000 familles vulnérables notamment libériennes et « d’assurer la sécurité des équipes médicales qui viennent du monde entier ». Les soldats américains auront cette fois un ennemi invisible qui nécessite la plus grande des précautions, c’est pourquoi l’engagement financier n’a pas été en reste dans le plan d’action du président Obama : 88 millions de dollars vont être alloués à cette guerre contre Ebola en plus des 100 millions déjà engagés par le pays de l’Oncle Sam

« Une réponse africaine, unie complète et collective »

Les chefs d’Etat de la Cédéao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest)  s’étaient réunis le mois de juillet à Accra au Ghana alors qu’on enregistrait déjà 500 morts en Afrique de l’Ouest. Au sortir de cette rencontre, il n’y a pas eu de mesures à la hauteur de la dangerosité du virus. Au mois d’août, les ministres de la Santé de la même sous-région ont emboîté le pas aux chefs d’Etat et ont mis en place des recommandations visant à mieux coordonner les moyens d’action déployés par les gouvernements. Après les ministres de la Santé, les chefs d’état-major des armées de la Cédéao s’étaient également réunis à Accra pour voir comment ils pouvaient accompagner les Etats dans la lutte contre ce fléau. Malheureusement, toutes ces réunions n’ont guère aidé à baisser le nombre de morts, car aujourd’hui nous sommes à près de 2 500 morts.

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Nkosazana Dlamini-Zuma, Présidente de l’UA CP: Maliactu.com

Face à la progression « exponentielle » du nombre de victimes, c’est seulement la semaine dernière que l’Union africaine (UA) a organisé une réunion « d’urgence » à Addis-Abeba pour définir ensemble les stratégies africaines pour lutter contre le virus. Là encore rien de particulier, juste cet appel dépourvu de contraintes à « la levée des restrictions de voyage mis en place contre l’épidémie ». Il paraît difficile en l’état actuel des choses qu’une « solution africaine, unie complète et collective » voulue par la présidente Nkosazana Dlamini-Zuma se réalise, car il n’existe pas de stratégie panafricaine clairement définie ni les moyens pour la mettre en oeuvre.

Les militaires américains viendront sans un vaccin

Il n’est pas dit que l’arrivée des soldats américains est synonyme de guérison pour les populations infectées, mais permettra juste de circonscrire le virus pour limiter sa propagation à l’intérieur et au-delà des frontières africaines. Selon Médecins sans frontières, les États-Unis n’enverront pas de médecins contrairement à Cuba qui en a envoyé 165. Il ne faudrait pas que les Américains oublient que c’est d’abord un problème sanitaire avant d’être militaire, un accent particulier sur le vaccin doit être fait par le locataire de la Maison Blanche s’il veut concrètement aider l’Afrique.

Quel rôle joueront les Africains dans cette « coalition américaine » contre cet ennemi commun ? A quand le fameux vaccin ZMAAP ?  A quand un plan africain contre Ebola ?

Autrefois, c’était  la pauvreté, ensuite les mouvements terroristes, aujourd’hui c’est le virus Ebola qui étale comme de coutume, l’incapacité des gouvernants actuels à assurer la sécurité des Africains. La solution militaire des « Tontons d’América » comme le chante Tiken Jah Fakoly, est-elle adaptée? Rien ne l’indique pour l’instant, l’avenir nous le dira…

Je vous laisse avec le clip pour la lutte contre Ebola du Mouvement Y’En A Marre du Sénégal….Stop Ebola in Africa

 

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Barack Nyare Mba
Je suis un jeune Africain, de nationalité gabonaise, j'ai étudié au Sénégal et au Ghana. Je suis titulaire d'un Master 2 Audit et Contrôle de Gestion. La renaissance de l'Afrique passe indubitablement par la prise de conscience des défis de développement. C'est dans cet esprit que je crée ce blog pour partager avec vous mon regard sur l'Afrique en général et le Gabon en particulier. Panafricain je suis, panafricain je resterai.

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