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Après de nombreuses années tumultueuses et de désamour entre l’Association des Élèves Etudiants Gabonais du Sénégal (ASEEGS) et l’ensemble de la même communauté. Le nouveau président  élu de cette association, M.Pierre MAMBOUNDOU, a tenté dans l’interview qu’il a accordée à ESPRIT AFRICAIN de donner la nouvelle vision qu’il compte donner à cette association malade de bonnes idées.

C’est au sein de l’ambassade du Gabon au Sénégal que cette interview a été faite.

 

Esprit Africain : Bonjour, succinctement pouvez-vous nous présenter l’ASEEGS ?

Président : Bonjour, l’ASEEGS est l’Association des Élèves Etudiants Gabonais du Sénégal, elle est formalisée avec son récépissé depuis 2008. Elle œuvre pour l’épanouissement intellectuel culturel et associatif de la communauté Estudiantine Gabonaise installée au Sénégal

Esprit Africain : vous venez d’être élu à la tête de cette grande Association, sur quels chantiers principaux devrait-on s’attendre à vous voir agir?

Président : Pour cette mandature nous avons à cœur de relever l’aspect intellectuel en mettant en place un bon nombre d’activités qui permettront  de favoriser l’épanouissement intellectuel des étudiants, atelier de formation conférence débat etc. Mais aussi nous visons le coté social pour rapprocher les Gabonais les uns des autres en créant des mécanismes de solidarité.

Esprit Africain : En parlant d’intellectuel, on a remarqué que l’ASEEGS dans le passé organisait beaucoup plus des évènements festifs plutôt qu’académiques. Alors avec vous devrait-on s’attendre à mieux ?

Président : Effectivement dans le passé l’association œuvrait beaucoup dans le festif c’est pourquoi nous avons décidé de revenir sur l’aspect intellectuel, c’est à cet effet que nous avons organisé le 15 Janvier dernier une conférence sur la Cour Pénal Internationale, le 01 et 02 février nous aurons des ateliers de formation sur les logiciels de gestion et comptabilité. Nous allons poursuivre dans cet élan pour renforcer l’aspect intellectuel, on aura le temps pour l’aspect festif mais pas pour maintenant.

Esprit Africain : Une question qui revient toujours, combien y a-t-il d’étudiants Gabonais au Sénégal ?

Président : C’est une question pertinente mais vous voyez même au niveau du corps diplomatique Gabonais il est difficile de donner un chiffre exacte parce que un recensement exhaustif n’a pas encore été fait.

Esprit Africain : Qui devrait le faire ?

Président : Normalement les autorités diplomatiques parce que ce sont-elles qui ont en charge la communauté Gabonaise au Sénégal, maintenant nous en tant qu’association devons actualiser nos fichiers. Dans nos dossiers nous avons recensé 500 mais il en demeure pas moins que étant donné que la population estudiantine est estimée à 2000 personnes, nous comptons organiser un recensement et espérons le finir avant la fin de notre mandat.

Esprit Africain : 500 c’est le quart de la population estimée, comment espérer avoir un meilleur écho de vos actions auprès du plus grand nombre ?

Président : Pour avoir un meilleur écho il faut être plus visible. Si nous avons 500 personnes inscrites ce sont celles qui ont compris la nécessité de s’associer mais il y en a qui sont là et qui regardent de loin les activités de l’ASEEGS parce qu’ils ont été déçus dans le passé. Nous avons à cœur de faire revenir tous ceux-là dans l’association en posant des actes.

Esprit Africain : Que gagnerait un étudiant à s’inscrire à l’ASEEGS ?

Président : Un étudiant Gagnerait beaucoup à s’inscrire à l’ASEEGS, dans un premier temps il se fait identifier et connaitre et va connaitre la famille Gabonaise au Sénégal. Dans un second temps l’association a signé des partenariats avec des sociétés comme Sénégal AirLine qui nous accorde une baisse du titre de transport de 35%, avec un cabinet dentaire et une auto école. Nous travaillons actuellement sur les réductions dans les Super marchés de la place. Donc sur le plan social nous apportons également des solutions aux étudiants comme sur le plan intellectuel.

Esprit Africain : Il y a une vague d’étudiants venant du Gabon, des nouveaux bacheliers. Quelles mesures avez-vous mis en place pour les accueillir et les orienter ?

Président : L’accueil  des nouveaux étudiants est au centre de nos actions parce qu’il a toujours été difficile de « capter » les nouveaux venus. Nous ne faisons pas de l’accueil mais de l’accompagnement c’est pourquoi nous souhaitons qu’il y ait une amicale dans chaque école et universités qui répondent de l’ASEEGS qui pourra répertorier  et orienter les nouveaux étudiants. Pour les mandatures prochaines nous avons un projet qui a été laissé c’est celui de l’accueil et orientation. Un comité sera fait pour accueillir loger et orienter les nouveaux étudiants. Ce comité travaillera en amont au Gabon et en aval ici au Sénégal pour la réception des étudiants.

Esprit Africain : Le Président MACKY SALL vient de publier la loi sur la baisse des loyers. Quelles mesures avez-vous mis en place pour informer les étudiants de cette loi.

Président : La nouvelle loi n’a pas encore de décret d’application mais dès qu’elle rentrera en vigueur nous œuvrerons avec l’aide des étudiants à aller voir leurs bailleurs au cas où ces derniers refuseraient d’appliquer la loi. Toutefois nous avons publié un lien au niveau du Facebook de l’association qui spécifie les hauteurs des loyers qui vont être appliqués .Comme on dit la loi est dure mais c’est la loi, nous sommes dans un pays de droit alors tout le monde doit s’y soumettre c’est pourquoi nous irons voir les bailleurs quand besoin se fera ressentir afin que cette loi soi appliquée où les étudiants Gabonais sont locataires.

Esprit Africain : La loi prend souvent application deux semaines après sa promulgation, avez-vous en sachant cela, pris des mesures appropriées pour anticiper les bailleurs réfractaires ?

Président : Comme je l’ai dit on a publié l’information pour que tout le monde se mette au diapason et ensuite nous mettrons en place un numéro vert pour les étudiants. Il y a également un numéro vert mis en place par le gouvernement Sénégalais pour enregistrer aussi les plaintes des populations. Ce numéro vert est dans le lien que nous avons posté sur la page facebook de l’association.

Esprit Africain : Il y a un phénomène qui prend de l’ampleur depuis un certain nombre d’années, c’est celui des associations culturelles et/ou ethniques on ne sait pas comment les définir. Ne pensez-vous pas que ces association-là sabordent votre travail ?

Président : Le phénomène des associations socioculturelles a beaucoup d’entendements. A notre entendement ces associations visent la promotion de la culture Gabonaise tout comme l’ASEEGS, il s’agit maintenant pour nous de trouver un champ dans lequel toutes les entités pourraient avoir leurs places. Nous préconisons cette année une plateforme de réflexion où l’ASEEGS et les autres groupes socioculturels pourraient se retrouver pour mener des actions communes qui permettront aux étudiants « déracinés » de retrouver leurs valeurs culturelles. A cet effet nous aurons un weekend culturel qui sera piloté par ces association-là, ce sera aussi un moyen de les mettre à contribution pour faire valoir l’unité plutôt qu’autre chose au sein de notre communauté.

Esprit Africain : Là ce sont les perspectives, mais personnellement qu’en pensez-vous ?

Président : Personnellement je pense qu’elles ne sabordent pas le travail de l’ASEEGS, il faudrait juste s’assoir et limiter leurs champs de compétence. Elles ont matière à faire la promotion de la culture exclusivement or la promotion de la culture se fait à travers plusieurs outils, c’est-à-dire la danse, la musique, l’oralité.  Nous pensons qu’elles ont leurs places tout en travaillant en collaboration avec l’ASEEGS.

Esprit Africain : Ces associations n’ont aucun rattachement à l’ASEEGS ? Auprès de qui devraient-elles se faire enregistrer?

Président : Il faut dire que juridiquement la seule entité qui a matière de faire la promotion de la culture Gabonaise c’est l’ASEEGS, parce que nous avons un récépissé ce qui ma foi n’est pas le cas de ces associations socioculturelles. Si elles se disent autonomes –ce qui est vrai puisqu’elles ont été créées en dehors de l’ASSEGS – mais le mieux serait qu’elles se rallient à l’ASEEGS et qu’elles soient nos antennes pour faire le travail en interne pas pour montrer qui est le meilleur. C’est un idéal pour les années futures mais pour l’instant on travaille en bonne intelligence avec elles.

Esprit Africain : On peut alors parler de sabordage puisqu’elles font votre travail et se font plus voir que vous en ce qui concerne les activités culturelles ?

Président : On pouvait le dire dans le passé en ce sens qu’il n’avait pas encore eu un projet de weekend culturel organisé par l’ASEEGS. Etant donné que c’est un projet qui sera élaboré avec leurs collaborations, nous ne pouvons plus nous inscrire dans cette logique de sabordage. Il y a des associations du sud, du nord, du sud-est, il s’agit de rassembler toutes ces associations pour promouvoir la culture Gabonaise.

Esprit Africain : En tant qu’étudiants quel est votre point de vue sur l’attitude, disons-le, désinvolte des étudiants Gabonais. C’est l’alcool, la déperdition etc

Président : Il est difficile de changer des mauvaises habitudes, nous savons comment on fonctionne au pays. Les jeunes au Gabon il faut se le dire  baignent dans l’alcool et dans autres choses, cela ne déteint pas sur la situation scolaire de certains mais pour d’autres c’est le cas. Il faut comprendre que nous ne sommes pas au Gabon mais au Sénégal, les mœurs ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi il faudrait une rééducation participative qui ne peut se faire par la fête mais par la mise en contribution de l’ambassade qui peut avoir un effet coercitif sur les étudiants. Il y a une crise de valeur dans notre communauté, ce n’est pas né au Sénégal mais au Gabon. Cette crise de valeur ne pourra être combattue que par le biais de la sensibilisation

Esprit Africain : Il y a des étudiants en fin de cycle et mêmes ceux qui ne le sont pas qui ont des projets porteurs pour le Gabon et même pour le Sénégal. Comment l’ASEEGS pourrait-elle aider ces étudiants là ?

Président : Nous sommes ouverts à tous, tous ceux qui ont des projets peuvent venir les déposer. Nous avons un réseau de partenaires qui pourront être intéressés par les projets porteurs.

Esprit Africain : Un dernier mot à toute la communauté estudiantine Gabonaise au Sénégal

Président : Merci pour la tribune que vous nous donner aujourd’hui, je dirais à toute la communauté estudiantine que l’heure est venue de se reprendre en main tant sur le plan intellectuel culturel que social, pour ce faire on doit partager nos expériences et cela passe par se faire inscrire et donner son point de vue au sein de l’ASEEGS. Venez nous avons besoin de vous car sans vous notre communauté n’est rien.

Esprit Africain : Pour finir, où et comment fait-on pour s’inscrire à l’ASEEGS ?

Président : Il y a une fiche d’adhésion à remplir au niveau du secrétariat général de l’association avec 2000 FCFA  et une demi-carte photo qui vous donne droit à une carte de membre valable 1 an. Nous répondons au 77 414 9040

Esprit Africain : Merci

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Barack Nyare Mba
Je suis un jeune Africain, de nationalité gabonaise, j'ai étudié au Sénégal et au Ghana. Je suis titulaire d'un Master 2 Audit et Contrôle de Gestion. La renaissance de l'Afrique passe indubitablement par la prise de conscience des défis de développement. C'est dans cet esprit que je crée ce blog pour partager avec vous mon regard sur l'Afrique en général et le Gabon en particulier. Panafricain je suis, panafricain je resterai.

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