On ne noie pas le poisson

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Le problème des enseignants au Gabon est comme un cailloux dans la chaussure des autorités, au lieu de chercher à enlever cette gêne de-là, ils la traînent en espérant qu’elle en sorte d’elle même. J’ai lu que le Premier ministre a reçu-comme avait fait ses prédécesseurs-en début de semaine les leaders syndicaux afin de régler leurs différends. Malheureusement à la fin de cette réunion les syndicalistes ne semblaient toujours pas satisfait des mesures et promesses prises par le chef de l’exécutif car ces dernières ne résolvent pas le problème mais l’apaise.

En signe de bonne foi et pour prouver leur ouverture au dialogue, une émission spéciale a été commandée par les autorités à Gabon Télévision( chaîne publique) pour confronter les différents responsables du Ministère de l’éducation Nationale, le conseiller du Président de la République et les leaders syndicaux accompagnés du président de l’Association des parents d’élèves afin d’édifier la population sur leurs divergences. Rien de nouveau n’est sorti de-là également si ce n’est des jets de pierre entre des gens qui se connaissent apparemment bien. Résultat les cours n’ont toujours pas repris, ce qui a poussé les élèves de Oyem capitale du Woleu-Ntem(Nord) a faire une marche pour réclamer eux aussi la reprise des cours(photo).

Il faut une fois pour toute que chacun fasse son travail consciencieusement parce qu’il ne sert à rien d’éviter un problème qui va de toutes le manières resurgir. Nous vous exhortons de mettre de coté vos frustrations pour qu’enfin tout rentre définitivement dans l’ordre, il y va de l’avenir des enfants.

Regardez, on a même pas assez de toilettes décents!!

données OMS-UNICEF parues sur JeuneAfrique le 19/11/2013

données OMS-UNICEF parues sur JeuneAfrique le 19/11/2013

Franchement j’ai marré lorsque j’ai vu cette carte. C’est vraiment pas croyable quoi!! l’accès au minimum n’est pas toujours facilité aux plus démunis alors que ce sont eux qui font le plus grand nombre. Il n’y a pas assez de toilettes décents en Afrique au sud du Sahara-Vous vous rendez compte?- L’accès aux toilettes doit être prioritaire car la santé commence par l’hygiène.

J’en veux vertement à nos pères de…

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Tout d’abord j’aimerais partager avec vous un dicton bien célèbre chez nous qui dit : « Maman sûre, papa peut-être » c’est-à-dire qu’on sait toujours que l’enfant est de la mère, mais on le présume pour le père. Cette incertitude paternelle justifie t-elle le « désordre » que les pères ont organisé au Gabon durant ce demi siècle. Pourquoi le dis-je? Et bah pour les mauvaises raisons qui ont données comme résultat l’échec social et politique du Gabon. Read More

Messieurs,vous avez bien dit émergent?

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La question mérite vraisemblablement son pesant d’or car depuis des années déjà à la télévision comme dans la presse écrite on nous ressasse tous les jours  que le Gabon est sur le chemin de l’émergence. En les entendant et après constat, on se pose bien la question de savoir s’ils ne se trompent pas de voie pour  y arriver. Certaines actions posées par le gouvernement actuel  me laissent perplexe au dernier niveau, pourtant comme la plupart de mes compatriotes, j’aimerais bien croire  à l’émergence pour sortir de cette pauvreté, mais la réalité des faits nous en dissuade vivement.

Tout d’abord il y a la sécurité et la justice, ce sont les premières choses que mes chers compatriotes émergents devraient assurer à tous les Gabonais et à tous ceux qui vivent sur le territoire national. Rien de grand ne peut-être accompli sans ces impératifs absolus. Les dernières nouvelles sur le plan sécuritaire laissent franchement à désirer tant on recense de meurtres qui ne sont pas élucidés et des injustices qui se multiplient. Les pratiques qui étaient sensées finir avec ce nouveau régime semblent prendre encore plus d’ampleur. Les populations vivent dans la stupeur totale avec tout ce que nous entendons comme crimes et autres assassinats. La justice  quant à elle est à deux vitesses, une pour les dignitaires du pouvoir et une autre pour le peuple. La justice qui devrait être impartiale a semble-t-il choisi son camp, ce qui a pour conséquence le manque de confiance manifeste que les Gabonais ont de leur justice.

Ensuite il y a l’éducation et la santé. Un pays qui éduque et soigne mal ses enfants ne peut prétendre atteindre l’émergence au sens où le monde entier la conçoit. La main-d’oeuvre locale doit être valorisée en lui offrant les meilleurs soins de santé et la meilleure éducation pour faire face aux enjeux actuels, ce qui n’est pas le cas. Il est vrai que le Gabon a près de 94 % d’enfants scolarisés, mais cette statistique est l’arbre qui cache la forêt. On peut bien scolariser tous les Gabonais, mais dans quelles conditions, avec 100 élèves par classe ? Avec quel système éducatif pour atteindre l’émergence ? Avec quels types de collaborations avec les syndicats des enseignants ? Toutes ces vieilles questions sont  toujours en suspens, pourtant les réponses sont dans les casiers,comme toujours. La santé qui est capitale n’est pas assurée comme il se doit dans les établissements publics pour différentes raisons, le manque de matériel, la faiblesse des structures d’accueil, le manque de personnel, le manque de médicaments, la cherté des soins, toutes ces absences qui obligent les plus démunis à se rendre chez les « nganga » (charlatan). Le privé assure la « permanence » en attendant que l’Etat satisfasse la demande toujours aussi forte. J’ai vu ici et là quelques bâtiments qui sont sortis de terre, c’est bien, mais plutôt  marginal par rapport aux réels besoins à moindre coût que nous souhaitons.

Enfin le logement et la liberté, les Gabonais ont besoin de se loger dignement parce que la situation actuelle est vraiment déplorable. Je ne vous apprends rien vous le savez mieux que moi et vous avez tout ce qu’il vous faut pour mieux apprécier cette nécessité populaire. Les prix des loyers pratiqués actuellement à Libreville sont exorbitants pour la grande majorité des Gabonais, les plus démunis sont contraints une seconde fois d’aller voir ailleurs, notamment louer dans les « mapanes » ou taudis avec tout ce que cela implique comme corollaire. Les logements promis par les émergents devront en principe régler substantiellement ce problème qui n’a que trop duré, il faut pour cela qu’ils sortent d’abord de terre. Lorsque je parle de liberté j’entends par là, assurer à tous les Gabonais la liberté d’entreprendre, la liberté d’expression, la liberté de pratiquer convenablement sa passion. Par ex : les artistes ne sont pas libres, les pauvres n’ont pas de droits d’auteur et de locaux, les peintres les sculpteurs, les comédiens, les chanteurs, les écrivains et même les sportifs, tout ce beau monde ne trouve pas les conditions idoines pour pratiquer leurs passions. Des talents qui sont tués alors qu’ils peuvent servir au rayonnement du pays.

Si véritablement vous parlez d’émergence, alors revisiter votre feuille de route parce qu’à cette allure vous risquerez de ne pas arriver à bon port. Il ne sert à rien que certains fassent du vacarme politicien sur des détails alors que tout le boulot reste à faire. Un élu qui fait un don parle d’émergence, une association politique se crée et voilà, on est dans l’émergence. L’émergence ne doit pas seulement être un slogan politique comme on nous le montre à la télévision, elle doit être soutenue par des actions concrètes et coordonnées à fort impact social. Travaillez d’abord au lieu de ne faire que de la politique politicienne, c’est pour le bien du Gabon.

A quand la fin des grèves intempestives des enseignants Gabonais?

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La réponse à cette question mes chers amis ne peut venir que du bon Dieu ou des autorités Gabonaises. Oui, eux-seuls à l’occurrence les autorités,peuvent nous dire quand est-ce les enseignants cesseront ENFIN de faire grève pour ENFIN enseigner les enfants sans discontinuité pendant les 9 mois d’année scolaire.Parce que je vous le dis aujourd’hui, depuis ma tendre enfance jusqu’à ce jour, ce sont toujours les mêmes qui font grève à la même période de l’année et pour les mêmes revendications. On se demande bien si quelque chose avait été fait lors des négociations passées pour que les revendications d’il y a 15 ans  ne soient plus celles d’aujourd’hui.

Force est de constater, et ce malheureusement , que  depuis lors le syndicat des enseignants(CONASYSED) et le gouvernement n’ont toujours pas régler ces « petites revendications » qui affectent lourdement le bon déroulement des cours. Je me rappelle lorsque j’étais au collège et au lycée, les enseignant faisaient déjà grève pour les même raisons qui ont emmenées les élèves, tout comme nous à notre époque, à faire à Libreville et Port-Gentil une marche pour réclamer la reprise des cours. Les élèves se sentant lésés et pour soutenir leurs enseignants, ont bravement décidé de faire une marche pour lancer un cri d’alarme à l’endroit des autorités afin que ces derniers trouvent sans délai des solutions aux revendications de leurs enseignants car il s’agit de leurs avenirs aussi.

Selon moi le problème n’est pas le paiement de ces frais de surveillance ou la construction des salles de classes comme exigés par le syndicat des enseignants, tout cela peut être fait par l’Etat Gabonais à tout moment s’il le décidait; La difficulté est de trouver la solution efficace et définitive qui ferait en sorte que ce genre de revendication ne se répètent plus dans l’avenir pour éviter de perturber l’année scolaire des élèves. C’est à ce niveau que les autorités compétentes devraient se pencher pour non seulement mettre un terme à cette néfaste spirale revendicative mais aussi pour améliorer les rapports entre l’Etat et le syndicat des enseignants.

je pense qu’il n’existe pas de problème en réalité mais plutôt de volonté politique manifeste, c’est le plus grand mal de notre pays. On fait de grands discours et de grandes promesses pour à la fin être incapable de payer correctement les enseignants.

Les crimes rituels continuent au Gabon

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Les crimes rituels poursuivent tout bonnement leurs chemins macabres jonchés de corps sans vie de nombreux Gabonais. La psychose et l’indignation se mêlent au sein des populations, car depuis qu’elles exigent des autorités une réaction forte pour que ces massacres cessent. Rien, sinon pas grand-chose n’est fait pour arrêter les assassins et les commanditaires de ces crimes odieux. C’est de l’ordre du surréalisme, je vous assure. Je me demande bien si les responsables savent qu’ils ont la responsabilité de garantir la quiétude et la sécurité des populations.

A l’approche des élections locales du 14 décembre prochain, certaines associations comme ALCR (Association de lutte contre les crimes rituels) appellent les populations à la vigilance, car l’expérience a prouvé que c’est lors des joutes électorales que les crimes rituels prennent plus d’envergure, surtout que depuis un certain temps de multiples crimes rituels ont été recensés par l’association durant cette période pré-électorale. En effet, les élections ont toujours été le « mobile des crimes rituels », car les fruits de ces assassinats abominables permettent aux responsables politiques de se livrer à des pratiques sataniques afin de gagner les élections. Quelle stupidité. Ces pratiques ne datent pas d’hier, elles sont anciennes et sans solutions, autant que les problèmes des enseignants, de la route ou encore de la santé.

On ne compte plus le nombre de morts causés par les crimes rituels au Gabon. Le président de l’ALCR dans une interview accordée au site d’information en ligne  Gabonactu.com, affirme qu’il y a plus de 100 crimes rituels par an. Notons que cette association ne couvre pas totalement le territoire national. Les crimes rituels non élucidés sont nombreux dans la pays, Ils ont défrayé la chronique pendant de longs mois, ce qui a poussé les populations à organiser des marches de contestation comme celle du 20 mars 2013, des messages d’indignation à travers les médias privés et les réseaux sociaux. En dépit de tous ces cris de cœurs et de larmes de nombreuses familles gabonaises, les criminels circulent librement sans être inquiétés par les forces de sécurité et de police.

Que faut-il d’autre pour que les dirigeants règlent définitivement  ce phénomène d’un autre âge ? L’assassinat de l’enfant d’un dignitaire ? Un massacre massif ? Je me pose la question. Les gens n’arrivent plus à sortir la nuit ou à prendre le taxi, « on ne sait jamais » disent-ils. C’est inconcevable et irresponsable de ne pas répondre aux inquiétudes des populations parce qu’il faut toujours savoir que ce sont elles qui paient le plus souvent le prix cher. J’appelle les autorités à faire leur travail correctement pour qu’enfin la quiétude et la sécurité d’antan soit de retour dans la cité gabonaise.

 

 

La Guinée Equatoriale dit NON à l’intégration sous-régionale.

 

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La décision de la Guinée Equatoriale de ne PLUS appliquer dès Janvier 2014 l’accord sur le principe de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone CEMAC ( GABON-CAMEROUN-CONGO-CENTRAFRIQUE-GUINÉE EQUATORIALE-TCHAD), prouve une fois de plus que ce sont les plus grands producteurs de pétrole de la région d’Afrique centrale qui retardent l’intégration sous-régionale tant voulue par les populations et les entrepreneurs. Quel paradoxe !!

Pour le rappel des faits, les états membres de la zone CEMAC s’étaient réunis  exceptionnellement le 14 Juin 2013  à Libreville lors d’un Forum économique pour signer l’accord sur la libre circulation des biens et des personnes. 6 mois plus-tard, la Guinée Equatoriale, pays signataire, se rétracte contre toute attente pour des raisons en somme d’insécurité que pourrait causer cet accord. Il faut savoir que ce pays ne compte que 700.000 habitants et est parmi les autres le plus petit démographiquement et le plus riche en revenue. Il est troisième producteur de pétrole brut en Afrique. C’est sans aucun doute pour éviter une invasion massive des ressortissants de la CEMAC dans leur pays à la recherche du jackpot, que les autorités ont décidé de la non-application de cet accord.

Cette décision n’est pas l’apanage de la Guinée Equatoriale parce que mon pays le Gabon avait également été dans les années 9O et début 2000 contre cette libre circulation, bloquant ainsi l’intégration sous-régionale pendant des années. La situation économique et démographique du Gabon n’était pas à l’époque loin de celle de la Guinée Equatoriale aujourd’hui, une population très faible dans un pays qui génère des revenus pétroliers énormes. Les rapatriements massifs « d’étrangers » de la communauté ou des autres pays d’Afrique, ont toujours eu pour objectif de diminuer le nombre d’expatriés sur le territoire national pour,selon les autorités, enrayer le problème de l’insécurité. Ce phénomène est courant actuellement en Guinée Equatoriale où les Camerounais sont victimes de rapatriement parfois spontanés.

En principe c’est quand un pays est riche et prospère qu’il accueille beaucoup « d’étrangers mais par contre il les refoule lorsqu’il y a la crise. Chez nous en Afrique centrale ce principe n’est pas respecté car aucune de ces deux situations ne favorisent l’intégration sous-régionale pour les simples et mauvaises raisons qu’il existe quelques tensions politico-diplomatique entre certains Etats membres, l’absence de réels projets communs d’intégration qui permettraient un partage des biens faits de celle-ci. On entend parler de la compagnie communautaire AIR CEMAC depuis plus de dix ans ou encore le passeport CEMAC, aucun de ces projets n’a jusqu’alors abouti. L’exemple de l’UEMOA est pourtant à « coté de nous », il devrait inspirer les décideurs de notre communauté car c’est un model de réussite d’intégration économique social et culturelle.

Vu que ce n’est qu’un seul pays qui a désisté jusqu’à présent, espérons qu’un autre ne lui emboîtera pas le pas d’ici Janvier prochain. C’est vraiment pas croyable ce qui se passe dans cette espace économique depuis 1994.

Comme il est pénible de regarder le JT de 20 H

images (2)Tous ceux qui regardent régulièrement le JT de 20 h ou de 19 h30 sur les premières chaînes de télévision nationale de certains pays d’Afrique, ont sûrement fait le même constat que moi. L’actualité est trop largement consacrée à la vie politique .

En regardant le Journal on est tenté de penser que rien d’autre ne s’est passé sur toute l’étendue du territoire national à part les activités des gens qui sont dans de grands bureaux ou de grandes salles en train de parler de ceci et de cela. Ce type d’actualité qui est souvent à la Une et durant tout le JT m’ennuie tellement que parfois au bout de 10 minutes je zappe  pour éviter de m’endormir. L’adolescent lui passerait moins de temps que moi à le regarder  ce genre d’information qui ne lui parle pas.

C’est marrant, mais je trouve que le journal de 20 H est devenu un défilé en images des activités des Hommes en cravates et des femmes en talons (HENC&FENT). C’est un ballet de réunions qui paraissent sérieuses avec des gens qui ont des airs déterminés. Certains inaugurent les chantiers en construction et d’autres font des Talk Show dans leurs tournées à l’intérieur du pays.

Dans certaines chaînes, ce sont d’abord et toujours les infos concernant le chef de l’Etat qui sont diffusées. Ensuite viennent celles relatives au premier ministre et ministres. Après vient le tour ses parlementaires et autres présidents d’institutions de la République. Enfin les colloques séminaires et conférences, un invité pour lire un communiqué et répondre à quelques questions, des brèves internationales sans images, et voilà, c’est fait le journal est terminé.

Apparemment le JT  ne concerne que les HENC&FENT, il n’y a pas grand-chose à dire sur le reste. C’est comme ça mais bon life goes on hein !  Parfois, comme images il n’ y a que leurs dons de cartons de poulet et de sac de riz aux populations, les meetings partisans dans le pays. On nous invite aussi aux visites de chantiers inachevés ou achevés (rares). Je n’oublie pas l’apologie du « faible » travail gouvernemental, les honorables et vénérables parlementaires en session ou plénière en train de lire des documents volumineux. Et de temps à autre, une rencontre entre le ministre et un ambassadeur venu faire ses adieux, et j’en passe. On y comprend souvent pas grand-chose, sinon rien pendant les 45 minutes voire plus que dure cet exercice.

Nos 20 H diffusent très vaguement et/ou de manière expéditive des informations relatives aux difficultés quotidiennes, Pas question de faits divers qui pourraient susciter la vigilance, encore moins la réalisation de reportages à la découverte d’un village, d’un savoir-faire ou d’une culture locale. Il y a des chaînes qui en dépit des difficultés qu’elles rencontrent font des efforts pour diffuser ces types de sujets.  Je suis mal placé pour apprendre à ces braves journalistes leur métier, « A chacun son bureau », c’est juste une critique du fidèle téléspectateur que je suis.

 Vous n’avez pas assez de moyens, je le sais, mais mettez quand même un nom sur un visage, synchronisez vos éléments, agrémentez le JT avec des informations qui atteignent tout le monde. Nous avons soif de conseils dans les domaines de la santé publique, l’éducation, la sécurité routière, l’administration, la culture, les arts et le sport. Ces informations sont importantes et utiles à tous sans exception, et en plus elles peuvent tout à fait partager le  JT avec l’actualité des HENC&FENT.

HENC&FENT : Pour désigner la bureaucratie

Pourquoi diable vouloir m’empêcher de m’exprimer ?

 

 

images (3)Je ne vois pas pourquoi on devrait empêcher un jeune de s’exprimer, au contraire, comme un sage du village, on devrait l’écouter attentivement. Dans le continent nous ne sommes pas responsabilisés par nos Etats. Ils nous infantilisent croyant que nous resterons à jamais les petits garçons du quartier qui ne pensent qu’à jouer. Détrompez-vous mes chers aînés parce que le monde a changé depuis lors et nos mentalités et perspectives encore plus.

Pourquoi devriez-vous écouter les jeunes ? Pour la simple et bonne raison que nous sommes au cœur de la vie d’un pays. Je ne vais pas vous l’apprendre, vous paraissez trop bien informés pour savoir que les jeunes représentent les 2/3 de la population du continent. C’est pour cela que toutes les mauvaises statistiques touchent beaucoup plus les jeunes que les autres composantes de la société. Tenez par exemple, qui subit le plus les affres du chômage ? Qui sont les plus touchés par la pandémie du sida ? Qui paie lourdement les multiples grèves et problèmes dans nos universités et écoles ? Qui sont les plus exposés aux drogues; à l’alcoolisme et autres stupéfiants ? Qui sont les premières victimes de la démagogie politique ? Qui paie le plus du manque d’infrastructures sportives ou artistiques ? Qui sont les victimes de l’immigration clandestine ? La réponse à ces interrogations est sans aucun doute les jeunes.

C’est vous dire à quel point nous sommes concernés par les problèmes et enjeux actuels dans chaque pays de ce continent. Il est des moments où nous nous demandons si vous, qui êtes parents et gouvernants, avez oublié les responsabilités qui sont les votre vis-à-vis de la jeunesse. On a l’impression que vous n’avez jamais été jeunes. Le bon Dieu vous a directement rendu grand ce qui vous empêche de connaitre nos problèmes et nos attentes; Nos mauvaises conditions sociales nous amènent à penser de cette manière parce que nous ne comprenons pas comment le minimum que vous êtes sensés nous accorder n’est pas effectif, que dira t-on du maximum ?

Nous avons compris pourquoi ce dont nous avons besoin n’est pas pris en compte ou réalisé, oui Messieurs, nous avons appris avec le temps les raisons de cet oubli volontaire. En fait, nous avons toujours été mal représentés. C’est effectivement dans optique d’éviter cette marginalisation que nous DEMANDONS LA PAROLE AFIN DE NOUS EXPRIMER. Nous sommes les mieux placés pour vous expliquer les difficultés que nous rencontrons, le quotidien que nous vivons, les rêves que nous avons. Personne d’autre qu’un jeune n’est aussi bien placé pour parler des problèmes des jeunes, je crois que c’est logique, pas vous ?

Comment alors  m’empêcher de parler si vraiment la « jeunesse est sacrée » comme disait un ancien président africain, je n’ai nullement l’intention de faire vaciller vos pouvoirs juste vous emmener à nous écouter à travers notre liberté d’expression,

Nous ne sommes pas là pour juste dénoncer, nous voulons participer au développement du continent, cela ne pourrait être possible que si vous nous laissez la parole. Nous sommes aussi des acteurs pas seulement des victimes, nous avons de la force physique, mentale et intellectuelle, nous sommes une grande force vive des nations, l’avenir de l’Afrique. Nous avons des propositions de solutions aux problèmes qui touchent les jeunes mais sans accompagnement et d’écoute de votre part, aucune de nos idées ne pourrait voir le jour et ce serait vraiment un gros gâchis.

Je vous le réitère, ne nous empêchez pas de nous exprimer, nous voulons juste changer nos vies et non votre pouvoir.

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La belle et rebelle Ndjolé

Njolé - vue sur le fleuve depuis l'hotel

Ndjolé, une vue sur l’ile Samory. CP : Tous-les-mots-sont-permis.blogspot.com

Je vous invite à la découverte de la  petite ville de Ndjolé, on dit aujourd’hui « ville » mais il y a des années c’était un  village de chasseurs et de pêcheurs au cœur des méandres de la foret gabonaise dans la province du Moyen Ogooué à 225 km de Libreville sur la nationale N1. C’est une ville particulière de par « ses histoires« , son Histoire et celle de certains hommes et femmes qui ont eux aussi marqués celle du Gabon et de l’Afrique. Ville hôte pour les voyageurs sur terre comme sur le fleuve Ogooué qui baigne son rivage, on y trouve d’ailleurs une richesse culturelle particulière due essentiellement à la diversité ethnique des peuples  autochtones. En général, l’imaginaire Gabonais ne retient d’elle que des faits divers parus dans les journaux, alors que si on cherchait à la découvrir, on y découvrirait de quoi raconter aux enfants.

La belle…

L’histoire officielle dit qu’elle commence lorsque Pierre Savorgnan de Brazza arriva dans ce village la première fois. On dit qu’il l’a trouva tellement belle qu’il décida de l’appeler « jolie », c’était en 1883. Avec le temps et sous l’influence de la langue Fang (langue locale) le nom changea pour devenir d’abord « N’zouli », puis sous l’influence cette fois-ci de la langue Française, elle pris sa forme actuelle N’djolé. Vous  avez naturellement compris qu’il s’agit de l’histoire du nom , non pas celle des « Ndjoléens » car celle-ci est bien antérieur à l’arrivée de de Brazza.

Située le long de la zone navigable de l’Ogooué (fleuve le plus long du Gabon), elle a deux rives et entres elles une île historique, l’île Samory.  Les missionnaires sont les premiers à  s’y installer en créant dès 1897 la Mission Saint Michel de Ndjolé sur la rive gauche, une autre Mission identique avait été construite plus-tard sur la rive droite à cause des dangers de la traversée en pirogue. Ville Multi-ethniques et culturelles, véritable lieu cosmopolite où les différentes ethnies (fang, Kota, Punu) vivent en plein harmonie.

Danse Okoukouwe à Ndjolé CP: Facebook/Jeunes de Ndjolé

Ndjolé est une ville très animée, vivante et pleine de sourire. Plusieurs danses traditionnelle des ethnies Fang et Kota agrémentent les soirées et animent les décès et retraits de deuil. Les danses comme « Elomba », « Megane » ou encore le Okoukouwe mobilisent toujours toute la communauté car ce sont des moments de retrouvailles et de partage. En plus de ces danses, saviez-vous qu’il en existe une  autre appelée « Danse de Gaulle » qui est pratiquée uniquement à Makokou (Nord-est), Minvoul (Nord) et Ndjolé. Elle a été créée en 1946 à la mémoire du Général de Gaulle qui avait joué un rôle important lors de la seconde guerre mondiale pour la libération d’une partie de l’A.E.F occupée par les Pétainistes.

Les amoureux de paysage pourront apercevoir pendant la saison sèche (Août, Septembre), une longue bande de sable autour de l’île Samory, offrant ainsi aux populations une superbe plage à la Ndjoléenne. Économiquement, c’est un carrefour stratégique pour le commerce fluvial, le transport ferroviaire comme terrestre. Les voyageurs s’arrêtent presque toujours au marché de Ndjolé pour acheter quelques produits ou manger un bout avant de reprendre la route.

Marché de Ndjolé. CP: Facebook/Les jeunes de Ndjolé

La rebelle…

Après quelques années d’installation Française, Savorgnan de Brazza transforma ensuite  N’djolé en ville prison en 1898.  La situation géographique de cette ville en fit un point stratégique pour les colons. Ils  y installa un tribunal militaire (le bâtiment existe toujours), on y jugeait certains résistants Africains et nationaux qui étaient contre la colonisation. Tout d’abord L’Almany Samory Touré, grand résistant Africain de l’empire Wassoulou (Guinée actuelle), il fut exilé à  Ndjolé par l’administration coloniale. Il mourut dans l’île qui porte aujourd’hui son nom en 1900 d’une pneumonie d’après les vieux du village.Une stèle y est érigée à son hommage. Ensuite un autre grand résistant, Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur de la plus grande confrérie musulmane du Sénégal, les Mourides. L’histoire raconte que  c’est à Ndjolé, où il était convoqué pour un  procès qu’il avait même remporté contre un colon, que Samory Touré et Cheikh Ahmadou Bamba se sont rencontrés pour la première fois avant que ce dernier ne soit renvoyé à Lambaréné.

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Stèle à la mémoire de Samory Touré, mort en captivité à Ndjolé en 1900. CP: journaldugabon.com

Quel privilège pour cette ville d’accueillir en son sein, et en même temps, deux illustres personnages qui ont donnés leurs vies pour le continent. Enfin deux autres grands résistants ont également séjourné dans les geôles coloniales de Ndjolé, le roi Kpoyizoun du Tado et le chef DOSSOU Idéou, tous deux originaires du Togo actuel. Tous ces hommes étaient des résistants qui étaient contre la pénétration des colons en Afrique et Ndjolé a servi de prison pour ces défenseurs de la liberté Africaine.

C’est un ancien village qui est devenu rebelle tout simplement parce que des rebelles y ont toujours vécu, bel héritage.  L’histoire de N’djolé est surtout marqué par son leader charismatique Emane TOLE, chef guerrier, il refusa en 1895 avec d’autres clans de se soumettre aux colons. Après des années de luttes acharnées, il fut arrêté et exilé avec son fils TOLE Emane, à Grand-Bassam en Cote d’Ivoire, qui fut aussi une ville prison. Après quelques années de prison, son fils fut libéré et revint au Gabon, ce qui ne fut pas le cas de son père EMANE TOLE qui mourut en captivité quelques années après. Son message et sa pugnacité ont toujours marqué et façonné l’esprit des N’djoléens. C’est un résistant Gabonais mal connu comme NYONDA, ELLANDE, MBOMBE ou  WONGO.

Sur l’échiquier politique national, elle est foncièrement un refuge d’opposants et  parfois d’anti-conformistes venus de tout le pays.D’ailleurs lors du coup d’Etat au Gabon en 1964, un groupe de militaires putschistes avaient pour mission d’emmener sous une nuit de pluie, le Président Léon MBA à la prison de Ndjolé, ville dont il est originaire d’une part. Sur le chemin  un gros arbre était tombé sur la colline qui mène à Ndjolé, cette situation les contraint à partir pour Lambaréné. Depuis ce jour on la nomme « la colline  Léon MBA« . Succinctement tels sont quelques grands faits et  grands traits  de cette ville unique.

La beauté sans aucun doute se trouve dans l’œil de celui qui regarde. l’histoire de cette ville peut être vue sous n’importe quel prisme mais le plus important est de retenir les enseignements qu’elle véhicule, la connaissance des hommes et femmes qui peuplent cet ancien village. Pour finir, sachez que la belle et rebelle Ndjolé est mon village.