Au nom de l’Etat ou du parti?

 

 

confus

Depuis 53 ans déjà les dirigeants Africains n’ont toujours pas saisi au nom de qui devraient-ils gouverner, c’est triste à dire et à constater mais les réalités sont malheureusement celles-là. Je n’arrive pas toujours à comprendre cette absurdité dans la manière de gouverner nos Etats surtout après un demi-siècle d’indépendance. Apparemment les nombreuses difficultés que l’Afrique a connues durant tous ces siècles n’ont pas suffit pour faire comprendre à ces hommes et femmes la nécessité de changer de pratiques gouvernementales. Ils ont vraiment des têtes dures.

Le peuple Africain a connu trop d’oppression dans son histoire, ça commencé avec ce commerce inhumain qu’est l’esclavage ensuite nous avons connu le colonialisme et l’impérialisme, depuis lors nous sommes sous le diktat des partis politiques.

Dans le cas du Gabon nous avons connu avant l’instauration du parti unique un régime politique pluraliste, les partis politiques étaient nombreux et diversifiés et ces derniers s’affrontaient dignement sur le champ des idées et des idéologies. Certains étaient pour le libéralisme d’autres pour le socialisme, l’Assemblée Nationale n’avait jamais aussi bien porté son nom que durant cette période. La mise en place du parti unique en 1968 avait sonné le glas de cet élan qui ma foi présageait une meilleure pratique de la politique pour les années à venir, mais hélas, tout ce qui a suivi n’a été que ruines cendres et larmes pour la Nation entière.

Le multipartisme tant souhaité était désormais effectif dans les années 90 après d’âpres luttes ; chacun pouvait comme par le passé créer son parti politique. Toutefois il serait judicieux et crucial de vous préciser que l’objet de ces partis politiques était différent de celui des partis qui existaient avant le multipartisme, il fallait maintenant se faire de l’argent par le truchement de la politique. C’est le début des galères pour le peuple Gabonais.

Aujourd’hui en 2013 la situation est devenue cancéreuse, les partis politiques ont substitué l’Etat sur certains points. On ne sait plus qui fait quoi dans ce pays et au nom de qui. Est-ce au nom de l’Etat ou du parti au encore du parti-Etat ? Mystère mes chers frères. Le parti au pouvoir et ceux de « l’opposition » ont abattu un travail immense depuis l’avènement du multipartisme, ils ont politisé dans sa version la plus abjecte l’administration publique, les écoles, les universités et grandes écoles, la santé, la justice et la sécurité pour ne citer que ces secteurs. Pour ma part la plus grande « réussite » était celle des consciences, ils ont là aussi politisé. C’est pourquoi nous voyons cet engouement malsain autour de la politique qui est devenu sans risque de me tromper un exutoire pour avoir un emploi ou un revenu.

Les nominations ne sont pas toujours faites sur la base des compétences professionnelles de tout un chacun, mais plutôt par rapport au parti. Ils doivent toujours s’assurer de la perpétuation de leur régime à travers les placements stratégiques des partisans à des postes importants. Dites-moi, Comment quelqu’un qui est nommé sur cette base pourrait travailler pour l’Etat ? Comment pourrait-il respecter sa hiérarchie administrative sachant que c’est par le canal du parti qu’il occupe ce poste ? Comment ne pourrait-il pas détourner des fonds puisqu’il n’a aucun compte à rendre à quelqu’un si ce n’est au parti ? Comment pourrait-on espérer l’émergence dont-ils parlent dans ce chaos ? Trop de questions sans réponses.

L’Etat c’est comme le corps humain, les plus grandes maladies viennent toujours de la tête. Je pense que c’est l’origine de tous les problèmes du Gabon et de l’Afrique. Tant qu’au sommet de l’Etat nous trouverons toujours des gens incapables qui n’arrivent pas à dissocier ces deux entités, Etat et parti politique ou encore Etat et appartenance ethnique comme on l’a vu dans certains pays Africains, nous nous retrouverons toujours dans ce même marasme qui nous amarre depuis un demi siècle déjà, vous vous rendez compte, un demi siècle.

Le pouvoir de l’Etat ne peut en aucun cas être remis en cause ou partager avec un parti politique même si ce dernier est au pouvoir. C’est le peuple qui élit et non les membres d’un parti. Les passe-droits, les détournements massifs de fonds, les abus de toutes sortes, le clientélisme, les injustices sociales, tous ces maux que nous connaissons au Gabon sont nés sur le lit de cet amalgame entre l’Etat et le parti au pouvoir.

On ne garanti pas un pouvoir en nommant ces partisans   à des postes pour  qu’ils s’engraissent mais plutôt en travaillant, en créant de l’emploi aux jeunes et aux femmes, en s’assurant de la bonne tenue des cours dans les écoles et la qualité des soins dans les hôpitaux, c’est valorisé nos savoirs et talents tout en offrant à tous la sécurité. C’est aussi en préservant nos us et coutumes, nos traditions et promouvoir la démocratie. Voilà quelques pistes pour garantir son pouvoir et non la promotion des partisans irresponsables.

Vivement qu’une nouvelle génération remplace ces hommes et femmes d’un autre temps parce que je vous assure que si nous continuons comme cela, au Gabon et en Afrique, nous risquerons de faire 50 ans autres années d’immobilisme. A chacun de voir.

Pause café avec Kemi Seba

Avec KEMI SEBA après l’interview

Aujourd’hui, c’est au tour de Kemi  Seba de se prêter aux questions d’Esprit africain au sujet de l’état actuel du mouvement panafricaniste et du rôle que devrait jouer la jeunesse africaine pour la réalisation de ce rêve voulu par ses précurseurs. Grand panafricaniste de cause et de fait, et œil averti de la vie sociopolitique du continent, il a bien voulu partager avec nous son regard sur cette épineuse problématique contemporaine.

C’est dans un café situé au quartier Mermoz à Dakar que nous avons eu ces échanges.

Esprit africain : Bonjour, pour ceux qui ne te connaissent pas encore peux-tu  te présenter auprès de nos lecteurs et leur dire les activités que tu mènes actuellement?

Kémi Seba : Bonjour mon frère, je suis polémiste panafricain, conférencier, chroniqueur télé à la 2STV dans l’émission Le Grand Rendez-vous, par ailleurs je suis auteur de deux livres Supra-négritude et MA’AT IKH-S philosophique   parus aux éditions Fiat Lux et je serais également l’auteur de deux prochains livres, Black nihilisme (Ndlr : déjà en librairie) et contre histoire de la conscience noire qui sortiront s’il plaît à Dieu en avril 2014.

Esprit Africain : Tu es né et as grandi en France, mais pourtant en 2011 tu as décidé de venir vivre en Afrique, notamment au Sénégal. Pourquoi cette décision et pourquoi le choix du Sénégal ?

 Kémi Seba : Parce que depuis que j’ai commencé l’activisme en 1999 en France, j’ai toujours dit qu’un panafricain loin de l’Afrique était comme un footballeur sans ballon. J’estime qu’il était nécessaire après s’être opposé à l’oligarchie occidentale sur son terrain, pendant un temps, d’aller à l’étape supérieure. Cette  étape qui est celle de proposer après s’être opposé me paraît la plus mature et la plus digne d’un point de vue intellectuel. Cela signifie aller sur le terrain, endurer les conditions de vie africaine qui sont sur certains points plus difficiles que celles qu’on trouve en Occident- on ne doit pas se mentir- abandonner nos privilèges qui font de nous (diaspora) des enfants de l’opulence. C’est une démarche d’introspection réelle par rapport à ce que l’on peut apporter au continent africain et non pas sur quoi on doit critiquer, parce que je remarque qu’on aime bien critiquer sans pourtant se remettre en question. On a une responsabilité, nous sommes les acteurs de nos vies, soit les messies ou les bourreaux de notre destin.

Esprit Africain : En tant que militant panafricaniste, peux-tu nous dire ce que le panafricanisme signifie pour toi et qu’est-ce qui t’as poussé à militer pour cette cause?

Kémi Seba : Le panafricanisme est malheureusement devenu au 21e siècle un terme fourre-tout où tout le monde déclare appartenir à cette idéologie. Pour moi ce n’est pas seulement réunir les Africains, je veux dire que quelqu’un comme Idriss Déby qui se réunit avec Blaise Compaoré ou avec  Alassane Ouattara  ou encore qui se réunit avec Ali Bongo. Si on me dit que ces hommes sont des panafricanistes, je dirais que je ne me reconnais pas dans leur panafricanisme. Par extension, je ne me reconnais pas dans le panafricanisme de Maître Abdoulaye Wade, c’est ce qui m’a valu des problèmes lorsque je travaillais en collaboration avec l’un de ses ministres dans une organisation panafricaine.

Je pars du principe que le panafricanisme doit être une arme de défense des Africains face au mondialisme, le panafricanisme doit être une unité, non pas seulement d’hommes mais aussi de valeurs, une unité idéologique sur le terrain de la résistance face à la pénétration colonialiste au 20e siècle et mondialiste au 21e siècle que nous vivons aujourd’hui à travers les multinationales, la franc-maçonnerie, les réseaux occultes qui sont sur le continent pour accélérer le processus de spoliation et de dégénérescence culturelle économique et politique des nôtres.

Esprit Africain : Comment expliquer le fait que le mouvement panafricaniste soit amorphe  depuis quelques années, pas grand-chose n’est organisé autour de ce mouvement ?

Kémi Seba : Je suis beaucoup plus nuancé que toi sur cette réflexion, au sens que de ce que je vois, les résultats que je retrouve sur le terrain eu égard à mon travail, mais aussi au travail d’autres personnes qui peuvent être en première ligne à mes côtés, attestent que le panafricanisme n’est pas si mort que cela. Le panafricanisme n’est plus une affaire d’hommes d’Etats, si je dois apporter une nuance c’est celle-ci. Auparavant on parlait du panafricanisme à travers les Patrice Lumumba, Julius Nyerere, Almicar Cabral, Thomas Sankara, Kwame Nkrumah. Aujourd’hui le panafricanisme s’est éloigné de la sphère politique pour la simple et unique raison que dans la sphère politique Africaine ce sont que des collaborateurs de l’impérialisme qui sont présents, donc le panafricanisme indépendant dissident ne peut pas se retrouver à l’intérieur d’une capsule dans laquelle l’impérialisme a fait son lit.

C’est pourquoi le panafricanisme s’est décalé dans la société civile. Nous retrouvons dans cette société civile un certain nombre de forces contrairement aux apparences, notamment dans les universités qui en sont un véritable vivier de jeunes qui aspirent à cette unité africaine, pas une unité de malfrats, pas une unité de corrompus, pas une unité d’aliénés, mais une unité de personnes qui résistent au nouvel ordre mondial qui s’installe en Afrique même si ce nouvel ordre mondial n’est pas nouveau en Afrique.

Esprit Africain : OK, mais actuellement dans les médias on remarque qu’il n’y a pas assez de congrès organisés autour du panafricanisme ?

Kémi Seba : Je vais te répondre très simplement, il y a eu un très grand congrès qui s’appelle le congrès de Badagryau Nigeria qui a eu lieu il y a quelques mois. Il a regroupé des militants du Sénégal, des Etats-Unis, du Nigeria, du Bénin, d’Afrique du Sud et l’évènement a été quand même été relayé dans la presse…..

E.A : Y a-t-il eu un manifeste comment lors des congrès passés ?

K.S : …Bien sûr, il suffit juste de bien se renseigner. Maintenant la question est de savoir si le panafricanisme doit seulement se situer dans le cadre d’un congrès ? Il y a le FESMAN (Festival Mondial des Arts Nègres) qui est organisé et qui est sensé être un Festival mondial de la culture noire et du panafricanisme,  on sait que c’est de l’escroquerie. Moi je ne fais pas partie des gens qui pensent que le panafricanisme doit-être mis dans un enclos qui serait un congrès, il y a eu des centaines de congrès pourtant le continent n’a pas changé depuis lors. Il faudrait aujourd’hui que le panafricanisme pénètre la société civile, les étudiants, le citoyen africain, le villageois. Ce dernier cité n’a pas forcément les moyens ni capacité pour assister à un congrès.

Je suis dans une sorte de décentralisation intellectuelle de cette démarche panafricaine.A travers l’émission le Grand Rendez-vous sur la 2STV qui est très suivie au Sénégal et dans la sous-région, on a des retours des gens de différents corps de métiers qui rentrent dans les affaires panafricaines à travers cette démarche-là. On a la chance d’avoir une arme plus puissante que la télévision qui est internet, les deux jugulés de la meilleure des manières faciliteraient une conscientisation massive et c’est sur ce terrain que nous nous situons.

Esprit Africain : Est-ce qu’il existe des structures bien constituées qui ont pour objet la promotion du mouvement panafricaniste à travers le continent ?

K.S : Je vais te répondre clairement, il n’y en a pas parce que je pense que beaucoup pensent aux idées panafricaines, mais très peu ont le courage de venir les défendre en première ligne. J’ai énormément de gens qui m’écrivent sur les réseaux sociaux et qui sont touchés par notre démarche, on a une communauté de plus de 21 000 personnes sur ma page Facebook officielle Soutenons Kemi Seba https://www.facebook.com/KemiSebaOfficial . Cela prouve qu’il y a beaucoup de gens de différents endroits qui s’intéressent à la question panafricaine, c’est quelque chose que nous ne pouvons pas nier. Maintenant nous nous préparons et on pense que cela demande de la précision et de la réflexion, c’est dans ce sens qu’une structure, un mouvement panafricain citoyen qui s’appellera  « Panafricanisme 2.0 »  verra le jour en fin janvier . Il y aura une série de conférences de presse à cet effet. Le mouvement aura  deux branches, la première aura pour but la sensibilisation des populations sur les dangers du mondialisme à travers les multinationales et les loges maçonniques et tous les réseaux occultes occidentaux qui sont installés sur le continent et la seconde branche utilisera la non-violence comme Greenpeace pour faire une pression psychologique afin de faire comprendre aux multinationales qu’elles ne peuvent pas continuer à spolier les richesses du continent, on ne peut pas continuer comme cela. Ça doit être maintenant du gagnant-gagnant ou bien se sera du perdant-perdant.

Esprit Africain : A l’heure où l’on parle de globalisation de mondialisation et de village planétaire, quelle politique le continent devrait adopter pour affirmer sa négritude dans ce bouillon de culture ?

Kémi Seba : Le mondialisme est un processus qui va vers de la dérégulation, de la dégénérescence d’un principe naturel qui est la mondialisation et qui est voulu par les oligarques pour accélérer la logique qui nous emmènera vers un gouvernement mondial dans lequel les identités seraient asphyxiées, les différences sexuelles seraient gommées d’où l’effervescence du concept du transgenre qui prend de l’ampleur dans les sociétés occidentales, la légalisation des mariages homosexuels, etc. Tout ce qui va dans le sens de détruire la famille, de détruire les frontières, de détruire ce qui fait le particularisme de l’être humain, tels sont les objectifs de cette classe oligarchique.

L’Afrique est son terrain de jeu dans ce sens-là, le seul aspect qui peut ralentir cette dégénérescence qui a commencée depuis bien longtemps chez nous, je veux dire que le gouvernement mondial c’est nouveau pour les Occidentaux, mais pas pour les Africains quand on voit durant la  traite négrière des gens qui s’appelaient par exemple Gérard Lemier alors qu’il vient de l’Afrique ou encore d’autres noms parce qu’il y a aussi eu l’esclavage pratiqué par les Arabes ; donc il y a des gens qui ont perdu leur nom originel, ce sont des personnes qui ont vécu le mondialisme dans leur chair depuis le commencement. Le panafricanisme est un contre mondialisme lorsqu’il est bien usité.

On a compris que c’est lors de la conférence de Berlin organisée en 1884 et 1885 que nous avons été découpés, divisés, subdivisés en différents pays. Aujourd’hui, il est temps de gommer ces identités factices pour aller vers un Etat fédéral africain, mais en comprenant qu’on ne doit pas tomber dans le piège de s’allier à des forces qui depuis un certain temps nous ont montré en réalité lorsqu’on prend la peine de bien les étudier, qu’elles n’étaient pas nos alliés, mais nos ennemis. Quand on voit la manière dont la France se positionne aujourd’hui sur le continent africain, c’est en gendarme parce que nous avons une démarche d’irresponsabilité de notre part, on peut constater qu’il y a alors un problème de fond dans le sens où la France vient en amie et non en colon. c’est   » l’impérialisme de la vertu » , je l’appelle ainsi. Au nom des droits de l’homme, on vient imposer la démocratie, on vient aider les pauvres Africains qui sont incapables de tenir cette démocratie, on vient  développer et tirer le pétrole de ces gens-là et créer soi-disant du travail alors qu’en réalité les emplois qu’ils créent ne sont pas le millième de ce que cela devrait générer si on parlait du donnant-donnant. On est dans une démarche évidemment disproportionnée due au fait que les contrats sont donnés à des chefs d’Etat qui se taisent en échange d’une part.

Esprit Africain : Maintenant que tu vis en Afrique, vois-tu une différence entre l’Afrique que tu connaissais quand tu vivais en France et celle que tu côtoies désormais quotidiennement ?

K.S : Très clairement et simplement je pense que tout panafricain qui le vit et qui réside en Occident ne peut pas rentrer en Afrique et faire comme si il était en vacances. On doit contribuer au développement politique, intellectuel et moral du continent à condition de faire une purge de nos défauts hérités de l’individualisme forcené qu’on retrouve en Occident. Maintenant la réalité africaine est telle que je suis touché par ce que je vis, je suis touché par la mentalité qu’on peut trouver ici, il y des défauts évidemment, mais je me sens plus à l’aise avec les miens que lorsque je suis dans un environnement qui ne m’est pas favorable. Sur le plan africain il y a une passivité, un fatalisme.

Esprit Africain : De quels ordres ?

Kémi Seba : D’ordre moral et religieux. Je m’explique, beaucoup de personnes au lieu de tenter de prendre en main leur destin disent que c’est Dieu qui veut que les choses se passent comme ça, que se soit dans les communautés chrétiennes évangélistes ou dans les confréries musulmanes…

E.A : Il faut aussi comprendre que c’est parce qu’au départ nous sommes des peuples animistes

K.S : …L’animisme nous permet d’être en harmonie avec la nature pour prévoir ou anticiper certaines choses qui pourraient arriver par la suite. Que se soit chez les chrétiens comme chez les musulmans il y a cette démarche qui parle de la volonté de Dieu dans ce qui arrive, c’est pourquoi j’ai une position médiane qu’on appelle la tradition primordiale, le pérenialisme, qui va dans le cadre de la connaissance de soi réelle du continent africain. L’extension ultime est l’islam (comme il est musulman) mais la racine c’est ce qu’on peut trouver dans la tradition Fang (langue du Gabon) dans le culte BWITI (rite initiatique Gabonais), dans le Vaudou (rite béninois, togolais) c’est cela la tradition primordiale et moi je fais ce trait d’union entre l’étude de la tradition primordiale et la religion monothéiste qui permet de nous affirmer dans une unicité de Dieu sans oublier nos ancêtres.

Esprit Africain : Pour en venir à la jeunesse africaine, comment trouves-tu sa situation actuelle? Penses-tu que tout va pour le mieux ?

Kémi Seba : Non, il y a évidemment une perte de valeurs due au mondialisme encore une fois, c’est-à-dire avec internet tu trouves tout ce qu’il y a de pire en Occident. J’ai été choqué de voir dans un Cyber du quartier une jeune fille de 13 ans que je connaissais de vue, en train de regarder un film porno et dès qu’elle m’a vu passé elle a vite changé. Ça m’a fait mal parce qu’apparemment c’est une fille studieuse qui travaille bien. Je trouve que c’est un peu trop tôt pour suivre ce genre de chose à cet âge quand on connaît nos interdits africains concernant la sexualité. On a le pire qui nous arrive comme le meilleur, mais il y a un problème de tri d’information et ceux qui ne savent pas le faire s’exposent à tous les dangers d’internet ce genre de choses accélère le processus de perte de valeur. On voit aujourd’hui un certain nombre de choses, je ne dis pas que c’est l’Occident qui a inventé la drogue ou quoi que ce soit ce n’est pas le sujet, mais je dis qu’il y a une importation des valeurs dues à l’ultralibéralisme qui s’adapte aujourd’hui aux réalités africaines par le biais de nos élites qui sont au service de l’impérialisme. Tout cela participe à la déliquescence de notre société, c’est évident.

Esprit Africain : Pouvons-nous dire alors que la jeunesse perd ses moyens pour tenir le flambeau du panafricanisme ?

Kémi Seba : Je pense qu’on ne peut homogénéiser les choses en parlant de la jeunesse…

Esprit Africain : …En fait on remarque que la jeunesse active est élitiste et cette dernière arrive à se prémunir de certains dangers par contre celle qui ne l’est pas c’est-à-dire la masse populaire, se trouve en proie aux dangers de la mondialisation.

Kémi Seba : …Comme les élites aussi, je peux te l’assurer pour avoir fréquenté les deux milieux je crois que tu le sais aussi, parce que le pire on le retrouve parfois beaucoup plus en haut qu’en bas. Je relativise par rapport à ta réflexion pour la simple raison qu’il y a certaines couches de la société notamment les villages et qui sont très nombreux en Afrique, qui sont protégés pour l’instant des dangers de la mondialisation. On n’y verra pas les ravages de la drogue ou ….Et je n’aime pas faire le puritain parce que je n’aime pas en tant qu’intellectuel d’être réactionnaire, toutefois il y a certains maux dans les capitales africaines qui trouvent résistance dans les villages. Il y a encore aujourd’hui des gens qui ont une éducation morale, qui sont enracinés dans la connaissance de la tradition et des valeurs, mais de l’autre côté il y a ceux qui sont complètement perdus et au milieu de tout ça il y a  le panafricanisme qui est une alarme qui sonne dans les têtes. Ne serait-ce que sur un terrain concret, les gens veulent circuler librement sur le continent africain.

Moi j’ai un passeport béninois et quand je vais au Nigeria il y a à la frontière Bénin-Nigeria  plus de dix gardes pour te contrôler alors que nous sommes sensés être dans un même territoire, on est dans l’irrationalité la plus totale.  Ce n’est pas que je m’inspire d’eux, mais je remarque que les Européens à travers l’Union européenne ont au moins réussi ce problème d’intégration à part ça, le reste est à critiquer. Il faudrait que l’intégration soit une réalité sur tout le continent en dépit de certains Africains qui manipulent ces différences ethniques pour conserver ou conquérir le pouvoir. .

Esprit Africain : Le 5 décembre dernier, Madiba Mandela nous a quittés, que retiens-tu de lui ? Quel héritage laisse t-il à nous jeunesse africaine ?

Kémi Seba : J’ai fait un communiqué sur ma page Facebook qui résume tout sur ce sujet, dans lequel j’explique que Mandela est un géant quels que soient les profonds et violents désaccords que je peux avoir avec lui par rapport à ses choix postapartheid. On ne peut pas parler de paix sans justice, on ne peut pas parler de paix sans redistribution des terres, d’ailleurs c’était la position de Winny Mandela qu’on diabolise aujourd’hui à cause de certaines de ses erreurs. On ne peut pas parler de paix alors que certains criminels courent toujours en Afrique du Sud. Donc je pense qu’il y a des points qui posent problème par rapport aux choix qu’il a pu faire, mais cela n’en demeure pas moins que ce fut une grande personne qui a su pardonner après 27 ans de prison et qui a vu sa vie basculer sur plusieurs plans. Je l’aime en tant que père qui a fait de bons choix et des erreurs donc je ne l’accule pas. Idéologiquement je me sens, je vous le dis, plus proche des hommes comme Lumumba, Sankara, Nyerere.

Esprit Africain : La France intervient une nouvelle fois en Afrique, notamment en Centrafrique et tout récemment au Mali et dans le passé en Libye. On a l’impression de revivre la période postindépendance ?

Kémi Seba : La faute à qui ? La faute à deux catégories de personnes, d’abord la société civile ne manifeste pas, objectivement il faut le dire, chacun manifeste dans son coin, on marmonne tous. Moi à mon niveau j’essaie de taper du poing sur la table, ça vaut ce que ça vaut, mais ce n’est pas une l’émission télé aussi populaire qu’elle soit qui va changer la volonté politique de nos chefs d’Etat. En fait la société civile ne joue pas son rôle, c’est pourquoi nos chefs d’Etat font ce qu’ils veulent. Ensuite, il y a les chefs d’Etat qui n’arrivent pas à jouer le rôle de protecteur. Je vais vous choquez, moi je n’en veux pas à la France de venir se faire du beurre ici car c’est nous-mêmes qui préparons le terrain à la margarine.

Esprit Africain : Pour finir,  en cette fin d’année 2013, quel message lances-tu à la jeunesse africaine d’une part et à aux dirigeants du continent d’autre part  concernant le panafricanisme ?

K&mi Seba : J’appelle une technologie aujourd’hui, les réseaux sociaux. On peut créer les nôtres, mais surtout voir ce qui est fait sur le territoire africain parce qu’il faut se concentrer sur le terrain, on est très nombreux à porter le panafricanisme, mais très peut en première ligne. Nous avons aujourd’hui un réseau qui verra le jour en janvier 2014 qui s’appelle Panafricanisme 2.0 qui compte agir sur le terrain pour lutter contre l’infiltration mondialiste en Afrique et qui veut aussi faire pression sur les multinationales afin de lutter contre la spoliation de nos richesses.

Retrouver Kemi Seba sur sa page Facebook official :https://www.facebook.com/KemiSebaOfficial

L’Afrique laisse ses enfants mourir

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Que font exactement les pays africains face aux vagues de décès enregistrés par l’immigration clandestine des jeunes vers l’Europe ? Attendent-ils qu’il y ait des millions de morts pour que des mesures appropriées soient prises ? La mort d’un seul Africain ne devrait-elle pas déjà suffire pour que nos dirigeants trouvent des solutions adéquates à ce tragique phénomène ? Autant de questions qui laissent tout le continent interrogatif et en larmes.

Nous connaissons tous les raisons de cette immigration clandestine, c’est un secret de polichinelle. Les jeunes Africains se sentent mal chez eux, ils n’ont pas de travail, mais plutôt des guerres fratricides qui ne laissent derrière elles que ruines, cendres et larmes. C’est pourquoi sans hésiter et en sachant les risques qu’ils encourent, certains de nos frères décident de prendre le chemin de l’immigration clandestine en espérant une vie meilleure en Occident.

La problématique de l’immigration clandestine qui tue des milliers de nos frères par an, n’emballe pas vraiment les dirigeants africains qui se concentrent seulement aux affaires de politiques politiciennes plutôt que sociales. On dirait même qu’ils ne regardent pas les informations, parce que l’ampleur de cette tragédie a heurté et heurte toujours le monde à chaque fois que nous voyons à la télévision des migrants repêchés morts ou vifs par les secours européens.

Seuls les Africains peuvent trouver et doivent trouver les solutions à l’immigration clandestine, il ne faut pas se décharger de cette responsabilité qui incombe entièrement à nos dirigeants, s’ils en sont incapables qu’ils démissionnent alors. Depuis de nombreuses années déjà, les ONG et autres associations ont lancé des cris d’alarme à l’endroit des autorités pour leur faire prendre conscience de la nécessité d’endiguer cette vague meurtrière.

J’ai la vive impression que les dirigeants africains ont des mémoires courtes et sélectives, ou bien ils feignent de ne pas se rappeler l’histoire de notre continent. Après tous les malheurs que nous avons subis- l’esclavage et la colonisation- comment accepter encore de voir les jeunes Africains mourir à cause de l’immigration clandestine. C’est incompréhensible. Nous avons déjà perdu des millions de nos mères, pères, frères et sœurs durant l’histoire, il est inacceptable d’en perdre encore des milliers de nos jours. Saviez-vous que 25 000 jeunes Africains sont morts en 20 ans à cause de l’immigration clandestine, ce qui fait 1 250 morts par an depuis vingt ans. Pensez-vous que ce n’est pas largement suffisant pour agir ? Moi si.

Les guerres, la pauvreté  et le chômage des jeunes sont les principaux facteurs d’immigration, qu’elle soit clandestine ou légale. On s’attarde sur les futilités alors que les véritables causes crèvent aux yeux. La guerre doit d’abord cesser dans les pays où elle est la cause de l’immigration clandestine, ensuite le travail des jeunes doit être une priorité pour décourager ces derniers à s’aventurer dans ce genre de périple meurtrier.

Certains pays comme le Sénégal ont fait d’énormes efforts pour lutter contre ce phénomène. D’ailleurs, c’est un sujet qui n’est presque plus d’actualité dans ce pays, car les autorités ont quasiment réussi à « convaincre » les jeunes à ne plus immigrer en leur donnant la possibilité d’avoir un travail, de faire du sport, etc.

La pauvreté qui couvre tout le continent doit mobiliser les dirigeants africains, car elle constitue la première cause d’immigration clandestine. Les jeunes sont au chômage, même en étant diplômés. Ils n’existent pas pour nous jeunes des conditions favorables pour notre émancipation et notre accomplissement à cause de nos dirigeants. Trop de pauvreté empêche les jeunes de croire en leur pays et au continent. Trop de pauvreté entraîne le chaos, la prostitution, la rébellion et l’immigration clandestine. C’est pourquoi les jeunes rêvent d’un avenir meilleur pour eux et leurs familles.

L’Union africaine (UA) devrait jouer pleinement son rôle dans ce sens, en trouvant les voies et moyens ordinaires ou extraordinaires pour convaincre les chefs d’Etat africains d’adopter une politique commune qui nous permettra de réunir toutes les conditions favorables pour que les enfants de AFRICA restent sur le continent à travailler pour la terre mère.

NON A L’IMMIGRATION CLANDESTINE.

Interview d’une jeune militante associative de Goma en RDC.

photo de chantal pour l'interview 

A l’heure où l’Est du Congo plus précisément la ville Goma recouvre la paix après des années d’instabilité, une jeune Mondoblogueuse Congolaise, Chantal Faida MULENDA-BYUMA, tente à travers l’association U.W.E.M.A  d’aider ses concitoyens en leurs offrants les moyens nécessaires de pouvoir s’assumer au lieu de dépendre quotidiennement de l’aide internationale.

Esprit Africain a eu le plaisir et le privilège de lui poser les questions qui suivent

 

   Esprit Africain : Bonjour, pour commencer peux-tu te présenter ?

  Chantal Faida MULENDA-BYUMA : Je suis le sourire qu’on a arraché à l’Afrique et au Congo, mon pays. Une dignité bafouée depuis que je suis jeune, aujourd’hui  j’ai 25 ans pourtant je n’ai jamais goûte à ce que c’est que la paix dans ma région, l’Est de la RDC. Je suis également économiste de formation, journaliste indépendante et militante associative.

   E.A : En parlant de militantisme, tu es coordinatrice d’une association à Goma où tu vis, peux-tu nous en dire plus sur son objet?

  Chantal Faida M-B : OK, l’association se nomme en abrégé UWEMA,  Upendo ya Wakongomani Elekeya Mwanamke na  Mtoto.  C’est une association sans but lucratif nouvellement créée  depuis le 05 Septembre 2013. Nous  visons la promotion de l’autonomie des femmes et enfants démunis au Nord-Kivu plus précisément à Goma.

  E.A : Qu’est-ce que U.W.E.M.A veut dire en Français ?

  Chantal Faida M-B : Œuvre de solidarité Congolaise en faveur des femmes et des enfants démunis.

  E.A : votre association n’est constituée que de femmes ?

 Chantal Faida M-B : Notre association est constituée majoritairement de femmes, la présence des hommes est visible.

  E.A : Très bien. Dites nous, quelles sont les difficultés auxquelles  font face les femmes et les enfants à Goma ?

Chantal Faida M-B : Bonne question. En fait en RDC la situation des femmes et des enfants est dramatique depuis près de vingt ans déjà. La guerre a ravagé des centaines de vies et séparé des familles, d’autres étaient contraints à l’exil.

E.A : Et socialement comment cela s’est fait ressentir ?

Chantal Faida M-B : Différentes statistiques des ONG Humanitaires et agences Onusiennes font état de près de deux millions de déplacés internes dont la moitié se trouve à l’Est de la RDC. Il y a aussi près de cinq cent milles victimes de violences sexuelles, des centaines d’enfants enrôlés dans les groupes armés. Une réduction de la scolarité et une famine indicible accompagnées d’un chômage sans précédent. Visiblement l’Etat Congolais est dépassé !

E.A : pouvez-vous nous dire les actions que les associations mènent pour faire face à cette tragédie ?

Chantal Faida M-B : Il existe une kyrielle d’organisations qui essaient de subvenir tant bien que mal aux besoins des populations vulnérables. Toutefois, la communauté internationale étouffe les initiatives locales, elle intervient où les locaux devraient, du coup sur le terrain tout le monde fait la même chose et les besoins prioritaires ne sont pas couverts. Un exemple patent : Toute l’aide est orientée vers la distribution de vivres et non vivres, l’assistance des femmes violées sur les plans juridiques et socio-économiques – ce que je salue d’ailleurs –  cependant les personnes vulnérables ne doivent pas être assistées éternellement. Donnes moi le poisson un jour, je survivrais un jour mais apprends moi à pêcher je vivrais pendant longtemps. Nos besoins à la base sont le rétablissement de la paix sur toute l’étendue du territoire national, la promotion de l’éducation formelle pour tous, l’encadrement des orphelins et enfants de la rue à travers la formation aux métiers, la promotion de l’agriculture par la construction des routes, la lutte contre la corruption et la couverture en énergie.

E.A : quelles propositions faites-vous alors pour une meilleure actions entre les associations locales et les organismes Onusiens?

Chantal Faida M-B : Une précision, ce ne sont pas seulement les organismes Onusiens qui interviennent en RDC, il y en a de tous les genres. Gouvernements étrangers, des citoyens du monde solidaires, des associations religieuses, nationales, féminines, juvéniles etc.

Je propose pour revenir à votre question, qu’on s’attaque aux problèmes de base et non des solutions élaborées dans les chambres climatisées à la capitale Kinshasa ou à l’étranger. Un projet efficace résout un problème. Autre chose, songeons à créer de l’emploi à travers nos organisations car l’aide avilit l’homme et le rend amorphe et dépendant par contre s’il travaille pour son propre épanouissement, on l’aurait aidé doublement.

E.A : Il y a alors un véritable problème de coordination alors ?

Chantal Faida M-B : Disons le ainsi et surtout le manque de priorisation des problèmes, de suivi et d’évaluation des actions des organisations locales par le gouvernement.

E.A : Malgré cette mauvaise coordination, comment  votre association compte-elle promouvoir l’autonomie de ces populations vulnérables  ?

Chantal Faida M-B : Tout d’abord  par une alphabétisation « conscientisante » de 100 femmes et 100 enfants de Goma. Ensuite nous comptons former ces personnes alphabétisées pendant 3 mois en Coupe, couture, broderie menuiserie, maçonnerie, dessin, peinture, ramassage, recyclage et traitement de déchets biodégradables. Enfin des bourses selon le soutien que nous bénéficierons, seront accordées au plus grand nombre après leur formation pour soutenir le démarrage d’une activité génératrice de revenu.

E.A : OK, et personnellement qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager dans cette initiative ?

Chantal Faida M-B : Personnellement j’ai travaillé dans plusieurs organisations nationales et locales de défense des droits humains, de promotion de valeurs citoyennes et civiques, du genre et de la bonne gouvernance. Mais j’ai été frappée par le nombre toujours croissant des personnes vulnérables en dépit des organisations déjà existantes. Depuis la résurgence des conflits armés dans ma région, j’ai vu le nombre de déplacés de guerre croître et régulièrement je me rendais dans les camps pour voir les populations civiles. Nous y allions avec quelques dons et au regard des besoins non couverts par les grandes organisations humanitaires de la place, j’ai décidé de créer des lieux alternatifs d’auto prise en charge. Le constat était que la plupart d’entre elles (populations vulnérables) n’était pas lettrées donc ne pouvant être recrutées ou engagées dans les entreprises de la place. L’illettrisme est un frein au développement. C’est après ce constat que j’ai partagé l’idée aux amis et nous travaillons jour et nuit pour venir en aide aux nôtres en leurs donnant les moyens de s’assumer plutôt que dépendre des dons des ONG et des programmes de réinsertion socio-économique prévus par le gouvernement.

E.A : Je suis vraiment heureux de voir que tu es aussi engagée. Avez-vous des contacts avec les autorités locales de Goma pour une aide substantielle ?

Chantal Faida M-B : Merci mon cher frère. Quand on a souffert, on est sensible aux malheurs des autres sans se faire prier. Les autorités locales nous assistent et nous appuient techniquement (papier, autorisation de fonctionnement, statistique etc.), en orientation et conseils-chose que nous louons- mais hésitent toujours à toucher dans les caisses publiques pour aider les organisations locales. Ils ont abandonné ce secteur aux seuls organismes étrangers. C’est inacceptable. Le budget de l’Etat alloue une faible part aux actions humanitaires.

E.A : Les associations locales se sont-elles déjà réunies pour solliciter ensemble cette aide gouvernementale ?

Chantal Faida M-B : Oui, les organisations locales se réunissent hebdomadairement selon les clusters (domaines d’intervention) et les autorités locales y sont conviées ; mais la conjoncture actuelle influe sur leurs actions, toutes sont orientées à la stabilisation et à la pacification des zones troubles.

E.A : Les autorités Congolaises sont beaucoup plus axées sur la pacification avant toute autre action, C’est un préalable pour ensuite mettre en place un meilleur programme d’aide. Ne pensez-vous pas ?

Chantal Faida M-B : Oui je veux bien que la pacification soit la priorité des priorités néanmoins, la machine publique ne doit pas se focaliser sur un seul problème car on risque in fine de se retrouver après la pacification avec une population faible physiquement et incapable  de travailler pour cause de maladie chronique, crises multiformes, traumatisme etc. Le mieux serait  de se mettre au travail tout en ayant un œil sur le domaine humanitaire.

E.A : Pour finir, quel est ton appel à l’endroit des autorités Congolaises et des potentiels donateurs ?

Chantal Faida M-B : Pour finir je lance un appel pressant à toutes les personnes éprises de solidarité et de bonne volonté, à tous les Congolais, Africains et tous les citoyens du monde de faire un don, un geste, pour soulager un temps soit peu les problèmes des victimes de guerre, de conflits au Nord-Kivu en particulier et au Congo en général. Une once de pratique vaut mieux qu’une tonne de discours, dit-on, cultivons la paix et bannissons  la haine entre les hommes et le monde serait un paradis sur terre.

E.A : Je te remercie pour cette interview et je souhaite vivement qu’une aide vous soit accordée pour vous permettre de poser les actions de votre association. Nous devons tous œuvrer  pour la paix à Goma et en RDC et en tant que blog pan-africaniste nous encourageons ce type d’initiative humaniste.

Chantal Faida M-B : Tout le plaisir était pour moi et  j’apprécie l’attention particulière  que  le blog Esprit Africain a accordé à mon pays. Merci, Aksanti.

Contacts U.W.E.M.A : 00243 99400 4869

E-mail : uwema.rdc2013@Gmail.com

 

On ne noie pas le poisson

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Le problème des enseignants au Gabon est comme un cailloux dans la chaussure des autorités, au lieu de chercher à enlever cette gêne de-là, ils la traînent en espérant qu’elle en sorte d’elle même. J’ai lu que le Premier ministre a reçu-comme avait fait ses prédécesseurs-en début de semaine les leaders syndicaux afin de régler leurs différends. Malheureusement à la fin de cette réunion les syndicalistes ne semblaient toujours pas satisfait des mesures et promesses prises par le chef de l’exécutif car ces dernières ne résolvent pas le problème mais l’apaise.

En signe de bonne foi et pour prouver leur ouverture au dialogue, une émission spéciale a été commandée par les autorités à Gabon Télévision( chaîne publique) pour confronter les différents responsables du Ministère de l’éducation Nationale, le conseiller du Président de la République et les leaders syndicaux accompagnés du président de l’Association des parents d’élèves afin d’édifier la population sur leurs divergences. Rien de nouveau n’est sorti de-là également si ce n’est des jets de pierre entre des gens qui se connaissent apparemment bien. Résultat les cours n’ont toujours pas repris, ce qui a poussé les élèves de Oyem capitale du Woleu-Ntem(Nord) a faire une marche pour réclamer eux aussi la reprise des cours(photo).

Il faut une fois pour toute que chacun fasse son travail consciencieusement parce qu’il ne sert à rien d’éviter un problème qui va de toutes le manières resurgir. Nous vous exhortons de mettre de coté vos frustrations pour qu’enfin tout rentre définitivement dans l’ordre, il y va de l’avenir des enfants.

Regardez, on a même pas assez de toilettes décents!!

données OMS-UNICEF parues sur JeuneAfrique le 19/11/2013

données OMS-UNICEF parues sur JeuneAfrique le 19/11/2013

Franchement j’ai marré lorsque j’ai vu cette carte. C’est vraiment pas croyable quoi!! l’accès au minimum n’est pas toujours facilité aux plus démunis alors que ce sont eux qui font le plus grand nombre. Il n’y a pas assez de toilettes décents en Afrique au sud du Sahara-Vous vous rendez compte?- L’accès aux toilettes doit être prioritaire car la santé commence par l’hygiène.

J’en veux vertement à nos pères de…

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Tout d’abord j’aimerais partager avec vous un dicton bien célèbre chez nous qui dit : « Maman sûre, papa peut-être » c’est-à-dire qu’on sait toujours que l’enfant est de la mère, mais on le présume pour le père. Cette incertitude paternelle justifie t-elle le « désordre » que les pères ont organisé au Gabon durant ce demi siècle. Pourquoi le dis-je? Et bah pour les mauvaises raisons qui ont données comme résultat l’échec social et politique du Gabon. Read More

Messieurs,vous avez bien dit émergent?

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La question mérite vraisemblablement son pesant d’or car depuis des années déjà à la télévision comme dans la presse écrite on nous ressasse tous les jours  que le Gabon est sur le chemin de l’émergence. En les entendant et après constat, on se pose bien la question de savoir s’ils ne se trompent pas de voie pour  y arriver. Certaines actions posées par le gouvernement actuel  me laissent perplexe au dernier niveau, pourtant comme la plupart de mes compatriotes, j’aimerais bien croire  à l’émergence pour sortir de cette pauvreté, mais la réalité des faits nous en dissuade vivement.

Tout d’abord il y a la sécurité et la justice, ce sont les premières choses que mes chers compatriotes émergents devraient assurer à tous les Gabonais et à tous ceux qui vivent sur le territoire national. Rien de grand ne peut-être accompli sans ces impératifs absolus. Les dernières nouvelles sur le plan sécuritaire laissent franchement à désirer tant on recense de meurtres qui ne sont pas élucidés et des injustices qui se multiplient. Les pratiques qui étaient sensées finir avec ce nouveau régime semblent prendre encore plus d’ampleur. Les populations vivent dans la stupeur totale avec tout ce que nous entendons comme crimes et autres assassinats. La justice  quant à elle est à deux vitesses, une pour les dignitaires du pouvoir et une autre pour le peuple. La justice qui devrait être impartiale a semble-t-il choisi son camp, ce qui a pour conséquence le manque de confiance manifeste que les Gabonais ont de leur justice.

Ensuite il y a l’éducation et la santé. Un pays qui éduque et soigne mal ses enfants ne peut prétendre atteindre l’émergence au sens où le monde entier la conçoit. La main-d’oeuvre locale doit être valorisée en lui offrant les meilleurs soins de santé et la meilleure éducation pour faire face aux enjeux actuels, ce qui n’est pas le cas. Il est vrai que le Gabon a près de 94 % d’enfants scolarisés, mais cette statistique est l’arbre qui cache la forêt. On peut bien scolariser tous les Gabonais, mais dans quelles conditions, avec 100 élèves par classe ? Avec quel système éducatif pour atteindre l’émergence ? Avec quels types de collaborations avec les syndicats des enseignants ? Toutes ces vieilles questions sont  toujours en suspens, pourtant les réponses sont dans les casiers,comme toujours. La santé qui est capitale n’est pas assurée comme il se doit dans les établissements publics pour différentes raisons, le manque de matériel, la faiblesse des structures d’accueil, le manque de personnel, le manque de médicaments, la cherté des soins, toutes ces absences qui obligent les plus démunis à se rendre chez les « nganga » (charlatan). Le privé assure la « permanence » en attendant que l’Etat satisfasse la demande toujours aussi forte. J’ai vu ici et là quelques bâtiments qui sont sortis de terre, c’est bien, mais plutôt  marginal par rapport aux réels besoins à moindre coût que nous souhaitons.

Enfin le logement et la liberté, les Gabonais ont besoin de se loger dignement parce que la situation actuelle est vraiment déplorable. Je ne vous apprends rien vous le savez mieux que moi et vous avez tout ce qu’il vous faut pour mieux apprécier cette nécessité populaire. Les prix des loyers pratiqués actuellement à Libreville sont exorbitants pour la grande majorité des Gabonais, les plus démunis sont contraints une seconde fois d’aller voir ailleurs, notamment louer dans les « mapanes » ou taudis avec tout ce que cela implique comme corollaire. Les logements promis par les émergents devront en principe régler substantiellement ce problème qui n’a que trop duré, il faut pour cela qu’ils sortent d’abord de terre. Lorsque je parle de liberté j’entends par là, assurer à tous les Gabonais la liberté d’entreprendre, la liberté d’expression, la liberté de pratiquer convenablement sa passion. Par ex : les artistes ne sont pas libres, les pauvres n’ont pas de droits d’auteur et de locaux, les peintres les sculpteurs, les comédiens, les chanteurs, les écrivains et même les sportifs, tout ce beau monde ne trouve pas les conditions idoines pour pratiquer leurs passions. Des talents qui sont tués alors qu’ils peuvent servir au rayonnement du pays.

Si véritablement vous parlez d’émergence, alors revisiter votre feuille de route parce qu’à cette allure vous risquerez de ne pas arriver à bon port. Il ne sert à rien que certains fassent du vacarme politicien sur des détails alors que tout le boulot reste à faire. Un élu qui fait un don parle d’émergence, une association politique se crée et voilà, on est dans l’émergence. L’émergence ne doit pas seulement être un slogan politique comme on nous le montre à la télévision, elle doit être soutenue par des actions concrètes et coordonnées à fort impact social. Travaillez d’abord au lieu de ne faire que de la politique politicienne, c’est pour le bien du Gabon.

A quand la fin des grèves intempestives des enseignants Gabonais?

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La réponse à cette question mes chers amis ne peut venir que du bon Dieu ou des autorités Gabonaises. Oui, eux-seuls à l’occurrence les autorités,peuvent nous dire quand est-ce les enseignants cesseront ENFIN de faire grève pour ENFIN enseigner les enfants sans discontinuité pendant les 9 mois d’année scolaire.Parce que je vous le dis aujourd’hui, depuis ma tendre enfance jusqu’à ce jour, ce sont toujours les mêmes qui font grève à la même période de l’année et pour les mêmes revendications. On se demande bien si quelque chose avait été fait lors des négociations passées pour que les revendications d’il y a 15 ans  ne soient plus celles d’aujourd’hui.

Force est de constater, et ce malheureusement , que  depuis lors le syndicat des enseignants(CONASYSED) et le gouvernement n’ont toujours pas régler ces « petites revendications » qui affectent lourdement le bon déroulement des cours. Je me rappelle lorsque j’étais au collège et au lycée, les enseignant faisaient déjà grève pour les même raisons qui ont emmenées les élèves, tout comme nous à notre époque, à faire à Libreville et Port-Gentil une marche pour réclamer la reprise des cours. Les élèves se sentant lésés et pour soutenir leurs enseignants, ont bravement décidé de faire une marche pour lancer un cri d’alarme à l’endroit des autorités afin que ces derniers trouvent sans délai des solutions aux revendications de leurs enseignants car il s’agit de leurs avenirs aussi.

Selon moi le problème n’est pas le paiement de ces frais de surveillance ou la construction des salles de classes comme exigés par le syndicat des enseignants, tout cela peut être fait par l’Etat Gabonais à tout moment s’il le décidait; La difficulté est de trouver la solution efficace et définitive qui ferait en sorte que ce genre de revendication ne se répètent plus dans l’avenir pour éviter de perturber l’année scolaire des élèves. C’est à ce niveau que les autorités compétentes devraient se pencher pour non seulement mettre un terme à cette néfaste spirale revendicative mais aussi pour améliorer les rapports entre l’Etat et le syndicat des enseignants.

je pense qu’il n’existe pas de problème en réalité mais plutôt de volonté politique manifeste, c’est le plus grand mal de notre pays. On fait de grands discours et de grandes promesses pour à la fin être incapable de payer correctement les enseignants.

Les crimes rituels continuent au Gabon

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Les crimes rituels poursuivent tout bonnement leurs chemins macabres jonchés de corps sans vie de nombreux Gabonais. La psychose et l’indignation se mêlent au sein des populations, car depuis qu’elles exigent des autorités une réaction forte pour que ces massacres cessent. Rien, sinon pas grand-chose n’est fait pour arrêter les assassins et les commanditaires de ces crimes odieux. C’est de l’ordre du surréalisme, je vous assure. Je me demande bien si les responsables savent qu’ils ont la responsabilité de garantir la quiétude et la sécurité des populations.

A l’approche des élections locales du 14 décembre prochain, certaines associations comme ALCR (Association de lutte contre les crimes rituels) appellent les populations à la vigilance, car l’expérience a prouvé que c’est lors des joutes électorales que les crimes rituels prennent plus d’envergure, surtout que depuis un certain temps de multiples crimes rituels ont été recensés par l’association durant cette période pré-électorale. En effet, les élections ont toujours été le « mobile des crimes rituels », car les fruits de ces assassinats abominables permettent aux responsables politiques de se livrer à des pratiques sataniques afin de gagner les élections. Quelle stupidité. Ces pratiques ne datent pas d’hier, elles sont anciennes et sans solutions, autant que les problèmes des enseignants, de la route ou encore de la santé.

On ne compte plus le nombre de morts causés par les crimes rituels au Gabon. Le président de l’ALCR dans une interview accordée au site d’information en ligne  Gabonactu.com, affirme qu’il y a plus de 100 crimes rituels par an. Notons que cette association ne couvre pas totalement le territoire national. Les crimes rituels non élucidés sont nombreux dans la pays, Ils ont défrayé la chronique pendant de longs mois, ce qui a poussé les populations à organiser des marches de contestation comme celle du 20 mars 2013, des messages d’indignation à travers les médias privés et les réseaux sociaux. En dépit de tous ces cris de cœurs et de larmes de nombreuses familles gabonaises, les criminels circulent librement sans être inquiétés par les forces de sécurité et de police.

Que faut-il d’autre pour que les dirigeants règlent définitivement  ce phénomène d’un autre âge ? L’assassinat de l’enfant d’un dignitaire ? Un massacre massif ? Je me pose la question. Les gens n’arrivent plus à sortir la nuit ou à prendre le taxi, « on ne sait jamais » disent-ils. C’est inconcevable et irresponsable de ne pas répondre aux inquiétudes des populations parce qu’il faut toujours savoir que ce sont elles qui paient le plus souvent le prix cher. J’appelle les autorités à faire leur travail correctement pour qu’enfin la quiétude et la sécurité d’antan soit de retour dans la cité gabonaise.